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INTERNATIONAL

 

L’Algérie a décidé mercredi la fermeture « immédiate » de son espace aérien à tous les avions civils et militaires marocains ainsi qu’aux appareils immatriculés au Maroc, a annoncé la présidence algérienne.

« Le Haut Conseil de sécurité (HCS) a décidé de la fermeture immédiate de l’espace aérien à tous les avions civils et militaires ainsi qu’à ceux immatriculés au Maroc », selon un communiqué officiel. Cette décision a été annoncée à l’issue d’une réunion du HCS avec le président Abdelmadjid Tebboune et consacrée à l’examen de la situation aux frontières avec le Maroc.

Alger évoque « des pratiques hostiles » de la part de Rabat

La décision de fermer l’espace aérien a été prise « compte tenu de la poursuite des provocations et des pratiques hostiles de la part du Maroc », a précisé le communiqué.

Le 24 août, l’Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc, après des mois de tensions exacerbées entre ces deux pays rivaux du Maghreb. Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, avait alors reproché à Rabat de « n’avoir jamais cessé de mener des actions hostiles à l’encontre de l’Algérie ». « Les services de sécurité et la propagande marocains mènent une guerre ignoble contre l’Algérie, son peuple et ses dirigeants », avait-il accusé.

Traditionnellement difficiles, les relations entre l’Algérie et son voisin marocain ont connu une récente dégradation en raison, notamment, de l’épineux dossier du Sahara occidental.

La normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël – en contrepartie d’une reconnaissance américaine de la « souveraineté » marocaine sur ce territoire – a encore avivé les tensions avec l’Algérie, soutien de la cause palestinienne, qui a dénoncé des « manœuvres étrangères » visant à la déstabiliser.

Les liens diplomatiques avaient été rompus une première fois entre les deux pays quand, le 7 mars 1976, Rabat avait mis fin à ses relations avec Alger qui avait reconnu la République arabe sahraouie démocratique (RASD), autoproclamée par les indépendantistes du Front Polisario.

 

 


Le ministre de la Défense britannique Ben Wallace a annoncé l’ouverture d’une enquête après la divulgation par erreur de données personnelles d’interprètes afghans ayant travaillé pour les forces du Royaume-Uni.

Selon la BBC, les adresses mails de plus de 250 Afghans cherchant à s’installer au Royaume-Uni ont été copiées par erreur dans un email du ministère de la Défense, permettant à tous les destinataires du message de voir leurs noms et leurs photos parfois associées.

Une porte-parole du ministère a indiqué lundi soir qu’«une enquête a été ouverte». «Nous nous excusons auprès de toutes les personnes touchées par cette violation et nous travaillons dur pour que cela ne se reproduise plus», a-t-elle ajouté.

Plusieurs personnalités politiques ont critiqué le gouvernement après cet incident, soulignant les risques potentiels pour les interprètes afghans qui cherchent à quitter leur pays depuis la prise de pouvoir des talibans le mois dernier.

UNE «NÉGLIGENCE CRIMINELLE»

«Nous avons dit à ces interprètes afghans que nous assurerions leur sécurité mais cette fuite de données a inutilement mis des vies en danger», a déploré sur Twitter le député John Healey, chargé des questions de défense au sein du Labour, principal parti d’opposition.

Il a plaidé pour que le gouvernement «intensifie d’urgence ses efforts pour amener ces Afghans en toute sécurité au Royaume-Uni».

Dans le camp conservateur du Premier ministre Boris Johnson, le député Johnny Mercer a aussi dénoncé une «négligence criminelle», estimant qu’elle allait probablement forcer des interprètes à «changer de nouveau de logement» en hâte pour éviter des représailles.

 


La sentence est tombée : 25 ans de prison pour Paul Rusesabagina, l’ancien directeur de l’Hotel des Mille Collines. Ce lundi, un tribunal de Kigali l’a reconnu coupable de « terrorisme » 
pour son association avec le Front de Libération Nationale (FLN), la branche armée du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD).

L’ancien directeur de l’Hôtel des Mille Collines à Kigali, connu pour avoir permis le sauvetage de plus d’un millier de personnes durant le génocide de 1994, a été reconnu coupable d’avoir formé et financé le FLN, groupe rebelle accusé d’avoir mené des attaques meurtrières au Rwanda en 2018 et 2019. Un verdict sans surprise pour la fille de cet opposant de longue date du président Paul Kagamé, alors que la Belgique, dont il est ressortissant, évoque un procès inéquitable.

