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Saccage

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Les manifestations nées de l’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko, cité dans une affaire de mœurs, ont eu d’importants dégâts dans le secteur de l’emploi et du commerce.

Ce sont les dégâts collatéraux des émeutes suite à l’arrestation de Ousmane Sonko. Plusieurs stations d’essence Total et des magasins d’Auchan ont été la cible des manifestants.

D’après L’Observateur, plus de 2000 emplois ont été suspendus à Total, et d’importantes perturbations notées dans le secteur du commerce.Les pertes sont estimées à plusieurs milliards.

Et comme quoi un malheur n’arrive jamais seul, à Auchan, des travailleurs contractuels ont été remerciés.

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Les arrestations se poursuivent après les manifestations qui ont occasionné des saccages et pillages de nombreux magasins, stations et des banques à Pikine, dans la banlieue dakaroise. Vingt-trois (23) manifestants identifiés, ont été mis aux arrêts et déférés au parquet. Ils sont accusés d’avoir tenté de défoncer le guichet automatique de billets (Gab) de la banque « Coris ». 

Selon L’Observateur qui donne l’information, dans son édition de ce lundi 15 mars 2021, leur arrestation a montré que les manifestants qui réclamaient « la libération du député Ousmane Sonko », arrêté pour « trouble à l’ordre public » ont été infiltrés par des malfaiteurs. 

Pour rappel, après avoir attaqué et pillé les magasins Auchan, des manifestants ont été signalés dans la nuit du jeudi 04 mars à l’agence « Coris Bank » de Pikine. 

Munis de pierres et autres projectiles, les manifestants ont commencé par saccager l’agence avant de donner l’assaut, pour tenter de de défoncer la porte du distributeur automatique de billets de banque (gab).

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Pour réclamer la libération du leader du parti Pastef/Les Patriotes, plusieurs Sénégalais avaient investi la rue, la semaine dernière. C’est au cours de ces échauffourées avec les forces de l’ordre que des manifestants ont saccagé plusieurs magasins Auchan à Dakar et dans d’autres localités du pays.

20 jeunes manifestants dont 1 mineur ont été placés hier, sous mandat de dépôt par le juge du 8e cabinet. Il leur est reproché les délits de  vol en réunion commis avec effraction,  trouble à l’ordre public,  participation à une manifestation non autorisée, entre autres. Ces jeunes ont été arrêtés, lors des pillages des magasins Auchan de Zac Mbao et Keur Massar. 

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Cheikh Diouf, le jeune qui a été amputé du bras lors des manifestations de ces derniers jours au Sénégal, a été arrêté et placé en garde à vue. Le journal « Libération » qui révèle les raisons de son arrestation malgré sa blessure, informe qu’il a été sous le coup d’un mandat d’arrêt délivré par le juge de Diourbel pour sa participation présumée à une série de cambriolages, dans la région du centre. A Diourbel, il serait même surnommé « Cheikh bandit ».

Etant activement recherché, il a été reconnu par les forces de l’ordre après qu’il ait accordé un entretien à un média pour parler de sa blessure à la main. Après son arrestation, il a été placé en garde à vue.

Blessé lors des manifestations qui ont éclaté le mercredi 3 mars suite à l’arrestation d’Ousmane Sonko, Cheikh Diouf a été arrêté mardi 9 mars par des éléments de la police centrale à sa sortie de l’hôpital Aristide le Dantec, où il s’était rendu pour un pansement.

Selon son témoignage, il a été confondu avec les manifestants alors qu’il rentrait de son travail. Il a reçu une bombe lacrymogène au bras et finira par se faire amputer.

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La liberté de Ousmane Sonko à valu la prison pour certain.

Le bilan approximatif des arrestations lors des manifestations est lourd. Sur 500 jeunes arrêtés, 350 ont été déférés et 150 sont emprisonnés selon le journal l’Observateur.

À Pikine, 125 manifestants ont été déférés au parquet. À Ziguinchor et Bignona, 8 jeunes ont été envoyés en prison et 3 déférés. 40 manifestants ont été arrêtés puis libérés. À Mbacké, 27 jeunes ont été placés sous mandat de dépôt. À Mbour, 20 jeunes ont été déférés dont 2 mineurs, 4 libres. À Kaolack, 3 jeunes, dont le manager du groupe Keur Gui, ont été emprisonnés. À Louga, une trentaine de manifestants ont été arrêtés, dont 19 déférés et 4 placés sous mandat de dépôt.

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La furie des manifestants a fait beaucoup de dégâts. Le Secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal / Forces du changement (CNTS/FC), Cheikh Diop, révèle que 70 stations ont été saccagées. Interrogé par Le Soleil, il souligne que c’est Total Sénégal qui a payé le plus lourd tribut avec 50 stations saccagées.

Ensuite, viennent les stations Shell de Vivo Energy, 12 stations, Ola Energie, une dizaine et Puma Energie, une station saccagée.

Le syndicaliste alerte sur un risque de pénurie de carburant.

« En plus des graves entraves au fonctionnement du système d’approvisionnement déjà éprouvé par la crise sanitaire de la Covid-19, si la situation perdure, il y a un risque de pénurie de carburant, et de gaz », avertit-il, soulignant que cette situation risque également d’entraîner des « milliers » de pertes d’emplois.

