jeudi, octobre 21, 2021

Plaidoyer pour un tourisme réinventé ! Par Oumou Wane

Après une année complète faite d’incertitudes, les professionnels du tourisme se préparent à une deuxième saison à vide, de la Petite Côte, à la Grande Côte, en passant par la Casamance, avec Cap Skirring comme symbole des énormes pertes enregistrées par le secteur.
Avec l’arrêt des vols internationaux et les restrictions mondiales sur les voyages, le tourisme sénégalais réalise plus que jamais à quel point il dépend exclusivement du tourisme international, quasi à plus de 90%. Avec la pandémie de Covid-19, le nombre des touristes internationaux a chuté et bien que la crise ait bouleversé les économies de tous les pays, l’effet de ce choc s’est davantage fait sentir dans les pays qui tirent d’importants revenus du tourisme, comme c’est le cas pour le Sénégal. C’est pourquoi il nous faut penser le tourisme autrement, tout en se préparant à l’après Covid et à la reprise du secteur en explorant et en attirant de nouveaux marchés à fort potentiel.
Il est temps donc d’inverser la tendance car relancer le secteur du tourisme est primordial. Aussi, dans le contexte difficile qui perdure, pourquoi ne pas commencer par privilégier le tourisme intérieur et régional, qui permettrait déjà aux structures hôtelières de fonctionner, quitte à afficher des tarifs hors compétition, pour permettre aux Sénégalais de venir découvrir l’intérieur du pays et ses côtes. Voici une belle idée, que chaque sénégalaise et sénégalais puisse s’approprier cette destination aux multiples facettes avec ses plages d’exception, mais aussi une richesse historique et culturelle et une authenticité séduisant le public international depuis toujours.
Imaginons d’un côté des professionnels fiers d’appartenir à la destination Sénégal et de l’autre, des habitants également perçus comme des acteurs du tourisme : « Je suis Sénégalais, j’aime mon pays, je le fais connaître ». Ceci contribuera à créer une communauté qui amplifiera le « bouche à oreille » sur la destination, au fur et à mesure qu’elle grandit.
Mais bien entendu la manne touristique qui constitue la deuxième source de devises étrangères pour l’économie du Sénégal après la pêche, et qui emploie 100 000 personnes à travers le pays, repose sur la fréquentation du pays par le tourisme international.
Et pour faire revenir cette clientèle après la crise sanitaire, les atouts réels du territoire ne manquent pas. Au delà de certains stéréotypes (Plages, Affaires, Folklore), le Sénégal, à 5 heures d’avion du grand marché émetteur européen est un véritable carrefour culturel de l’Afrique. Avec une position géographique privilégiée qui en fait l’un des pays les plus ensoleillés du globe, le Sénégal est sûr et agréable. Il se visite avec le cœur, l’hospitalité y est profondément ancrée, les plages de sable fin y sont dignes des plus grands sites balnéaires du monde, le pays est stable et sa démocratie modèle…

Encore faut-il le faire savoir ! La communication touristique ne peut pas se contenter de venter un secteur reconnu pour ses compétences techniques et son efficacité. Elle doit faire rêver, raconter des histoires…

À bien des égards, le Sénégal est « Sans égal », ce n’est pas un simple voyage de plus… C’est plus qu’un simple voyage !
Qui, parmi les sénégalais de la diaspora n’a pas rencontré un voyageur rentré du Sénégal, plein d’étoiles dans les yeux, les papilles encore enchantées et ne tarissant pas d’éloges sur la gentillesse du peuple sénégalais.
Voici ce que chacun d’entre nous devrait commencer par faire. Croire en ses valeurs, reconnaître ses qualités, défendre son pays et le protéger.
Notre président Macky Sall, pourra bien se battre tout seul aux côtés des professionnels du voyage, affirmer que le tourisme sénégalais est sous haute protection et injecter des milliards CFA dans la relance du secteur, cela suffira t-il à faire revenir au Sénégal, les 1, 7 million de touristes qu’il a accueilli l’année dernière, et voire à les augmenter ?
La compagnie aérienne Air Sénégal pourra lancer autant de nouvelles liaisons qu’elle voudra et acquérir tous les Airbus A321 du monde en faisant de Dakar une plateforme incontournable dans le transport aérien, il manquera encore l’essentiel.
Et cet indispensable, c’est nous, c’est notre enthousiasme et notre foi. Cette envie et cette invitation à faire goûter nos différences. Alors, en attendant la grande campagne de promotion du tourisme sénégalais par le gouvernement, (que j’appelle de mes vœux) tous à nos réseaux sociaux, via Facebook, Twitter, Instagram, Pinterest, Google, Youtube, etc… Oublions le verre à moitié vide, pensons à sa partie pleine ! Battons-nous pour notre pays avec un cri d’amour et de ralliement de votre choix. Et pourquoi pas celui là : Mon Sénégal à toi ! (#monsenegalatoi) !