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Totalement dominée au rebond, l’AS Douanes a malgré tout réussi à se défaire du GSP d’un Mohamed Harat pourtant en feu. Dans le sillage du duo Mamadou Faye-Mamadou Diop, le club sénégalais s’offre sa première victoire dans la BAL, 94-76.

La Basketball Africa League est lancée, et les matchs de poule vont s’enchaîner tout au long de la semaine. Pour la deuxième affiche de la compétition, c’est un duel de francophones qui était au rendez-vous entre les Algériens du Groupement Sportif des Pétroliers, et les Sénégalais de l’Association Sportives des Douanes.

Dès le début de la partie, les deux équipes montrent qu’elles sont ambitieuses en imposant un rythme très élevé. Abdellah Hamdini (8 points, 5 rebonds) est le premier à dégainer en réussissant ses deux premières tentatives à longue distance dans un début de rencontre marqué par une grosse adresse extérieure. D’abord bien parti, le GSP va alors laisser l’AS Douanes bénéficier de points faciles en raison de nombreuses pertes de balle (14 balles perdues en première mi-temps).

Ce scénario se poursuit et les Algériens sont obligés de rester à distance, également à cause de la défense agressive des Sénégalais. Ces derniers interceptent de nombreux ballons, et bloquent aussi plusieurs tirs. Présent sur tous les fronts, Mamadou Lamine Diop (18 points, 9 rebonds, 4 interceptions) noircit la feuille dans toutes les statistiques, bien accompagné par un Mamadou Faye en confiance derrière l’arc. Le GSP est encore dans la course grâce à sa domination au rebond, mais est alors en panne de solutions face à l’intensité de l’AS Douanes.

Ce manque de solution est vite être comblé par un seul homme : Mohamed Harat (28 points, 9 rebonds). Le pivot algérien déjà très présent dans le premier acte prend alors une toute autre dimension. Dans le troisième quart, tout passe par lui. Auteur de 14 points, il martyrise la raquette sénégalaise par sa puissance et donne des paniers faciles à ses coéquipiers. Le GSP parvient alors à recoller au score face un AS Douanes plus en difficulté.

Cependant, lorsque Harat doit sortir, les Sénégalais en profitent pour de nouveau prendre leurs distances, toujours portés par un Mamadou Diop de gala. En l’absence du dominant pivot, l’écart prend de l’ampleur et dépasses les dix points alors que le money-time se rapproche. Avec sa belle adresse à 3 points symbolisée par Mamadou Faye (15 points, 7 passes), l’AS Douanes vient assurer la victoire avec panache. Cela malgré un rebond largement dominé par son adversaire algérien. Les Sénégalais l’emportent finalement sur le score de 94-76 et prennent déjà une bonne option pour la qualification.

 

 

On ne verra plus tous les matins  le docteur El hadji Mamadou Ndiaye nous mettre à jour sur la situation du pays par rapport au coronavirus.

En effet, le ministère de la Santé et de l’Action sociale a informé qu’à partir de ce lundi, 17 mai 2021, le point du jour sur le coronavirus au Sénégal ne sera plus diffusé en direct, mais sera désormais transmis via un communiqué au niveau des rédactions.

Par ailleurs, « les informations sur l’évolution de la pandémie ainsi que le point sur la vaccination au Sénégal seront toujours disponibles à travers un communiqué de presse qui sera partagé avec l’ensemble des organes de presse, les supports du ministère de la Santé et de l’Action sociale, la page Facebook, @santegouvsenegal, twitter @ministeredelas1 ainsi que le site www.sante.gouv.sn donneront aussi les détails du jour », a informe le communiqué du ministère.

Voici ledit communiqué

 

 

Principales préoccupations des malades d’insuffisance rénale, le Sénégal va bientôt réceptionner le plus grand centre de dialyse de l’Afrique de l’Ouest.

