vendredi, décembre 9, 2022
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Comment relever le défi de l’autosuffisance alimentaire au Sénégal ? des experts donnent leurs avis

Les nombreuses difficultés du Sénégal risquent de devenir de plus en plus inextricables devant la montée en puissance des périls alimentaires dont l’accélération fait entrevoir à l’horizon, le spectre d’émeutes de la faim. En effet, la crise du covid et la guerre en Ukraine entre autres facteurs poussent les prix vers le haut sur le marché mondial. Ainsi, il faut la valorisation des produits alimentaires locaux afin de mieux contenir les chocs sur les prix causés par la crise actuelle.

 

En marge à l’occasion de la célébration du 62e anniversaire de l’indépendance du Sénégal, le Président de la République Macky Sall, a appelé les Sénégalais, lors de son message à la nation, à une mobilisation générale pour accroître et valoriser davantage nos produits agricoles, d’élevage et de pêche. Pour y arriver, le Sénégal doit entreprendre des reformes. ”Il est évident que cette autosuffisance suppose des reformes structurelles allant dans le sens la maîtrise de l’eau, de régler le problème foncier, permettre au véritable producteur d’accéder à la terre. Il y a aussi le problème de la valorisation et de la transformation de ces produits en prendre en compte. Tout cela révèle d’une volonté politique réelle pour amorcer toutes ces réformes.” affirme Abdoulaye Seck.

Abdou Maty Mbaye économiste, lui est du même avis. En effet, pour le chargé des questions économiques de l’Union National des consommateurs du Sénégal, la recherche de l’autosuffisance est la solution face à la crise économique actuelle. Pour se faire il y a trois éléments indispensables à prendre en compte dit-il, : ”la terre, l’eau et les moyens. Au Sénégal, nous n’avons pas de problème d’eau de terre, les machines, il faut que l’Etat mette davantage des moyens agricoles pour pouvoir lancer la production. Si nous prenons le cas du riz, nous avons la vallée et la région du Sud qui peuvent nous permettre d’avoir suffisamment de riz afin d’atteindre l’autosuffisance en riz. Maintenant, il faudra que cette production soit consommée par les populations”.

Abdoulaye Seck va plus loin, pour lui, ” l’autosuffisance alimentaire même dépasse le cadre du riz, ça intègre également l’horticulture, le maraîchage, les produits forestiers” dit-il avant de poursuivre ”C’est un grand ensemble qu’il faut intégrer dans un cadre global permettant de résoudre ces questions qui sont là depuis un certain temps et qui ont traversé tous les régimes.”

En effet, le Sénégal comme à l’image des autres pays d’Afrique souffre déjà des retombées économiques de l’invasion russe en Ukraine, entre hausses des prix des produits de première nécessité et de ceux du pétrole, faisant craindre une aggravation de la pauvreté. En effet, en économie l’approche la plus sécurisée, la plus maîtrisée concerne l’approche production.

Selon Abdoulaye Seck économiste et enseignants, ”c’est à partir de la production qu’on peut faire des spéculations sur la commercialisation, sur le stock, sur tout ce qu’il y a à faire après production.” Pour lui, c’est la raison pour laquelle, ” l’autosuffisance doit être une réalité. D’ailleurs, nous devons tirer des leçons de cette covid, de cette guerre. Aujourd’hui, notre consommation est réglée au rythme du dollar, du baril du pétrole. C’est extrêmement dangereux. Donc nous devons tout faire pour aller vers une autosuffisance alimentaire.” explique l’enseignant.

Cependant, l’économie sénégalaise est extravertie, du fait que l’essentiel de la production locale est exporté. Ainsi, pour espérer une autosuffisance alimentaire, Abdou Maty Mbengue de souligner, ”il va falloir changer de paradigmes à cause de la conjoncture. Il faudra faire des efforts pour consommer ce que nous produisons et produisons ce que nous consommons.”. dit-il.

Ceci implique aussi des conséquences budgétaires. Ces importances sont source de beaucoup de droit de portes payé à la Douane et aux autres administrations chargés de capture cette manne financière. Mais, Abdoulaye Seck économiste et enseignant minimise les choses ”si on fait l’arbitrage entre ses droits qui sont indexés sur une valeur principale d’une exportation (M), vous verrez effectivement que ces droits de portes représentent une part infime par rapport à ce que nous payons en terme de factures de produits alimentaires que nous importons et en devises étrangères. Il ne faut pas l’oublier, le Sénégal importe en devises étrangères. Or, nous allons vers la communalisation avec la CEDEAO, vers l’harmonisation des taxes, donc il n y a pas une perte extraordinaire.” a t-il rassuré.

Depuis les émeutes de la faim en 2008, la question de la souveraineté alimentaire fait régulièrement surface, mais de nombreux défis restent à relever pour doper la filière rizicole.

 

Madiagne NIANG

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