vendredi, décembre 9, 2022
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MACKY SALL ENTRE DEUX FEUX !

Après l’installation du bureau de la XIVe législature de l’Assemblée nationale et la nomination d’un Premier ministre en la personne de Amadou Ba, le président de la République, Macky Sall, fait face aux tirs nourris en interne de Aminata Touré, la tête de liste nationale de la coalition Benno Bokk Yakaar aux législatives du 31 juillet dernier, et, à l’extérieur de son parti, aux charges à l’artillerie lourde de l’opposition incarnée par l’inter coalition Yewwi-Wallu. C’est ainsi qu’après avoir été lourdement pilonné par l’ancienne présidente du Conseil économique, social et environnemental (CESE) Aminata Touré, le dimanche 25 septembre, Macky Sall a encore subi les sermons, hier, de la Conférence des leaders de Yewwi-Askan wi. Autrement dit, le président de la République est pris entre deux feux !

Non-respect de la parole donnée

Devant la presse dimanche après-midi, l’ancienne Première ministre, qui a toujours en travers de la gorge le choix de son collègue Amadou Mame Diop au Perchoir de l’hémicycle de la place Soweto, n’a pas mâché ses mots à l’encontre du chef de file de la mouvance présidentielle qui n’aurait, à ses yeux, aucun sens de la loyauté et de la parole donnée. « La première chose à dire, c’est qu’il aurait été impossible pour moi comme politicienne d’expérience de n’avoir pas trouvé un accord préalable avec le président Macky Sall sur le poste de président de l’Assemblée nationale avant de m’engager à coordonner le parrainage qui a duré des semaines et ensuite faire le tour du pays pour la campagne des législatives. Nous avons toujours discuté de ces questions bien à l’avance notamment lorsqu’il me nommait Présidente du CESE, nous en avions convenu deux mois à l’avance. Pour ce qui concerne la présidence de l’Assemblée nationale, lui le Président Macky Sall sait très bien que nous avions un accord ferme, de hautes personnalités de ce pays que je ne citerais pas ici peuvent en témoigner car il le leur a dit bien à l’avance», a soutenu la tête de liste nationale de BBY aux dernières élections législatives.

Et de poursuivre : « Le 12 septembre, à exactement 9h 26, le Président Macky Sall m’a appelé pour me dire qu’il a finalement changé d’avis exactement 17 minutes avant l’arrivée de ses émissaires à l’Assemblée nationale venus annoncer le nom de son candidat. Le Président Macky Sall sait très bien que cela s’est passé exactement comme je le dis. Heureusement que j’ai le cœur solidement accroché, Dieu merci ! Voilà ce qui s’est passé alors que je pense lui avoir offert tout mon engagement, ma loyauté pendant plus de 10 ans en dépit des nombreuses injustices qu’il m’a fait lui-même subir, sans réelles raisons objectives ».

La problématique de la 3ème candidature

La raison avancée par l’ancien Premier ministre pour expliquer ce non-respect de l’engagement présidentiel serait liée à sa position sur la troisième candidature de Macky Sall à la présidentielle de 2024. « Je considère qu’il est plus que temps qu’on remette de l’éthique dans la politique. La politique ce n’est pas la ruse, l’abus de confiance et la préférence familiale. La politique peut et même doit s’accompagner de valeurs humaines, d’éthique et surtout de respect de la parole donnée et par-dessus tout du respect de nos lois et règlements. Ce qui me permet de faire la transition sur la question centrale qui, au fond, est à l’origine de tout ceci : la question du troisième mandat impossible, impossible juridiquement, impossible moralement. (…) Je me serais dédite moralement en théorisant haut et fort la possibilité du 3ème mandat du Président Macky Sall que je serais à cette heure-ci en train de vous offrir un cocktail de bienvenue comme Présidente de l’Assemblée nationale. Comment alors aurais-je pu me regarder dans la glace ? Comment aurais-je pu regarder mes enfants dans les yeux ? Comment aurais-je pu regarder les Sénégalais dans les yeux ?», a martelé, dépitée, la députée de la mouvance présidentielle.

En conséquence, Mme Aminata Touré qui compte rester député à l’Assemblée nationale « pour défendre les intérêts exclusifs du Peuple sénégalais et en toute liberté », entend user de l’article 22 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale relatif aux modifications apportées à la composition d’un groupe parlementaire, pour informer le président de cette institution qu’elle se libère du groupe Benno Bokk Yaakaar (BBY) pour devenir député non-inscrit.