Le projet dont l’exécution est très avancée, a été présenté au chef de l’État cet après-midi par le professeur Abdou Niang qui vient d’être porté à la tête de la commission dialyse de la société internationale de Néphrologie, indique une brève note parvenue à notre rédaction.

Le chef du service de Néphrologie de l’hôpital DALAL JAMM a loué la contribution de la fondation Servir Le Sénégal de la première dame Madame Marième Sall qui a accompagné le projet.

Les prix de la production industrielle au Sénégal  ont progressé de 3,0% au terme du mois de mars 2021 comparativement à ceux du mois de mars 2020, selon les données de l’Agence Nationale de la Statistique et de la démographie (ANSD) basée à Dakar.

Selon cette structure, la hausse constatée est en relation avec l’augmentation des prix des produits manufacturiers (+4,6), notamment les produits chimiques, agroalimentaires, métallurgiques et de fonderie. Cependant, l’ANSD signale une baisse des prix des produits des industries extractives (-2,8%) et une stagnation des prix des produits des industries environnementales ainsi que ceux de l’ électricité, eau et gaz .

Au premier trimestre de 2021, les prix moyens se sont accrus de 1,9% par rapport à ceux de la même période de 2020. Les prix de l’égrenage de coton ont connu une augmentation de 8,0% en mars 2021, en variation annuelle. En revanche, ils ont baissé de 1,7% au premier trimestre de 2021 en comparaison à leurs niveaux de la période correspondante de l’année 2020.

Une analyse sectorielle met en exergue un relèvement de 4,6% en variation annuelle des prix des produits manufacturiers durant la période sous revue. « Cette évolution est principalement imputable à l’augmentation des prix des produits  métallurgiques et de fonderie, ouvrages en métaux, travail en métaux  (+20,0%), et à la hausse des prix des produits  chimiques, pharmaceutiques, du travail du caoutchouc et du plastique  (+16,0%) et des prix des  produits agro-alimentaires  (+2,3%) », note l’ANSD.

Cependant, cet accroissement des prix des produits manufacturiers a été amoindrie par la chute, notamment, des prix du  cuir travaillé et articles de voyage, chaussures  (-46,8%) et du  raffinage et de la cokéfaction  (-6,7%). L’ANSD explique la hausse des prix des produits  métallurgiques et de fonderie, ouvrages en métaux, travail en métaux  comme étant la conséquence de  l’augmentation des prix de la sidérurgie et première transformation de l’acier (+26,0%) ainsi que des autres ouvrages en métaux (+19,7%).

Le relèvement des prix des produits  chimiques, pharmaceutiques, du travail du caoutchouc et du plastique  (16%) est en relation avec l’accroissement des prix des produits azotés et d’engrais et ceux des gaz industriels. Quant au renchérissement de 2,3% de la production agro-alimentaire, il est attribuable à l’augmentation des prix des huiles brutes d’arachide et autres huiles brutes.

Quid de la forte baisse de 46,8% des prix du  cuir travaillé et articles de voyage, chaussures, l’ANSD avance qu’elle  est consécutive au recul des prix des peaux et cuirs d’ovins et caprins. S’agissant de la baisse de 6,7% des prix des produits du raffinage et de la cokéfaction  , elle est en liaison avec le repli de ceux de l’essence et du gasoil.

« Sur les trois premiers mois de 2021, souligne l’ANSD, les prix moyens des produits manufacturiers ont augmenté de 3,4%, comparativement à leurs niveaux de la période correspondante en 2020 ». En ce qui les concerne, les prix des produits des industries extractives ont fléchi de 2,8% en mars 2021 par rapport à la période correspondante de l’année 2020. Cette variation est principalement expliquée par la chute des prix des autres industries extractives (-6,7%), en l’occurrence les pierres pour la construction et l’industrie.

Par ailleurs, les prix moyens sur le premier trimestre de 2021 se sont repliés de 3,9% comparativement à ceux de 2020. Par rapport au mois de mars 2020, les prix d’électricité, gaz et eau ont stagné. Également, ils n’ont pas connu d’évolution sur les trois premiers mois de 2021, en comparaison avec ceux de la période correspondante de l’année précédente.

