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INTERVIEW

 

Il s’agit de Mamadou Korka Diallo, Ismaïla Koné, et Pape Diouf tués et enfuis dans des
puits et des fosses communes. Ces « lieux identifiés » ont aussi servi de tombes à des africains assassinés en Gambie par le régime de Yahya Jammeh

L’avocat international d’origine américaine Reed Brody invité ce dimanche 02 mai de l’émission  »7SEMAINE » sur Africa7 a laissé entendre sur le plateau de la télévision panafricaine « trois sénégalais et plusieurs autres victimes de l’ancien président gambien Yayah Jammeh partagent une fosse commune en Casamance. Ces victimes selon l’avocat sont entre autres des nigérians et des ghanéens entre autres candidats à l’immigration clandestine.

Selon toujours l’avocat surnommé « le chasseur de dictateurs » Yahya Jammeh himself a ordonné durant son magistère l’exécution suivi de l’enterrement en terre sénégalaise notamment en Casamance d’africains qu’ils prenaient pour des mécènes venus déstabiliser son régime

L’ancien président gambien, ajoute l’avocat avait érigé ses cimetières particuliers dans la région sud du Sénégal où plusieurs personnes dont trois sénégalais, Mamadou Korka Diallo, Ismaïla Koné, et Pape Diouf ont été enterrées par l’armée de l’ancien homme fort de Banjul

Poursuivant ses révélations dans son combat pour le respect des droits humains, le porte-parole de l’ONG Human Rights Watch annonce la création à venir d’un Tribunal hybride pour Juger le président Jammeh ainsi que ses collaborateurs identifiés par la commission « Vérité et Réconciliation » mise sur place depuis deux ans par les autorités gambiennes

Ancien avocat des victimes de Hisseine Habré, ( condamné à vie au Sénégal par le Tribunal Spécial Africain NDLR) Reed Brody soutient également être sollicité par plusieurs collectifs de plusieurs pays en Afrique dont des ivoiriens et des burkinabés victimes des régimes de Laurent Gbagbo et de Blaise Compaoré

IBRAHIMA KHALIL DIENG
Africa7

 

 

“Beaucoup de milliardaires n’ont pas la capacité de s’affirmer parce qu’ils n’ont pas la possibilité de justifier l’origine de leurs fortunes”, lance d’emblée Françoise Puene alias Mamy Nyaga (dame coquette), PDG du Groupe Franco, plantant le décors d’un entretien qui pourrait se résumer en une phrase : “le travail et la persévérance emmènent le succès”. Invitée de Financial Afrik dans l’émission “PIB” à l’occasion du 8 mars, l’élégante femme d’affaires, remarquable par son crâne rasé et son look vestimentaire atypique, parle sans trac avec cette simplicité qui caractérise ceux qui sont parvenus à force d’efforts au sommet de la montagne. “La clé du succès c’est la persévérance, c’est l’affirmation de soi et le leadership”, explique l’ancienne vendeuse de beignets. Très vite l’entretien tourne au plaidoyer en direction des femmes. Mariée à l’âge de 14 ans à un roi local, avec une quarantaine de coépouses, elle a été répudiée et connut la traversée du désert, la frustration et l’humiliation familiale. Elle s’est relevée, a travaillé dans un hôpital. Et c’est là qu’elle rencontra le destin ou le déclic.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous le Wouri. Vendeuse de vêtements provenant de Cotonou et de beignets de haricots au coin de la rue, elle est le symbole de la débrouillardise de la femme africaine. Ses premières économies parvenues à 80 000 FCFA lui donnent la chance de réaliser son rêve: aller à Cotonou et commander les vêtements à la source. Ce voyage fut une odyssée entre bus, chaloupe, taxis motos et contournement des frontières par la brousse. De Cotonou, elle change d’itinéraire et fait le commerce de friperies entre cette ville et Lomé, vendant de la friperie. Elle rentre au Cameroun avec 400 000 Franc, heureuse de pouvoir subvenir aux besoins de la famille. Son second voyage vers Cotonou se fera en avion. Une première alors pour celle qui aujourd’hui voyage en business classe. Sa voie est toute tracée à la fin des années 80. L’immobilier est l’industrie la plus solide et la plus durable, dira-t-elle. “L’immobilier ne perd jamais de la valeur”. Son premier hôtel ouvert en 2005 en témoigne. Il coûterait aujourd’hui trois à quatre fois plus cher.

Pour atteindre le sommet, il faut dans un premier temps de la discrétion. Et aussi, de la foi. “Pour réussir, il faut de l’honnêteté, croire en soi et vaincre la peur”. Et, bien entendu, “il faut passer à l’action”, conseille-t-elle. Si l’on attend que les conditions soient réunies à 100% pour passer à l’action alors l’on risque d’attendre bien longtemps. Le groupe Franco construit en trente ans est présent dans l’hôtellerie, l’immobilier et le BTP.

Dans une interview accordée à (www.afrik.com) le Dr Mouhamoudou Saw, président de la commission qualité et membre élu du conseil national de l’Ordre des pharmaciens du Sénégal, livre un regard franc et avisé sur le positionnement et le rôle de la profession dans le pays. Avec des professionnels en officine qui sont souvent les premiers interlocuteurs santé des Sénégalais.