« On n’est pas surpris par la décision des juges. Ils ont décidé ce que le dictateur veut qu’ils décident, et donc on s’attendait exactement à ça. Maintenant que le procès est terminé, on est contents que cette pièce de théâtre est terminée. C’est un chapitre qui se termine et ça nous permet maintenant de mettre plus de pression à d’autres endroits, de demander à la communauté internationale, qui maintenant parle de sanctions, d’effectivement les invoquer sur le Rwanda », déclare Carine Kanimba.

Rendu célèbre par le film Hotel Rwanda, Paul Rusesabagina vivait en exil depuis 25 ans. Son arrestation en août2020 avait suscité la controverse, sa famille soutenant qu’il avait été kidnappé à la descente d’un avion devant se rendre au Burundi. « Mon père a été détenu illégalement avant ce verdict. Il est détenu illégalement aujourd’hui, et demain, après ce verdict, il sera encore détenu illégalement. Donc notre campagne continue. On n’est pas découragés par ce verdict, il ne signifie rien pour nous », soutient sa Carine Kanimba.

Selon une des juges du tribunal de Kigali, la réduction des 25 ans de prison serait impossible en raison du boycott des audiences par l’accusé et sa défense. « Le MRCD-FLN a commis des actes terroristes. Le MRCD ne peut être séparé des actes militaires » du FLN, a déclaré Beatrice Mukamurenzi.

Les Etats-Unis, qui lui ont décerné la Médaille présidentielle de la Liberté en 2005, et le Parlement européen avaient également exprimé leurs préoccupations sur les conditions de son arrestation et l’équité du procès. Dans une interview début septembre, le président rwandais Paul Kagame avait assuré que Paul Rusesabagina serait « jugé aussi équitablement que possible ».

 


L’information a fait l’effet d’une bombe. Après avoir suspendu le «Doing Business» l’année dernière, la Banque Mondiale a décidé d’arrêter définitivement cette publication pour cause de manipulation de conclusions des éditions 2018 et 2019 sous la pression de certains gouvernements qui voulaient à tout prix enjoliver leur situation.

L’enquête et les audits diligentés par la direction accusent nommément la Chine, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l’Azerbaïdjan. Plusieurs anciens hauts cadres dont l’actuelle patronne du FMI, Kristalina Georgevia, alors directrice exécutive de la Banque Mondiale, sont impliqués dans ce qui est désormais un vrai scandale. La directrice générale du FMI s’est empressée de publier un démenti qui n’a convaincu personne. Elle se retrouve fragilisée, et certaines voix appellent déjà à sa démission.

Pour la direction de la Banque Mondiale, il fallait trancher dans le vif car ces Etats incriminés ont franchi la ligne rouge. Ne pas réagir aurait entacher tout le crédit de l’Institution. «La confiance dans les travaux de recherche du Groupe de la Banque mondiale est d’une importance capitale. Ces travaux guident les actions des décideurs politiques, aident les pays à prendre des décisions mieux éclairées et permettent aux parties prenantes de mesurer les progrès économiques et sociaux avec plus de précision». 

Le Doing Business passait en revue l’environnement des affaires de pays membres de l’institution en distribuant des bons et de mauvais points aux Etats. Ce rapport à périodicité annuelle, était redouté par beaucoup de gouvernements car il servait de boussole pour les investisseurs.  La direction de la Banque mondiale justifie sa décision par la manipulation des données des éditions de 2018 et 2019 confirmée par les audits et les enquêtes menés par des organismes et cabinets indépendants. 

Le communiqué intégral publié à Washington

« La confiance dans les travaux de recherche du Groupe de la Banque mondiale est d’une importance capitale. Ces travaux guident les actions des décideurs politiques, aident les pays à prendre des décisions mieux éclairées et permettent aux parties prenantes de mesurer les progrès économiques et sociaux avec plus de précision. Ces travaux constituent également un outil précieux pour le secteur privé, la société civile, le monde universitaire, les journalistes et d’autres acteurs, et favorisent une plus large compréhension des enjeux mondiaux.