De leur côté, les prix des produits des industries environnementales n’ont pas connu de variations comparativement au mois de mars 2020, en liaison avec la stabilité des prix des produits des activités de la collecte des eaux usées et de traitement des déchets collectés et éliminés. En outre, les prix moyens sur le premier trimestre de 2021 sont restés inchangés par rapport à ceux de la période correspondante de 2020.

Sur un autre registre, l’ANSD signale une augmentation 8,0% en variation annuelle en mars 2021 des prix de l’égrenage de coton. Par contre, ils ont baissé de 1,7% sur les trois premiers mois de 2021 en comparaison avec leurs niveaux de la période correspondante de l’année précédente.

Le Sénégal est de nouveau en état d’alerte contre la propagation de la pandémie du Covid-19, surtout après l’annonce des autorités sanitaires mauritaniennes de l’enregistrement de nouveaux cas variant du coronavirus d’origine indienne très réputé par sa vitesse de propagation.

En effet, deux régions mauritaniennes sont touchées dont le Guidimakha dans le sud Est du pays et la capitale Nouakchott.
Des centaines de Sénégalais, exerçant la pêche traditionnelle et les autres métiers liés aux BTP dont la maçonnerie, la soudure, l’électricité, se trouvent à Nouakchott.

Plusieurs sénégalaises détiennent également des restaurants au niveau de la capitale mauritanienne, autorisés depuis quelques semaines après avoir été fermés pendant des mois, au cours de la première vague de la pandémie, en raison de leur spécificité de lieux de rassemblement et donc de potentiel endroit de propagation de la pandémie du Covid-19.

Avec la fête de l’Aid El Fitr qui pourrait être célébrée mercredi ou jeudi prochain au Sénégal et la grande importance vouée par la population à cette fête du korité, au point de faire le déplacement vers la patrie pour commémorer au milieu des proches et des amis, ces moments de réjouissances, le risque d’infiltration de la souche mutée britannique au pays de la Terranga est décuplée.

Afin de ne pas prendre de risques , les autorités sénégalaises ont décidé d’agir sans toutefois chercher à trop indisposer les festoyeurs qui veulent entrer depuis la Mauritanie au pays.
C’est d’autant que ces expatriés ont tendance à faire des économies pendant leur absence du pays pour assurer un bon, prodigue et généreux retour au bercail.

Le cas vaut aussi pour la fête de l’Aid Al Kebir, la tabaski où les sénégalais imbattables dans l’acquisition de moutons gras et chers, accordent sans retenue à ces moments religieux toute leur attention,

Ainsi pour dire et pour parer à la propagation du variant indien du coronavirus, des mesures plus contraignantes ont été prises au niveau de la frontière avec la Mauritanie, rendant ainsi obligatoire le test Covid-19 aux voyageurs.
Le débarcadère de Rosso reste le seul point de passage ouvert entre les deux pays pour les besoins des échanges commerciaux, rappelle-t-on.


La cité de Médina Baye, dans la commune de Kaolack , a condamné mardi les violences survenues à Jérusalem, les assimilant à « une intention manifeste de faire mal à la communauté mondiale musulmane ».
« Ces violences meurtrières ne sont qu’une énième agression à l’encontre d’habitants palestiniens victimes d’inacceptables privations des droits les plus élémentaires comme le droit à la vie », a soutenu le porte-parole de Médina Baye, Cheikh Mouhamadou Mahi Aly Cissé, dans un communiqué transmis à l’APS.
La mosquée al-Aqsa, la plus grande mosquée de Jérusalem et troisième lieu saint de l’islam, a été envahie par les forces armées israéliennes, depuis plusieurs jours, selon des médias internationaux.
Selon les mêmes sources, les affrontements entre les Israéliens et le Hamas, un mouvement islamiste palestinien, ont fait une vingtaine de morts et quelque 500 blessés à Jérusalem.
« Il y a là une intention manifeste de faire mal à une communauté mondiale musulmane qui compte des milliards de membres », a dénoncé le porte-parole de Médina Baye, l’un des principaux foyers sénégalais de la tidjaniya, une confrérie soufie.
Les Palestiniens disent être victimes d’une violence entretenue par l’armée israélienne.
« Le khalife de Médina Baye, Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, condamne fermement les violences meurtrières dont sont victimes les Palestiniens », lit-on dans le communiqué de son porte-parole.
Le guide religieux « appelle la communauté internationale à faire preuve de plus de responsabilité, d’engagement et de justice pour trouver les voies et moyens d’une résolution pacifique de ce vieux conflit ».
Il appelle les parties concernées à « respecter les droits inaliénables du peuple palestinien ».

