Trafic de médicaments, le président du Spps dit être déçu par l’état

Le président du Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal (Spps), Docteur Assane Diop, ne cache pas ses «regrets». L’homme se dit déçu, après que le parquet général se soit pourvu en cassation dans le dossier Amadou Woury Diallo, condamné dans l’affaire dite des faux médicaments de Touba Belel.

Comment appréciez-vous le pourvoi en cassation du parquet dans l’affaire Woury Diallo ?

Le parquet est dans son rôle. Après un jugement en appel, il s’est pourvu en cassation. Mais, nous, syndicat des pharmaciens privés du Sénégal, ce que nous regrettons, c’est que l’Etat puisse, aujourd’hui, être du côté des trafiquants de faux médicaments. On parle de l’Etat parce que le ministère de la Justice, c’est l’Etat. Nous sommes étonnés, à la limite, très déçus que le parquet puisse se pourvoir en cassation alors que la Cour d’appel n’a rien fait, sinon confirmer la décision en première instance.

Les enjeux vont dépasser le problème de la grâce. C’est un enjeu de santé publique, de sécurité publique. Amadou Woury Diallo et Bara Sylla ont introduit au Sénégal des quantités énormes de faux médicaments qui auraient pu avoir des conséquences néfastes et dangereuses sur la population. Je ne peux pas comprendre que la justice soit du côté de ces trafiquants-là.

Maintenant, que comptez-vous faire ?

Cette grâce, on en a parlé depuis longtemps. Amadou Woury Diallo n’était pas éligible pour en bénéficier. On n’a pas besoin d’être juriste ou magistrat pour le savoir. Parce qu’il n’était pas éligible, la Cour d’appel a fait son travail en écartant la grâce. Pour moi, il ne doit pas y avoir de débat là-dessus, encore moins de pourvoi en cassation. Mais, on va attendre. Nous respectons la justice de notre pays. On va attendre la décision de la Cour suprême, et c’est cette décision-là qui motivera notre position et les actions que nous allons éventuellement mener.

Etes-vous prêts à engager ce combat avec l’ordre des pharmaciens ?

Avec l’ordre, on travaille toujours en bonne intelligence, mais il faut comprendre que celui-ci n’a pas fonction à mener des luttes. L’ordre veille à la bonne application des textes qui régissent notre profession.

A notre niveau, il n’y pas encore de combat à mener. C’est le parquet qui a saisi la juridiction suprême, on attend la décision. C’est à partir de ce moment-là qu’on définira la conduite à mener.

Mais, on est quand même tout le temps ensemble surtout quand il s’agit d’une question qui interpelle la profession. Tout ce que nous ferons, ce sera en parfaite cohésion avec le Conseil national de l’ordre des pharmaciens du Sénégal.

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