Dans ces extraits de l’interview il nous délivre les rapports  les pharmaciens entretiennent avec  les patients, les médecins, et les tradipraticiens

Le pharmacien occupe donc une place importante dans le système de santé au Sénégal.

Le pharmacien d’officine prend de plus en plus une place prépondérante dans le système sanitaire. Surtout dans les villes. En dehors de la délivrance des médicaments, il y a d’autres services qui sont faits dans les officines pour permettre de pouvoir suivre les maladies chroniques non transmissibles, comme le cholestérol ou le diabète.

Vous allez à la pharmacie, on vous fait une prise de tension, une prise de diabète : vous ne faites pas une queue, ça vous prend une minute de votre temps, vous payez et vous partez. Si vous allez à l’hôpital où vous allez perdre votre matinée.

De la même façon dans ce qu’on appelle la santé de la reproduction, qui est un pilier dans la politique de santé au Sénégal, beaucoup de femmes utilisent les contraceptifs. Et les femmes qui travaillent, comme celles qui ne travaillent pas, vous disent qu’elles préfèrent aller en pharmacie pour avoir leurs produits.

Parce que déjà il y a le secret professionnel, parce qu’il y a un cadre et un certain confort. Si vous allez au niveau des districts sanitaires ou des centres de santé vous allez, encore une fois, perdre votre matinée. Et vous n’aurez pas le même accueil et la même écoute que vous pourrez avoir au niveau des officines de santé. 

 

Le rôle de conseil du pharmacien semble très important…

C’est tellement développé que même les médecins ne sont plus contents du rôle des pharmaciens. Le pouvoir d’achat des populations n’est pas très élevé et certains vous disent que le docteur en pharmacie a des connaissances médicales pour comprendre les maladies et donner des traitements. Donc aujourd’hui effectivement les Sénégalais, dans un premier temps, vont aller voir le pharmacien avant d’aller voir le médecin. Parce qu’ils se disent qu’ils vont économiser par exemple 5 000 FCFA (7,5 euros) de consultation, ou 10 000 FCFA (15 euros) si c’est dans le privé, voire 20 000 FCFA (30 euros) si c’est un spécialiste. Ils ne vont voir le médecin que quelques jours après si la maladie n’évolue pas dans le bon sens. 

Il y a un rapport de proximité

Il y a effectivement cette proximité dans les officines. Le pharmacien peut recevoir quelqu’un et le conseiller, même si la personne n’achète pas de médicaments. C’est une partie du métier de pharmacien. 

Est-ce qu’il y a des tensions avec les médecins quant à cette « concurrence » ? 

Il n’y a pas de tension grave, mais une petite rivalité. Vous savez, et ça c’est sans doute vrai dans tous les pays au monde, les médecins ont un certain complexe de supériorité envers les pharmaciens. Mais également une certaine jalousie. On dit au Sénégal que les pharmaciens sont plus riches que les médecins. C’est une jalousie qui n’est pas dite.

Reste que la frontière entre le conseil du pharmacien et la consultation du médecin est souvent une frontière invisible. Les médecins disent que les pharmaciens doivent rester dans leur rôle de délivrance des médicaments et d’arrêter de donner des conseils parce que ça leur fait perdre des patients.

Au niveau du Sénégal nous gérons ce problème à un niveau supérieur, via l’Inter ordre des professionnels de la santé où l’on cherche des équilibres. Il y a de part et d’autre, parfois, des problèmes à signaler, des médecins qui signalent des pharmaciens qui font des consultations, mais aussi des pharmaciens qui signalent des médecins qui vendent des médicaments.

Comment l’Ordre des pharmaciens et peut-être plus largement les professionnels de santé, se positionnent-ils par rapport à la médecine traditionnelle et aux tradipraticiens ?  

Nous avons une position très tranchée sur la question. Dans l’état actuel des choses, les tradipraticiens ne peuvent pas garantir une sécurité par rapport à leur offre de services. Le gouvernement sénégalais a eu à rédiger une loi sur la médecine traditionnelle. Mais l’Inter ordre des professionnels de la santé a fait une opposition ferme, car il y a énormément de choses obscures dans cette loi.

Quand vous avez des tradipraticiens qui revendiquent leurs compétences par héritage ou alors quelqu’un qui va soigner par des incantations, ce n’est pas possible ! Nous nous sommes opposés à cette loi, car il y a énormément de choses qui ne sont pas maîtrisées. Et nous les professionnels de santé avons un devoir de sécurité par rapport aux Sénégalais.

Pour autant, faut-il rejeter toute la médecine traditionnelle en bloc ?  

La question n’est pas de tout rejeter en bloc. Parce que vous avez plus de 80% des Sénégalais qui utilisent la médecine traditionnelle. Surtout dans les zones rurales où il n’y a pas de médecins.

Mais le problème est que lorsque vous avez un produit qui a été élaboré par un médecin traditionnel, vous n’avez aucune garantie sur la sécurité du produit. Quels sont les effets secondaires ? Comment sont déterminées les doses ? Est-ce que le tradipraticien garantit la qualité de ses produits ? Il y a énormément de questions sans réponse.

Nous souhaitons qu’il y ait une bonne coopération avec les tradipraticiens, mais seulement quand nous aurons des garanties de sécurité sur la santé des Sénégalais.