 

 

Au moins 22 Palestiniens, dont 9 enfants, ont été tués lundi dans des frappes israéliennes menées dans la bande de Gaza. Ce massacre a fait sortir le coordonnateur de la Confédération internationale des familles religieuses (CIFAR), serigne Modou Bousso Dieng de son silence. Le marabout demande l’expulsion immédiate du représentant du peuple Hébreux au Sénégal.

« Le Sénégal ne peut pas continuer à garder ses relations avec Israël, qui est un État voyou, qui protège des tortionnaires et des criminels. Je demande au président d’expulser immédiatement  l’ambassadeur d’Israël au Sénégal.  Ce pays attaque d’une manière perpétuel  l’Etat Palestinien, qui est souverain qui est la Palestine », a t-il déplore.

Ce lundi 31 personnes ont perdu la vie dont 09 enfants. »Au nom du peuple Sénégalais, ll faut que Macky Sall réagisse quelque soit ses liens Israël. Parce que on ne peut pas continuer de garder nos liens avec ce pays qui ne respect  pas la dignité humaine. Les Khalifs généraux doivent faire pression sur Macky Sall. On doit doit arreter cette coopération », a t-il dit. 

 

Le coordonnateur de la Confédération internationale des familles religieuses (CIFAR), Serigne Modou Bousso Dieng prépare aussi un vaste rassemblement contre Israël et ses souteneurs. « Si Macky Sall ne le fait pas on va organiser des manifestations partout dans le pays pour que l’ambassadeur d’Israël au Sénégal qui notre pays. » Il  a par ailleurs demandé  à tous les pays musulmans de faire une « action vigoureuse et sérieuse contre ce massacre ».

Depuis le début du mois de ramadan 300 victimes Palestiniennes ont été enregistrées. Le Proche-Orient n’avait pas connu une telle flambée de violence depuis novembre 2019, et la dernière escalade entre les mouvements islamistes gazaouis – Hamas et djihad islamique…

Dans un document intitulé  » Programme Sénégal d’emploi, de transformation économique et de récupération « , rendu public ce 9 mai, la Banque mondiale fait un diagnostic de la situation économique du Sénégal dans toutes ses dimensions dans un contexte de crise sanitaire. Abordant la question de la relance économique post-Covid-19, l’institution financière internationale prévient sur un certain nombre de risques qui pourraient briser les espoirs.

D’abord, la banque souligne que les  » risques macroéconomiques sont importants « . Elle explique que le facteur clé de ces menaces reste la profondeur et la durée de la pandémie de la COVID-19, la vitesse à laquelle le vaccin est déployé (à l’échelle mondiale et locale), et les politiques gouvernementales visant à atténuer et contenir toute nouvelle épidémie et les retombées de ces initiatives sur l’économie réelle.

D’après les projections de la Banque, dans un  » scénario défavorable « , les recettes fiscales pourraient rester faibles et les transferts sociaux destinés à protéger les ménages vulnérables continueraient d’augmenter. Par conséquent, conclut l’institution financière, le déficit budgétaire se creuserait, des besoins de financement plus importants augmenteraient les pressions sur la dette et des pressions supplémentaires.

