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TUNISIE: LE PREMIER MINISTRE LIMOGÉ LE PARLEMENT GELÉ POUR 30 JOURS

Tunisian women chant slogans and wave their national flags during a demonstration to mark Tunisia's Women's Day and to demand equal inheritance rights between men and women on August 13, 2018, in the capital Tunis. Tunisia's President Beji Caid Essebsi announced plans to submit a draft bill to parliament equalising inheritance rights between men and women. The proposal to equalise inheritance is among the most hotly debated of a raft of proposed social reforms, guided by a commission the president set up a year ago. / AFP PHOTO / FETHI BELAID


La foule salue la dissolution du parlement et du gouvernement du premier ministre Hichem Mechichi par le président tunisien Kais Saied à Tunis, le 25 juillet 2021, après une journée de protestation dans tout le pays.

Le président tunisien Kais Saied a décidé dimanche soir de geler les travaux du Parlement pour 30 jours et de s’octroyer le pouvoir exécutif, à l’issue d’une journée de manifestations visant notamment le principal parti au pouvoir, Ennahdha, lequel dénonce un « coup d’Etat ».

Ce coup de théâtre semble ébranler la jeune démocratie tunisienne, qui fonctionne depuis l’adoption en 2014 d’une Constitution de compromis selon un système parlementaire mixte, dans lequel le président n’a comme prérogatives que la diplomatie et la sécurité.

Des Tunisiens, exaspérés par les luttes de pouvoir et la gestion contestée de la crise sociale et sanitaire par le gouvernement, sont sortis dans la rue en dépit du couvre-feu, tirant des feux d’artifice et klaxonnant avec enthousiasme à Tunis et dans plusieurs autres villes.

« Selon la Constitution, j’ai pris des décisions que nécessite la situation afin de sauver la Tunisie, l’Etat et le peuple tunisien », a déclaré M. Saied à l’issue d’une réunion d’urgence au Palais de Carthage avec des responsables des forces de sécurité.

« Nous traversons les moments les plus délicats de l’histoire de la Tunisie », a ajouté le chef de l’Etat, engagé depuis des mois dans un bras de fer avec le principal parti parlementaire, Ennahdha.

« Ce n’est ni une suspension de la Constitution ni une sortie de la légitimité constitutionnelle, nous travaillons dans le cadre de la loi », a-t-il assuré, précisant que ces décisions seraient publiées sous forme de décret.

Dans un communiqué publié sur Facebook, la présidence a ensuite précisé que le gel du Parlement était en vigueur pour 30 jours.

De son côté, Ennahdha a fustigé « un coup d’Etat contre la révolution et contre la Constitution », dans un communiqué publié sur sa page Facebook. La formation islamiste a souligné que ses « partisans (…) ainsi que le peuple tunisien défendront la révolution ».

La révolution de 2011 a chassé du pouvoir l’autocrate Zine el Abidine Ben Ali, mettant la Tunisie sur la voie d’une démocratisation qu’elle a continué à suivre depuis, en dépit des défis sociaux et sécuritaires.

Mais depuis l’arrivée au pouvoir en 2019 d’une Assemblée fragmentée et d’un président farouchement indépendant des partis, élu sur fond de ras-le-bol envers la classe politique au pouvoir depuis 2011, le pays s’est enfoncé dans des crises politiques particulièrement insolubles.

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