Après que des irrégularités dans les données des éditions 2018 et 2020 du rapport « Doing Business » ont été signalées en interne en juin 2020, la direction de la Banque mondiale a suspendu l’édition suivante et lancé une série d’examens et d’audits du rapport et de la méthode utilisée pour l’établir. Par ailleurs, parce que les rapports internes ont soulevé des questions d’éthique, concernant notamment la conduite d’anciens responsables du Conseil des Administrateurs ainsi que de certains employés actuels et/ou anciens de la Banque, la direction a porté les allégations y relatives aux mécanismes internes appropriés de reddition de comptes de la Banque.

La télévision publique algérienne a annoncé la mort de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, rapporte l’Agence France-Presse. Il est décédé ce vendredi à l’âge de 84 ans.

La nouvelle de la mort d’Abdelaziz Bouteflika a été annoncée par un bandeau déroulant à la télévision nationale algérienne, citant un communiqué de la présidence de la République : « Décès de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika ». Depuis sa chute spectaculaire en avril 2019 sous la pression de l’armée et de la rue, l’ancien chef de l’État était resté retranché dans la solitude dans sa résidence médicalisée de Zeralda, à l’ouest d’Alger.

Abdelaziz Bouteflika naît en 1937 à Oujda, au Maroc, où son père avait émigré très jeune, mais il n’oublie pas ses racines. Quand en 1956, en pleine guerre d’Algérie, les indépendantistes demandent aux étudiants de rejoindre le mouvement de libération nationale, il entre très vite au FLN. Il devient même secrétaire particulier du colonel Boumédiène.

En 1962, il n’a que 25 ans lorsque l’Algérie obtient son indépendance. Abdelaziz Bouteflika est nommé ministre de la Jeunesse puis ministre des Affaires étrangères, le plus jeune à ce poste dans le monde. Il l’occupera pendant 16 ans, à une époque où son pays joue un rôle important au sein du mouvement des non-alignés.

À la mort de son mentor Boumédiène, il est écarté de la vie politique, poursuivi pour détournement de fonds. Abdelaziz Bouteflika laisse passer l’orage. Après des années de décennie noire, il se présente en 1999 à la présidentielle avec le soutien des militaires.

Après deux mandats, il modifie la Constitution, ce qui l’autorise à rester au pouvoir pour un troisième, puis un quatrième mandat qu’il commencera dans un fauteuil roulant, affaibli par un accident vasculaire cérébral. Des élections à chaque fois contestées. Sa chute était devenue inéluctable après des semaines de manifestations massives contre sa volonté de briguer un cinquième quinquennat.

 

La Banque mondiale a indiqué jeudi 16 septembre, avoir achevé son enquête sur la publication des rapports annuels «Doing Business» après un examen des irrégularités dans les données des éditions 2018 et 2020. Dans un communiqué parvenu à la presse, l’institution multinationale a déclaré que les audits soulevaient des problèmes éthiques impliquant d’anciens responsables et membres du personnel du conseil d’administration. Parmi eux fgure Kristalina Georgieva, l’actuelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).

Selon les conclusions de l’enquête, la patronne du FMI a subi des pressions pour modifier les données relatives à la Chine afin d’augmenter son score. Le document révèle que les changements apportés aux données du géant asiatique dans l’édition 2018 semblent être le produit de deux types distincts de pressions exercées par la direction de la Banque sur l’équipe Doing Business.

Les enquêteurs soulignent que « des pressions exercées par la PDG Georgieva et ses conseillers (dont M. Simeon Djankov), d’apporter des modifications spécifiques aux points de données de la Chine dans le but d’améliorer son classement exactement au moment même où le pays devait jouer un rôle clé dans la campagne d’augmentation de capital de la banque».

Réagissant sur cette affaire, la directrice a nié tous les faits qui lui sont reprochés. « Je suis fondamentalement en désaccord avec les conclusions et les interprétations de l’enquête sur les irrégularités dans les données en ce qui concerne mon rôle dans le rapport Doing Business de la Banque mondiale de 2018 », a déclaré Mme Georgieva dans un communiqué. Elle qui avait été PDG de la Banque mondiale entre janvier 2017 et septembre 2019 avant de passer au FMI.