Cheikh Diop appelle les manifestants à la raison et au sens civique pour « sauvegarder » l’intégrité physique du personnel et « préserver » leur outil de travail.

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C’est son oncle qui livre l’information à la rédaction de la SENTV.Info. Cheikh Diouf a été arrêté ce mardi 9 par des éléments de la police centrale à sa sortie de l’hôpital Aristide Le Dantec, où il s’était rendu pour un pansement. Pour le moment les raisons de son arrestation ne sont pas encore connues.

Cheikh est l’un des blessés des manifestations qui ont éclaté le mercredi 3 mars suite à l’arrestation d’Ousmane Sonko. Selon son témoignage il a été confondu avec les manifestants, alors qu’il rentrait de son travail. Il a reçu une bombe lacrymogène au bras et finira par se faire amputer.

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Le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Idrissa Seck, a déclaré samedi être prêt à mener ‘’une médiation politique’’ dans l’affaire judiciaire concernant l’opposant Ousmane Sonko, arrêté depuis mercredi pour ‘’trouble à l’ordre public’’ et ‘’participation à une manifestation non autorisée’’.

‘’J’incite mon jeune frère Ousmane Sonko, directement ou à travers ses conseils, à s’adresser à ses partisans pour les inviter à cesser toutes activités insurrectionnelles, de pillage ou de déstabilisation du pays’’, a dit M. Seck, s’exprimant sur Iradio (privée). 

‘’S’il le fait, j’accéderai alors aux nombreuses demandes à moi adressées, dont celle de notre compatriote Alioune Tine, membre éminent de la société civile africaine, d’entreprendre une médiation politique pour le retour rapide au calme’’, a promis le président du CESE. 

Idrissa Seck dit ‘’bénéficier, auprès [du] président de la République, d’une écoute attentive et respectueuse qui [lui] fait espérer des résultats positifs pour cette médiation, le cas échéant’’.

Ousmane Sonko, député et candidat à l’élection présidentielle de 2019, de l’opposant Ousmane Sonko, est accusé de ‘’viols répétés’’ et de ‘’menaces de mort’’ par une employée d’un salon de beauté et de massage situé à Dakar.

Il est également poursuivi en justice pour ‘’trouble à l’ordre public’’ et ‘’participation à une manifestation non autorisée’’. Inspecteur des impôts et domaines, il a été radié en 2016 de la fonction publique par le président de la République, Macky Sall, pour non-respect de l’obligation de réserve et de discrétion professionnelle.

Idrissa Seck a fait part de ‘’solidarité’’ envers lui, en raison de la ‘’terrible épreuve’’ que vit l’opposant depuis qu’il est l’objet d’accusations de viol et de menaces de mort présumés, début février.

‘’Conformément à la recommandation prophétique faite à tout musulman d’être solidaire de son frère qui subit une épreuve, qu’il ait raison ou tort, je voudrais exprimer ma solidarité au frère Ousmane Sonko, frappé par une terrible épreuve’’, a déclaré M. Seck.

‘’S’il sait que les accusations portées à son endroit par (…) Adji Sarr sont infondées et ne sont que le résultat d’un complot ourdi contre sa personne, je l’invite à (…) déclarer solennellement devant Dieu et devant les hommes (…) qu’aucune preuve ne viendra étayer lesdites accusations. S’il ne le peut pas, je lui recommanderais alors de se repentir, de demander pardon à sa famille, à ses militants et au peuple sénégalais, et d’accepter avec dignité les conséquences des actes posés’’, a conseillé le président du CESE au leader de Pastef.

 

Parlant du président de la République, Macky Sall, il a dit ; ‘’J’atteste (…) qu’il n’a pas le temps de conduire un opposant à (…) fomenter de sordides activités qui se seraient passées dans ce salon de massage.’’

 

Idrissa Seck, candidat aux élections présidentielles de 2007, 2012 et 2019, ancien Premier ministre, a invité ‘’les militantes et militants de l’opposition, patriotes sincères (…), à ne pas servir de bouclier à un quelconque gourou, à ne pas se laisser manipuler ni infiltrer par des intérêts encagoulés, nationaux comme internationaux’’.

‘’Frustrés de ne pas accéder aux ressources pétrolières et gazières du Sénégal, frustrés de ne pas voir l’Etat accéder à leurs demandes illégitimes’’, certains groupes ‘’nourrissent le plan de déstabiliser [le] pays’’, a-t-il affirmé l’allié politique de Macky Sall.

Farouche opposant de ce dernier, il a rejoint la mouvance présidentielle en novembre dernier en se faisant nommer à la présidence du CESE à la surprise de nombreux observateurs de la politique sénégalaise, en remplacement de l’ancienne Première ministre Aminata Touré, tombée en disgrâce.

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Au moment où les manifestations se poursuivaient dans certaines zones  de Dakar, le Président Macky Sall en a profité pour faire le tour des quartiers chauds dans un cortège blindé  sous haute sécurité pour constater de visu les stigmates des violentes manifestations.

Dans son véhicule blindé, le chef de l’Etat a quitté le Palais de la République pour se rendre au rond-point de la Poste de Médina avant de prendre la direction du rond-point de la Rts.

Selon L’As, le cortège présidentiel dont la sécurité a été renforcée, a remonté le boulevard du centenaire jusqu’au premier rond-point pour bifurquer vers la Médina, puisque les échauffourées se poursuivaient vers la caserne Samba Diéry Diallo.