lundi, octobre 18, 2021
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PAIX EN CASAMANCE: LES FEMMES DE LA LOCALITÉ SE MOBILISENT

 

En Casamance, les femmes de la Plateforme pour la paix se mobilisent pour empêcher une résurgence d’un conflit latent dans la région depuis 1982.

Ces femmes ont demandé à l’Etat du Sénégal et au Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc), qui revendique l’indépendance de cette région, de négocier pour trouver une solution pacifique. Elles plaident aussi pour l’accélération des opérations de déminage afin de permettre aux populations qui ont fui leurs villages de rentrer chez elles.

Les leaders de la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance maintiennent leur mobilisation : elles veulent la paix

La paix, rien que la paix, voilà ce que réclament ces femmes aux belligérants du conflit qui déchire la région depuis des décennies. Celles-ci sillonnent la Casamance pour porter leurs messages.

Selon Ndèye Marie Thiam, leur présidente, l’Etat du Sénégal et les séparatistes du Mfdc doivent conclure un accord pour sortir la région de cette situation.

 »Aujourd’hui, nous avons dépassé cette époque où il y avait des attaques, des affrontements armés,… Aujourd’hui, c’est une situation de ni paix ni guerre que nous vivons, une certaine accalmie. Mais cette accalmie ce n’est pas pas la paix. Et ce que nous réclamons aujourd’hui avec force, c’est que cette accalmie soit traduite en un accord de cessez-le-feu » explique t-elle.

Le déminage, l’autre priorité

Ndèye Marie Thiam lance un appel aussi pour la reprise du déminage humanitaire pour permettre aux personnes ayant abandonné leurs villages, aux temps forts du conflit, de rentrer chez elles.

 »Nous avons beaucoup de cas de personnes vivant avec un handicap et c’est souvent des victimes de mines. Parmi ces victimes, nous avons identifié au moins une trentaine de femmes et ces femmes qui ont marché sur une mine revenaient des rizières ou des jardins maraîchers. Quelque fois aussi ce sont des femmes qui travaillent à la frontière et qui traversent pour aller en Guinée-Bissau dans leurs rizières, ou qui s’y sont rendus pour le commerce lorsque c’est la période des noix d’anacarde, et ce sont ces femmes qui ont sauté sur des mines. Aujourd’hui, notre besoin le plus urgent, c’est que le déminage humanitaire se poursuive pour permettre aux déplacés de regagner leur domicile, de regagner leur maison » précise Ndèye Marie Thiam.

Fatou Bintou Mané, chargée de projets de la Plateforme est du même avis, elle estime qu’un accord constituerait un début de solution à ce conflit.

 »Avoir des négociations écrites est vraiment le plaidoyer majeur que la Plateforme fait. C’est un premier pas je dirais parce que si on a déjà un accord de cessez-le-feu et que les deux parties respecte cet accord, nous pouvons espérer aboutir à des négociations pour une paix définitive et durable en Casamance » espère t-elle.

Impliquer les femmes

Fatou Bintou Mané plaide également pour leur implication dans les négociations afin, dit-elle, qu’elles puissent faire valoir les attentes des femmes.

Elle explique que  »dans la tradition casamançaise, tout le monde sait la place importante que la femme a, la femme, elle est négociatrice, elle est réconciliatrice. Donc je pense qu’il est temps qu’on donne aussi une chance aux femmes pour montrer ce qu’elles peuvent faire pour le retour de la paix en Casamance ».

Depuis la suspension des négociations entre l’Etat du Sénégal et le mouvement indépendantiste, en 2005 – des négociations qui avaient exclu d’importantes franges du Mfdc – il n’y a plus eu de rencontre formelle entre les deux parties.

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