Une majorité de plus en plus fragile

Une décision qui va fragiliser davantage la majorité aléatoire de la mouvance présidentielle qui ne reposait que sur un fil avec le ralliement de Pape Moustapha Diop de Bokk Gis Gis. Une redistribution des cartes au sein de l’Assemblée nationale qui conforte assurément l’opposition dans l’optique de futures et épiques batailles parlementaires. Surtout qu’il se dit que l’ancienne Première ministre, Aminata Touré, compterait de solides appuis au sein même du groupe parlementaire de la mouvance présidentielle.

Test de la psychologie inversée pour un Président

Alors que l’eau bout à 90° dans son propre camp où Aminata Mimi Touré, en dissidence, aurait des alliés masqués, le Président Macky Sall a encore subi, hier, les attaques de l’opposition conduites par la Conférence des leaders de Yewwi Askan Wi composée notamment de Déthié Fall, Khalifa Sall, Cheikh Ahmet Tidiane Youm, Habib Sy et Ousmane Sonko. Ces derniers ont fait connaître leur volonté de lancer à compter du 5 octobre prochain le Réseau des élus locaux du Sénégal (Reels) pour contrer l’Association des maires du Sénégal (AMS) qu’ils accusent de rouler pour les intérêts du président de la République.

A tour de rôle, les leaders de Yewwi Askan Wi ont mis en exergue les errements supposés du président de la République qui subirait « le test de la psychologie inversée ». Selon les leaders de Yewwi Askan Wi, cet état a conduit Macky Sall à nommer, neuf mois après l’adoption du projet de loi restaurant le poste, un Premier ministre dont le seul fait d’arme est d’avoir plongé le Sénégal dans un endettement éternel. Également, toujours selon eux, un président qui, au lieu de combattre l’injustice, la promeut en s’acharnant sur ses opposants qu’il bâillonne et emprisonne à tout-va. Un président qui, en lieu et place de combattre l’inflation, met en place un gouvernement dit de combat avec une pléthore de ministres. « De même qu’on lui a demandé de lutter contre le chômage, il fait la promotion de la ruée mortifère de la traversée de l’Atlantique ». La comédie, à en croire la Conférence des leaders de YAW, se heurte à la réalité avec un président qui se dresse à chaque fois que son peuple manifeste sa volonté pour aller à contre cette volonté.

Soutien total à Barthélémy Dias et aux députés de l’opposition

Sur les incidents qui se sont produits le jour de l’installation du bureau de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko et les autres leaders de sa coalition ont affiché leur solidarité sans faille aux députés de l’opposition en rejetant la faute à la mouvance présidentielle qui aurait voulu, selon eux, violer les lois en vigueur dans le Parlement. La Conférence des leaders de YAW a aussi apporté son soutien à Barthélemy Dias aussi bien dans sa croisade contre une partie de la presse que dans ses démêlés judiciaires en demandant au peuple de veiller aux mandats de ses députés. « Ce n’est pas le citoyen Barthélémy qui a été jugé mais le député. Lorsqu’on vidait l’affaire, il avait un statut de député et l’Assemblée nationale était en session. Ils se sont empressés de rendre le verdict, ça veut simplement dire que la justice est aux ordres. Nous pensons que le verdict devait être décalé pour demander la levée de l’immunité du député. Si c’est une assemblée de rupture consciente de ses responsabilités, elle devrait demander la suspension des poursuites parce que toutes les dispositions sont réunies pour que Barthélémy puisse bénéficier de l’application de cette disposition de l’Assemblée nationale», ont soutenu les leaders de Yewwi Askan Wi.

Répondant au président de la République qui soutenait que l’Assemblée nationale ne peut bloquer le fonctionnement de l’Etat, les leaders de YAW ont évoqué le principe sacrosaint de la séparation des pouvoirs en mettant en garde contre toute velléité de suspension de l’institution parlementaire et l’instauration de la gestion par ordonnances.

Terminant sur le nouveau gouvernement conduit par Amadou Ba, Ousmane Sonko et ses pairs ont soutenu que ce n’est pas un escadron de bras cassés défaits dans leurs fiefs respectifs lors des dernières élections, qui va combattre l’opposition, mais le vrai gouvernement de combat de Macky Sall incarné par le général Moussa Fall, le commissaire Yague, une partie de la justice et une bonne partie de la presse.

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