L’Etat Sénégalais s’active pour retrouver Diary Sow. La meilleure élève du Sénégal en 2018 et 2019 est portée disparue depuis cinq jours à Paris où elle poursuit ses études au Collège Louis LeGrand. En attendant de la retrouver saine et sauve, retour sur le parcours scolaire de cette brillante élève.

Quand la ‘’crème’’ de la relève ne donne plus signe de vie, c’est tout le peuple qui retient son souffle. En effet, l’inquiétude est à son comble depuis l’annonce hier, de la disparition de la brillante Diary Sow qui n’a pas repris les cours depuis le retour des fêtes de fin d’année à Louis LeGrand (France) où elle est en deuxième année de prépa’ scientifique. Depuis 5 jours, ses camarades, son lycée et ses parents n’ont pas de nouvelles d’elle. Les informations obtenues par son Lycée à sa résidence à Lourcine ne sont guère rassurantes puisqu’elle n’a pas été trouvée dans sa chambre.

Les assurances de son parrain, le ministre de l’Eau et de l’Assainissement et ancien ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam ne sont, elles non plus, pas du tout de nature à rassurer. « Depuis quelques heures, une information fait état de la disparition de Mademoiselle Diary Sow, étudiante en 2ème année de classe préparatoire scientifique au Lycée Louis Le Grand de Paris (France). L’information est malheureusement vérifiée. Le Service de gestion des étudiants sénégalais à Paris a échangé avec les directions de son école et de sa résidence et assure un suivi rapproché de la situation avec ces établissements », confirme Serigne Mbaye Thiam dans un communiqué de presse.

«Sur instruction du chef de l’Etat, le Président Macky Sall, les services de l’ambassade et du consulat du Sénégal à Paris sont aussi mobilisés pour la retrouver; il en est de même de ses parents établis en France et des associations d’étudiants. La police et les services compétents français sont informés et déploient les diligences qui sont de leur ressort », tente de rassurer son parrain qui sollicite des « prières » au nom de la famille.

« Miss Science », l’espoir de tout un peuple

Diary, la petite Mbouroise de 20 ans (elle est née le 17 septembre 2000 à Malikounda, Mbour), incarne, au même titre qu’une poignée de génies de son acabit, la lumière dans la grisaille,  le modèle de réussite du système éducatif sénégalais dont le niveau est en chute libre depuis quelques décennies. Suffisant alors pour que l’espoir de tout un peuple repose sur ses frêles épaules d’enfant qui tiennent tout de même en parfait équilibre une tête bien faite.

Miss Science 2017 et meilleure élève du Sénégal au Concours général en 2018 et 2019, elle trimballe déjà un lourd Cv du haut de ses 19 ans. Au cours international Keur Madior de Mbour où elle est retournée (elle y a fait son cycle préscolaire) de la 6e à la 3e, après un cycle élémentaire passé à Dakar, elle y est successivement meilleure élève du moyen en 2014 en 4e avec une moyenne de 18,55, en 2015 et 2016 avec une moyenne supérieure à 18/20. Il en est de même au Lycée d’excellence de Diourbel où elle a raflé tous les prix.

En effet, elle a été primée meilleure élève du lycée d’excellence de Diourbel avec une moyenne de 18,45/20 en première S1. En 2018, elle n’a rien laissé aux autres élèves de sa cohorte, elle fait une razzia en décrochant le premier prix de mathématique, de science physique, SVT, Français, Espagnol, Anglais, Histoire et Géographie. « Une chose de pas commun », « un rêve atteint, qui comble de bonheur et de fierté », s’était-elle réjouie.

Scientifique affirmée et confirmée, Diary sort du lot, malgré elle, n’en déplaise à sa timidité, sa sobriété et son caractère introverti. Sa beauté et son sourire frappent à première vue. Mais, son maniement bluffant de la langue de Molière, sa diction et son intelligence dans le verbe, captivent davantage et font tomber illico sous le charme de cette jeune scientifique tout aussi passionnée de littérature. Sur sa table de chevet, les livres s’entassent. Elle les dévore. Mieux, elle ne se limite plus à les lire, elle en écrit maintenant.

Diary, « l’ange » des lettres

En effet, le 16 janvier 2020, elle a intégré le cercle des auteurs avec son premier Roman « Sous le visage d’un ange » édité par L’Harmattan. Comment fait Diary pour être aussi bien en science qu’en lettres ? La recette miracle, à l’en croire, «c’est juste l’amour du travail. L’amour de ce qu’on fait. La volonté de le réussir ». A la jeunesse sénégalaise, elle lance : « il faut qu’on croit en nous-mêmes. Il faut qu’on sache qu’on est capable d’aller de l’avant, de réussir. C’est énorme ce qui nous attend. Et pour cela, nous devons faire appel à notre jeunesse. On ne peut pas avancer avec ce laxisme qui s’installe peu à peu dans notre pays ».

Cet engagement au service de la nation, Diary compte le matérialiser une fois ses diplômes obtenus au Lycée Louis LeGrand de Paris. « Je suis consciente de ce que le peuple attend de nous en tant que futur leader. Donc j’ai la ferme intention de revenir. Que ce soit une présence physique, financière et intellectuelle; j’ai bien l’intention d’apporter mon soutien à mon pays et contribuer,  dans la mesure du possible, au développement et à l’émergence du Sénégal », s’engage-t-elle.

De passage récemment au Sénégal suite au décès de son père (Mamadou Sow), son « ami et complice », Diary Sow replonge sa famille dans la tristesse et l’anxiété, cette fois-ci du fait de sa disparition. Sans nouvelles d’elle, famille, amis et autorités de la République prient pour qu’elle soit retrouvée saine et sauve.

facebook Share on Facebook
Twitter Tweet
Follow Follow us