A cela s’ajoutent la baisse des entrées touristiques, la réduction de la demande extérieure et la poursuite de la réduction ou des retards des entrées d’Investissements directs étrangers (IDE) liées aux hydrocarbures.

La Banque mondiale avertit également que des conditions financières plus tendues que prévu sur les marchés internationaux et des tensions dans le commerce international pourraient exercer des pressions sur le financement du déficit du compte courant.

Les exportations du Sénégal vers l’UEMOA sont estimées à 35,1 milliards contre 39,2 milliards le mois précédent, soit une diminution de 4,0 milliards indique la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee).

Elles ont, ainsi, représenté 17,8% de la valeur totale des exportations de marchandises du Sénégal durant le mois de février 2021.
La part des produits acheminés vers le Mali, principale destination des exportations du Sénégal dans l’Union, est passée de 52,8% à 45,9% sur la période, soit une baisse de parts de 6,9 points de pourcentage, note la Dpee.
Le ciment reste le principal produit exporté vers ce pays partenaire avec une part évaluée à 26,7% en février 2021 contre 27,4% le mois précédent.


Manque de prise en charge médicale, maltraitance physique et harcèlement moral ou encore salaire non payé, la liste est loin d’être exhaustive pour parler des conditions de travail des femmes de ménage. Leurs droits méconnus, elles subissent les foudres de leurs patrons au prix de leur subsistance.

Sokhna Diarra Ngom discute gaiement avec ses collègues sous un arbre à Liberté 6. La vingtaine révolue, la jeune femme à la noirceur d’ébène est au chômage depuis quelques mois. Cet endroit de convergence des femmes de ménage et bonnes est son point de chute. Elle s’est confié à nos confrères du journal le soleil et déclare qu’elle a décidé de démissionner de son travail après avoir, d’après elle, vécu l’enfer. « J’étais dans des conditions très difficiles à Nord Foire. Ma patronne ne me donnait pas à manger et me faisait travailler jusqu’à des heures tardives », narre la Fatickoise. La jeune femme a vite décidé de décamper après un mois à vivre dans ces difficultés. « J’ai finalement décidé de partir avec mes 50.000 FCfa. Je ne pouvais plus continuer à travailler dans ces circonstances », dit-elle dépitée.

Diarra Coly a aussi, à quelques détails près, vécu le même calvaire que Sokhna Diarra. Assise un peu plus loin, c’est avec beaucoup de frustration que la quinquagénaire conte ses déboires chez son ancien employeur. « Je proposais mes services en tant que femme de ménage à Rufisque dans un R+3. C’était vraiment dur pour moi car je devais gérer mon transport et ma nourriture », se souvient-elle. La résidente de Grand Yoff a travaillé un an en faisant le ménage toute seule avec une liste de galères. « Je n’avais ni prise en charge médicale ni de quiétude. C’était vraiment éprouvant », dit-elle avec un brin d’amertume. Diarra a eu des promesses d’augmentation salariale qui n’arriveront jamais. « Je gagnais 40.000 FCfa par mois. Ils m’ont promis une augmentation, mais je n’ai jamais rien perçu. J’ai préféré partir pour le bien de ma santé ». La quinquagénaire espère un mieux-être loin des tracasseries.

Mariama Thiam est en retrait loin de ses camarades. Emmitouflée dans une robe en wax, un voile sur la tête, elle traine un lourd fardeau. Accusée de vol à tort, elle porte encore les stigmates de cette injustice. C’est avec la voix teintée par l’émotion qu’elle raconte sa mésaventure avec ses patrons. « Je travaillais aux Maristes entre 2018 et 2019. Tout se passait bien jusqu’au jour où ma patronne m’a accusée du vol de ses 50.000 FCa », raconte-t-elle.

