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Tabaski 2019 : Pourquoi y a t’il eu pénurie de moutons. Le Ministère de l’Elevage et des Productions Animales s’explique…

Entretien exclusif avec Famara Sarr Chef de la Division des Industries Laitières Apicoles et Avicoles au niveau du Ministère de l’Elevage et des Productions Animales :

Famara Sarr bonjour,

La Tabaski 2019 a été marquée par la pénurie et la cherté des moutons.

Quelle explication donnez-vous à cette situation ?

« Permettez-moi d’abord de souhaiter bonne fête à toute la communauté musulmane du Sénégal et dans le monde.

Effectivement, c’est une situation qui a été un peu difficile. On peut avancer trois choses.

Premièrement, la frilosité des vendeurs. Vous savez que le Sénégal a eu d’offres en moutons qu’il ya beaucoup de reliquat, rien qu’au niveau de Dakar, on retournait entre cent et deux cent mille moutons. Donc, cela est un fait explicatif.

Secundo, les intempéries de l’année dernière qui ont décimé les cheptels et le Président de la République a du débloquer un milliard de FCFA pour dédommager les éleveurs pour qu’ils puissent reconstituer leurs troupeaux.

La troisième raison est liée aux conditions climatiques, avec l’absence de pluies cette année.

Les gens ont hésité à s’approcher de certaines zones, voilà du coup, ya eu un retard. Mais ya aussi une offre de qualité un peu faible par rapport aux moutons moyens que les gens retrouvaient. Finalement on ‘est retrouvé avec deux extrêmes. D’abord, des moutons de très mauvaise qualité et des moutons « Ladoum » qui sont élevés dans les villes mais très chers »

Est-ce qu’on peut savoir le nombre de têtes de moutons qui étaient prévues cette année sur le marché sénégalais ?

« Là, nous n’avons pas encore fait le bilan. On le fera dans les prochains jours.

Mais, nous avions prévu plus de 800 mille têtes de moutons sur le plan national. Pour cela, nous avons procédé comme dans les années passées. Le Ministre avec une forte délégation est allé au Mali pour discuter avec les autorités Maliennes et les éleveurs maliens pour qu’ils puissent venir.

Il s’est rendu également avec une délégation en Mauritanie pour rencontrer son homologue Mauritanien mais aussi avec les éleveurs pour qu’ils puissent faire ce qu’ils faisaient chaque année, c’est-à-dire faire venir les moutons au Sénégal. Vous savez que nous sommes maintenant dans une sous-région de libre échange, et nous sommes voisins. Ils nous ont beaucoup aidé l’année dernière à régler les problèmes de moutons. Le Ministre s’est rendu aussi dans toutes les zones où il y ‘a de grands élevages de moutons pour s’enquérir de la situation. »)

Cette situation est-elle un premier cas d’échec pour Samba Ndiobéne Ka ?

« Non, ce n’est pas le cas. C’est vrai que quand il y’a une telle situation, les gens sont mécontents et chacun y va de son explication et de son humeur.

Mais, les gens doivent comprendre que le Ministère de l’élevage ne produit pas les moutons.

Notre mission est de faciliter les conditions pour que les éleveurs puissent avoir les animaux saints pour que les animaux puissent se reproduire correctement. Nous gérons et favorisons les conditions sanitaires. Donc c’est à eux les éleveurs de faire le reste. Maintenant, il y’a eu des problèmes, certes les moutons ont été trop chers et ils n’ont pas été disponibles partout où les gens souhaitaient, mais ce n’est pas la faute du ministre»)

Cette situation n’est-elle pas liée à l’incompétence du nouveau Ministre ?

« …Non non, on est très loin de là.

Parce que le ministre tout ce qu’il pouvait faire c’était d’aller voir les éleveurs et leur demander d’amener les moutons. Maintenant, s’il y’a des problèmes dans l’offre ce n’est pas au niveau du ministre »

Et pourtant, avec Aminata Mbengue Ndiaye on vivait rarement cette situation….

«…Madame le Ministre était très compétente et nous ce qu’elle faisait elle le faisait avec nous et c’est la même méthode qu’on a reconduit avec le nouveau Ministre. Maintenant y’a eu cette situation défavorable qui pour moi s’explique par des raisons que je viens d’expliquer au début.

C’est vrai que certains ont mal communiqué, parce que lors du conseil interministériel beaucoup d’éleveurs ce sont engagés à satisfaire l’offre. Mais, c’était sans oublier les intempéries qui ont décimé leurs cheptels. J’ai vu des éleveurs qui ont reçu plusieurs millions surtout les grands éleveurs pour reconstruire leurs cheptels.

On ne pas avoir perdu des centaines de moutons et ne pas traverser une telle situation. C’est une chose que nous déplorons tous et nous nous en excusons profondément. »

Maintenant, qu’est-ce qui est prévue pour l’année prochaine pour éviter une telle crise ?

« Nous avons mis en place des dispositifs avant même l’arrivée du nouveau ministre. Je peux en citer par exemple l’aide octroyée aux grands éleveurs pour améliorer la qualité des moutons.

A cela s’ajoute l’initiative des Maires pour l’Autosuffisance en moutons (Imam).

Avec cette politique, beaucoup de mairies se sont engagées et nous avons remis des moutons pour les populations. Et nous osons espérer qu’avec l’appui de tout le monde, cette situation sera un mauvais souvenir, mais encore une fois souhaitons que la pluie vienne à temps pour éviter un tel désagrément ».

Youssoupha Mané.

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