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RD Congo : nouveau massacre de civils près de Beni

Après quelques semaines d’accalmie, la région autour de Beni, en République démocratique du Congo, a connu un nouveau massacre dans la nuit de mardi à mercredi. Au moins 36 civils ont été tués à l’arme blanche.

Dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 janvier, au moins 36 civils ont été tués à la machette près de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo.

La tuerie a commencé mardi soir à Manzingi, au nord-ouest de la cité d’Oicha. « Les ennemis sont entrés à 19 h. Ils ont trouvé les gens en train de manger et ils les ont bloqués. Certains ont pu s’échapper et les autres ont été décapités », témoigne Kambale Kapisi, 32 ans, blessé à la tête, auprès de l’AFP.

D’après les autorités et les survivants, le mode opératoire, avec arme blanche, porte la signature du redoutable groupe armé des ADF.

Massacres toute la nuit

Les massacres ont duré toute la nuit, d’après la Cepadho, une ONG congolaise de défense des droits de l’Homme.

« Parmi ces victimes, certaines femmes auraient été violées par les bourreaux avant d’être tuées », dénonce dans un communiqué le député provincial Jean-Paul Paluku. « Les bourreaux ont introduit des sticks (bâtons) d’arbres dans leurs organes génitaux », s’indigne-t-il.

« Du jamais vu », conclut l’élu local pour qui « cette nouvelle méthode d’opérer » marque une volonté « d’humiliation de la communauté ».

Le bilan de 36 morts est établi par la société civile, qui ramasse et enterre les corps, et l’administrateur du territoire, qui supervise la police.

300 assassinats depuis début novembre

Au total, les Forces démocratiques alliées (ADF) sont accusées d’avoir tué près de 300 personnes depuis début novembre, et plus d’un millier depuis octobre 2014 dans la région de Beni.

D’après les experts, les ADF se vengent depuis novembre sur les civils de l’offensive lancée par l’armée congolaise contre leurs bases dans la forêt et la jungle autour de Beni.

À l’origine, il s’agit de rebelles musulmans ougandais qui se sont installés dans l’est de l’actuelle RD Congo en 1995.

Les ADF « possèdent les caractéristiques à la fois d’un groupe armé et d’une organisation criminelle, et semblent suivre une idéologie islamiste extrême », selon un rapport remis la semaine dernière au Conseil de sécurité des Nations unies.

Avec AFP

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