fbpx

transfert d’argent

 

MOBILE MONEY : LA GUERRE DES TARIFS  ENTRE ORANGE ET WAVE MET A TERRE LES GÉRANTS DE MULTI SERVICES

 

À la suite de la publication des nouveaux barèmes des frais de services pour les opérations de monnaie électronique par Orange Money, les intermédiaires et prestataires de ce service ont décidé de facturer les opérations de dépôts et de retraits d’argent directement dans leurs points de service.

La guerre des prix qui fait rage entre Orange Money et la fintech Wave au Sénégal menace la survie de milliers de personnes qui s’activent dans le transfert d’argent électronique. En effet, pour s’aligner sur les tarifs bas de son concurrent Wave, la compagnie téléphonique Orange a largement revu à la baisse les tarifs de transfert d’argent via Orange Money. Pour un retrait de 5.000 francs, les frais sont maintenant de 25 francs contre 350 auparavant. Soit une chute drastique de 80 %.

Sauf que dans sa quête de compétitivité, Orange Sénégal a également baissé la rémunération destinée aux revendeurs d’Orange Money. Face à cette situation qui réduit pratiquement à néant leurs revenus provenant de ce service, les prestataires ont décidé de facturer ces transactions indépendamment des tarifs fixés par les deux opérateurs. Objectif : pouvoir vivre de cette activité refuge de plusieurs jeunes diplômés et sans emploi.

Si le président de l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen), Momar Ndaw, dit « partager leur préoccupation », il rappelle cependant que « ce n’est pas aux consommateurs qu’ils doivent faire subir une guerre interne à leur système. »

Et face au tollé provoqué par ces nouvelles tarifications, le Cadre Permanent de Concertation des Prestataires du Transfert d’Argent regroupant le Réseau national des prestataires du transfert d’argent (Renapta) et l’Association sénégalaise des acteurs du transfert d’argent (Asata) a saisi, à travers un mémorandum, l’Observatoire de la Qualité des Services Financiers (OQSF) pour se faire entendre.

À ce titre, une réunion d’harmonisation et d’échanges s’est tenue ce mardi dans les locaux de l’OQSF, en vue d’étudier les voies et moyens devant permettre de renforcer l’attractivité de l’activité de monnaie électronique au bénéfice de toutes les parties prenantes.

Au sortir de cette rencontre, aucune décision majeure n’a été annoncée, mais le directeur exécutif de l’OQSF, Habib Ndao, a indiqué que les discussions vont se poursuivre pour trouver une issue favorable à cette crise.

« L’ensemble des préoccupations des consommateurs et de tous les autres acteurs seront recensées dans un mémorandum qui sera remis au ministère des Finances et du Budget et aux autorités monétaires, notamment la Banque centrale. Cela, pour trouver une aide à la décision qui prend en compte l’ensemble des préoccupations des uns et des autres », a-t-il dit.

« De par les discussions, ce qui a été retenu est que chaque opérateur impliqué rencontre les acteurs du secteur pour discuter de manière détaillée sur les possibilités de trouver un terrain d’entente qui leur permettrait de revenir, lors d’une deuxième rencontre en plénière, pour partager les résultats de ces discussions et finaliser un accord qui permettrait de préserver à la fois les intérêts des consommateurs, la santé et l’existence du marché et l’intérêt des distributeurs », a fait savoir Momar Ndao.

La Fintech Wave va ainsi recevoir les prestataires du service de transfert d’argent cette semaine, « à condition qu’ils suspendent les frais supplémentaires qu’ils ont augmentés », a soutenu la directrice générale de Wave au Sénégal, Coura Tine. Orange Finance Mobile recevra quant à lui les détaillants du transfert d’argent la semaine prochaine.

En attendant le résultat de ces rencontres, les acteurs du transfert d’argent vont retrouver leur base pour essayer de trouver une solution de faire dépérir les barèmes qu’ils ont imposés à la suite des modifications des tarifs des opérateurs.

