Le COVID-19 dans les collimateurs de la Teranga

Depuis l’avènement des réseaux sociaux, le Sénégal est devenu un théâtre de cafouillage. Pourtant avec une bonne optimisation de ses ressources humaines majoritairement qualitatives, le pays aurait pu figurer au rang des grandes nations; au cercle desquelles la prouesse scientifique, le défi de l’industrialisation, la sécurité intérieure et tant d’autres chantiers géants remplissent le calendrier quotidien de leur laboratoires institutionnels.
Aujourd’hui le constat est morne au pays de la Teranga. Un système piégé par un lobby de flemmards ayant réussi à installer une jurisprudence d’insouciance à toutes les échelles. Des énormités en série qui soufflent un vent de paresseux, occasionnant ainsi une inscription massive dans l’industrie de la comédie, d’autres s’érigent en expert sur tous les sujets d’actualités. Les plus prétentieux, pires que la pire malédiction du COVID-19 bâtissent un royaume de diversion en style religieux. Ils se prennent pour des tombes mythiques avec un cortège de fanatiques vers une direction d’aller sans retour.
Du n’importe quoi ! Dans ce pays, l’égarement est d’autant plus réel que dans sa faible portion territoriale, se trouve une vaste diversité de courants religieux, des formes de pratiques différentes, des calendriers différents, des serments différents calibrés au gout de son public. Tout part dans tous les sens pour vénérer UN DIEU, UNIQUE. Le MÊME qui a soumis un SEUL LIVRE successivement aux différentes époque/religion.
Bref en tout cas l’on aperçoit aisément l’impression d’un DIEU intrinsèque en saveur sénégalaise ; tel un serpent à plusieurs têtes comme théorisé dans la mythologie grecque. Personne ne comprend plus rien. Rien n’est plus expliqué à personne de façon scientifique et sérieuse. Aucun n’ignore la résonance de ce vide alimenté par un groupuscule à dépravation notoire.
Dans ce feuilleton relatif au coronavirus, la presse et des technicien de santé ont pu conduire un effort de réflexion significatif sur la pandémie notamment son origine, la nature des symptômes et la collecte des mesures préventives. Cependant qu’à peu de chose près, l’on a été abreuvé de fantasmes et de désinformations par des partisans du clown. Ceci sous le regard d’un État faible qui ne démontre sa fermeté que lorsqu’il s’agit d’emprisonner un opposant ou un activiste. Il est encore temps mais pas pour très longtemps de laisser aux comédiens inonder le paysage médiatique. Si l’on exige aux journalistes dans la pratique de leur métier de se conformer à la déontologie, il n’en demeure pas moins au reste de la population qui par faute de responsabilité et de vile culture citoyenne relaie tout ce qui se trouve à son passage. Plus de charme dans le corps de la presse dès lors que tous les grains passent facilement entre les mailles. Tandis que les rescapés accordent plus d’énergie à leur honoraire et moins d’inertie dans leur production.
Est-ce une erreur d’avoir intégré le numérique dans les programmes scolaires ? Sans ou avec mesures d’accompagnement? Qu’en est-il de la pédagogie ? Comment sommes-nous arrivés à ce stade de légèreté ? Est-ce une fatalité de devoir rester dans cette cacophonie inouïe ? D’ailleurs sommes-nous conscients de notre inconscience ? Comment sortir dans ce confinement ; pas pour palier à la propagation du virus mais de se libérer d’un périmètre à production abondante et malheureusement assommante.
Il n’en faut pas davantage pour se rendre compte à quel point s’impose une redéfinition claire de nos ambitions dans la marche du monde mais aussi notre politique sanitaire. En même temps que le tissu socioéconomique s’amenuise, la facture des priorités s’amplifient et nous oblige à examiner la colonne du passif dans le bilan de la mondialisation. Il urge de développer une culture de l’anticipation et de planification, de divorcer avec les méthodes archaïques manu militari qui enregistrent peu de résultats satisfaisant _ surtout lorsqu’on est averti à temps.
Il est difficile certes de proférer des critiques au moment de l’appel à une cohésion nationale pour lutter contre une ennemie impétueuse et invisible. Mais point de raison pour tolérer une quelconque politisation à cette époque de crise et de crispation sociale. Prendre des mesures consistant à freiner la circulation du virus est obligatoire et ne mérite aucune opération laudative. Ça ne délie pas non plus aux mandataires de veiller à l’opérationnalisation des mesures d’antan dans les autres secteurs.
C’est à ce carrefour critique que doit émerger une méthode révolutionnaire pour classer les priorités, revoir la répartition du budget et leur allocation dans les différents secteurs. L’interaction entre l’Etat et les autres segments de la société se veut une réponse hâtivement mature par une démarche radicale qui va modifier de façon fondamentale notre implication dans l’histoire du monde.
Ibrahima MBOW
Ingénieur génie civil
Qualiticien des opérations industrielles

 

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