Pour rappel, l’Institution de Bretton Woods avait décidé de suspendre la publication du rapport Doing Business 2021. Motif avancé : irrégularités dans les données dans les rapports 2018 et 2020, respectivement publiés en octobre 2017 et 2019.

 

Les autorités françaises se sont ouvertement inquiétées mardi des discussions entre Bamako et la société privée russe Wagner. Cette information a été révélée lundi par l’agence de presse Reuters. Pour le gouvernement français, une implication de la société privée russe Wagner au Mali serait « incompatible » avec le maintien d’une force française.

Interrogée sur ce sujet ce mardi devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Florence Parly, la ministre des Armées, a d’abord réitéré d’abord l’engagement des forces françaises au Mali, combattant depuis 8 ans les groupes jihadistes : « Nous sommes toujours au Mali et nous y serons sans doute dans les mois et les années qui viennent… »

Mais la ministre s’est dit très préoccupée par l’éventuelle signature d’un accord entre Bamako et la société privée russe Wagner. « En revanche, il se passe des choses au Mali inquiétante et si cette rumeur selon laquelle les autorités maliennes devaient contractualiser avec la société Wagner, ce serait extrêmement préoccupant et contradictoire, incohérent avec les tout ce que nous avons entrepris depuis des années et tout ce que nous comptons entreprendre en soutien des pays du Sahel. »

Pour Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères, une intervention des paramilitaires russes pourrait même entraîner le retrait des troupes françaises. « Wagner est une milice privée composée de militaires qui s’est illustré avec des exactions, prédations, violations en tout genre. Et qui ne peut pas correspondre à une solution quelconque. C’est absolument inconciliable avec notre présence. En Centrafrique, cela a provoqué une détérioration de la situation sécuritaire. Une intervention d’un groupe de ce type serait incompatible avec l’action des partenaires sahéliens et internationaux du Mali. »

A Bamako, le ministère de la Défense a admis ce mardi auprès de journalistes avoir mené des pourparlers avec la société Wagner. « Le Mali entend désormais diversifier et à moyen terme ses relations pour assurer la sécurité du pays. Nous n’avons rien signé avec Wagner, mais nous discutons avec tout le monde », dit-on au ministère de la Défense.

 

Scandale en Centrafrique après le retrait de 450 Casques bleus gabonais de la Minusca. Ce mercredi, l’ONU a décidé du renvoi du contingent gabonais de sa force de maintien de la paix en Centrafrique après des accusations d’exploitation et d’abus sexuels.

Selon le ministère gabonais de la Défense, des faits graves « contraire à l’éthique militaire » ont été rapportés contre certains éléments des bataillons gabonais. « Suite aux nombreux cas d’allégations d’exploitation et d’abus sexuels en cours de traitement, les Nations unies ont décidé ce jour du retrait du contingent gabonais de la Minusca », et « une enquête a été ouverte par le Gabon », précise un communiqué.

En mars 2018, le Gabon avait déjà annoncé son retrait de la Minusca, officiellement en raison d’un « retour progressif à la paix » en République centrafricaine. Un haut responsable de l’ONU avait toutefois invoqué à l’époque « des problèmes d’équipement et d’abus sexuels ». Trois mois plus tard, sur la demande pressante du président centrafricain Faustin Archange Touadéra, le chef de l’Etat gabonais Ali Bongo Ondimba avait finalement annoncé le maintien de ses troupes en Centrafrique.

En 2016, une quinzaine de soldats gabonais avaient également fait l’objet d’une enquête pour des accusations similaires. Le ministère gabonais de la Défense a promis que les suspects seraient « traduits devant les tribunaux militaires et jugés avec une extrême rigueur ». Le Gabon « a toujours exigé de son armée, sur son territoire et à l’extérieur, un comportement irréprochable et exemplaire », ajoute le ministère.

Fléau récurrent

Les accusations d’exploitation et abus sexuels perpétrés par des Casques bleus dans le monde constituent un fléau récurrent contre lequel l’ONU essaye de lutter depuis des années. Depuis 2010, les Nations unies recensent sur leur site 822 accusations d’exploitation et abus sexuels visant son personnel dans le cadre d’opérations de maintien de la paix.