Mariama a clamé en vain son innocence. « J’ai alors été contrainte aux travaux forcés. Je n’avais plus droit à mon salaire. Ils m’ont privée de ma liberté et me maltraitaient physiquement. Ils ont même confisqué mon portable », se souvient-elle la voix enrouée. La résidente de Fass Mbao a vécu quinze jours dans la tristesse : «Je ne faisais que pleurer. C’était vraiment traumatisant ». La trentenaire a finalement pu prouver son innocence. « La lingère est venue rendre l’argent quelques temps plus tard. Mes patrons se sont confondus en excuses, mais je n’arrive toujours pas à pardonner cet affront », affirme-t-elle.

Awa Sarr allie boulot et études. Cette étudiante en première année en assistanat de direction dans une école de formation de la place gagne sa vie pour assurer ses dépenses et souvent à ses risques et périls. L’étudiante, âgée de 26 ans, a bossé à Sacré-Cœur 3 .Tout se passe pour le mieux jusqu’au jour où elle tombe malade. « J’étais vraiment mal en point. Je devais continuer malgré tout à charbonner sans prise en charge médicale et avec une patronne qui ne se préoccupait pas de mon état », confie-t-elle. La jeune femme décide alors de réunir ses derniers efforts et ses bagages. « J’ai démissionné au bout de quinze jours. Je voulais récupérer mes 50.000 FCfa mais, même pour obtenir mon salaire, ce fut la croix et la bannière ». Awa Sarr a dû batailler pour récupérer son dû et assurer elle-même sa prise en charge médicale.

AMAR DIOP, INSPECTEUR DU TRAVAIL

« Dès qu’il y a prestation de travail, rémunération et lien de subordination, il y a contrat de travail »

Pour Amar Diop, Inspecteur du travail, si les femmes de ménage sont dans une telle situation, c’est parce qu’elles ignorent leurs droits et leurs employeurs ne font rien pour les aider. Car, explique-t-il, dès qu’il y a la prestation de travail, la rémunération et le lien de subordination, il y a contrat de travail peu importe qu’il soit écrit ou non. « Toute relation de travail non matérialisée par un écrit est qualifiée de contrat de travail à durée indéterminée. Si la femme de ménage exerce une relation de travail et qu’elle se considère lésée dans ses droits, elle peut saisir l’Inspection du travail par une requête en tentative de conciliation », explique-t-il.

AGENCES DE PLACEMENT

Soupçon de formalisation

Dans un garage situé au bas d’un grand immeuble à Hann Maristes, des femmes d’âges différents sont assises sur des bancs. À l’intérieur, Fallou tient un semblant de bureau. À sa droite, des fiches sont rangées. « Ce sont des contrats que nous signons avec les pensionnaires de l’agence », nous explique-t-il. En effet, le travail de Fallou consiste à trouver des femmes de ménage pour ses clients. Et pour avoir une trace de ses « employées », il leur fait signer une fiche. Il en est de même pour celui qui les emploie. Sur l’une d’elle, trois signatures sont prévues. « Nous exigeons que celui qui les recrute s’engage à verser ce qui a été convenu », dit-il. Sauf que ce contrat n’a presque pas de valeur. Fallou le garde avec lui. Après signature, il obtient 5.000 FCfa de celui qui emploie et 5000 FCfa de la femme de ménage, déductible de son premier salaire.

Apparemment plus formelle, Lala tient une agence à Golf-Sud. Ici, on ne trouve pas de clients. « Nous ne les exposons pas. Mais nous avons plusieurs profils à disposition », dit-elle. Ici, les contrats sont bien ficelés. Et cela, dit-elle, se répercute sur le salaire. « Nous ne faisons pas de contrats pour des salaires de 40.000 FCfa, nous n’avons même pas ce profil », dit-elle. Selon elle, la femme de ménage est centrale dans la sécurité d’une maison. Elle peut tout voler si elle le désire, estime-t-elle. « C’est pourquoi nous ne prenons que des personnes que nous connaissons et nous avons une idée claire de leur domicile. Nous sommes sûrs de les suivre en cas d’incidents », dit-elle. Mais si l’on en croit la dame, il est impossible de le faire pour des personnes qui ne paient pas plus de 40.000 FCfa.