« On a déroulé une stratégie de provocation pour arriver à un but et on l’a atteint. À travers cette augmentation, nous voulions tout simplement assurer la survie d’un secteur qui emploie des milliers de Sénégalais. Nous avons obtenu cette discussion et sommes confiants quant à l’issue heureuse de ces négociations », s’est réjoui le président du Renapta, Khalil Ndiaye.

Une seconde rencontre dont la date n’est pas encore fixée est donc prévue pour régler ce différend qui pourrait entraîner un surcoût financier pour les usagers finaux des services de transfert d’argent.

 


En matière de mobile money, l’opérateur téléphonique Orange avait un boulevard devant lui, après les difficultés de son principal concurrent Wari. Mais c’était sans compter l’arrivée d’une nouvelle société, l’américain Wave, qui s’est imposé aussi bien au Sénégal qu’en Côte d’Ivoire, les deux plus gros marchés de l’Uemoa.

Depuis quelque temps, Wave donne du fil à retordre à Orange en matière de services de transfert d’argent. Le secret de cette entreprise américaine méconnue du grand public, il y a juste deux ans, est d’offrir les tarifs les plus bas dans les pays où elle est présente. La commission prélevée au client ne dépasse jamais 1%. Par exemple pour 100.000 FCFA envoyés à un proche, le client ne paie que 1000 FCFA, alors que jusqu’à une date récente, Orange prélevait 2700 FCFA pour la même opération de mobile money.

Le choix des clients a été vite fait. Il y a eu une véritable hémorragie, mais Orange n’a rien vu venir. L’opérateur français qui croyait que le marché lui était acquis a gardé ses tarifs, espérant que son implantation dans les pays de l’Uemoa avec le plus large réseau de distribution qu’une compagnie de téléphone peut avoir suffisait à fidéliser la clientèle. C’était d’autant vrai que Wave qui n’est pas un opérateur téléphonique n’a pas de protocole USSD qui lui est propre et doit s’appuyer sur des plateformes d’autres opérateurs.

Mais dans cette guerre que se livrent entre les deux concurrents, Orange aurait décidé de ne pas faire de cadeau à Wave. Ainsi, ce dernier s’en est plaint récemment à travers la presse. « Après plusieurs échanges avec l’opérateur téléphonique, un accord nous permettant de vendre du crédit directement ou par l’intermédiaire d’un grossiste agréé n’a toujours pas été conclu », a écrit l’américain. Concrètement, Orange aurait refusé d’offrir les mêmes commissions à son concurrent que celles qui sont données au distributeur des cartes de recharges Orange.

Pour le moment, cette guerre qui semble tourner à l’avantage de Wave, est à enseigner dans les écoles de commerce. Comme quoi quelle que soit la position de leader qu’on peut avoir, il ne faut jamais oublier de tenir ses concurrents en respect grâce à une veille active.

 

Le cumul des transferts nets d’argent (différence entre les transferts reçus et ceux effectués) reçus par les établissements de crédit du Sénégal a atteint 330,4 milliards de FCFA (495,600 millions d’euros) à la fin du premier trimestre 2021, selon les données de la Direction de la monnaie et du crédit (DMC) du ministère des finances et du budget basée à Dakar.

Par rapport au premier trimestre 2020 où ils s’élevaient à 254,2 milliards de FCFA, ces transferts nets d’argent connaissent une progression de 30,0%. Durant la période sous revue, les transferts rapides d’argent reçus par les établissements de crédit du Sénégal sont ressortis à 374,4 milliards de FCFA contre 298,3 milliards de FCFA au premier trimestre 2020, soit une progression de 25,5%.

Par origine, ces transferts proviennent en grande majorité d’Europe (71,2%) contre 9% pour les USA, 8,5% pour les autres contrées, 6% pour l’UEMOA, 4,9% pour la CEMAC et 0,4% pour les autres pays de la CEDEAO. Pour ce qui est des émissions de transferts rapides effectuées par ces mêmes établissements de crédit, leur cumul s’est établi à 44,0 milliards de FCFA au premier trimestre 2021 contre 44,1 milliards de FCFA un an auparavant, soit un léger retrait de 0,2%.