En juin 2017, un bataillon de plus de 600 soldats du Congo avait été renvoyé après des accusations d’agressions sexuelles et divers trafics. Un an avant, 120 Casques bleus congolais avaient déjà été renvoyés pour les mêmes motifs.

En 2014, des militaires français de l’opération Sangaris, une force française de maintien de la paix autorisée par l’ONU, avaient été également accusés de viols sur des enfants de 7 à 13 ans. La France avait ouvert une enquête qui avait finalement abouti en 2018 à un non-lieu.

Quel contenu donné à la transition post-Alpha Condé en Guinée ? La réponse à cette question est attendue à l’issue des échanges entre la junte au pouvoir, les partis politiques, les chefs religieux et la société civile du pays.

Le top départ de cette concertation a été donné ce mardi. Pendant quatre jours, ces différents acteurs tenteront donc de cerner les contours de la transition afin de tenter de rassurer notamment la communauté internationale qui n’a pas apprécié le coup de force du 5 septembre.

« Vous savez, nous avons eu le premier coup d’État qui a été fait par l’ancien président qui est allé chercher un troisième mandat, ce n’était pas légal, vous savez, donc c’est pour ça que nous avons eu un coup d’État militaire pour arrêter le coup d’État constitutionnel institutionnel. Et je pense que la communauté internationale devrait nous aider, devrait aider la Guinée à avoir une bonne transition. », a déclaré Ousmane Kaba, leader du Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES).

Une bonne transition, avec quel rôle pour les militaires ? Et sur quelle période, telles sont notamment les questions sur lesquelles les participants devront apporter des réponses.

« Il s’agit de la possibilité d’avoir, vous savez, une discussion entre toute la société civile, la société civile guinéenne et les partis politiques. Vous savez, pour donner notre opinion sur cette transition pour aller de l’avant et gérer la transition afin que nous puissions avoir un vrai gouvernement, et une vraie élection acceptable pour tout le peuple guinéen. », a expliqué Sidya Touré, leader du parti de l’Union des forces républicaines.

Les discussions ont donc porté, sur les axes majeurs de la période à venir.

 » Nous avons parlé de la durée de la transition, et puis aussi le nombre de CNT (conseillers nationaux de transition). Vous savez très bien qu’ils vont être là, le Parlement, aussi le gouvernement. Ce sont les trois axes sur lesquels nous avons travaillé et je pense que c’est ce dont on a besoin d’abord avant d’entrer dans le vif du sujet. », a précisé Mamadou Sylla, ancien chef de l’opposition, président de l’UDG.

Les discussions, qui se sont ouvertes en fin de matinée au Palais du peuple, siège du Parlement, se sont déroulées à huis clos, mais plusieurs participants ont ensuite indiqué que le nouveau maître du pays, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, s’était montré « rassembleur » et à l’écoute lors de cette première rencontre.

 » Le président du CNRD qui a lui-même reconnu que toute la classe politique guinéenne, toute la classe intellectuelle, même l’élite militaire, avait échoué dans ce pays. Donc, puisque nous sommes d’accord qu’on avait tous échoué, reprenons encore cette fois-ci les choses en main en allant vers de nouvelles bases. », a déclaré Siaka Barry, ancien ministre des Sports et président du MPDG.

Reste à savoir si le parti du désormais ex-président participera à cette messe. Autre zone d’ombre, l’avenir d‘Alpha Condé. Un exil de l’ancien chef de l’Etat est évoqué. Parmi ses destinations figure, la piste de Brazzaville, en République du Congo.

 

Il y a vingt ans, le matin du 11 septembre 2001 sur la côte est des États-Unis, quatre avions de ligne sont détournés quasi simultanément, transformés en bombes volantes par 19 pirates de l’air. Pour la seconde fois de leur histoire, les États-Unis sont frappés sur leur territoire, dévoilant une vulnérabilité dont ils n’avaient pas conscience. En moins de deux heures, les symboles de la première puissance mondiale sont attaqués, faisant près de 3 000 victimes et des milliers de blessés. Ces attentats, les plus meurtriers de l’Histoire moderne, laissent le monde entier sous le choc et marquent le point de rupture qui a fait basculer le monde dans le XXIe siècle. Retour sur la genèse du 11 septembre 2001.

8h46, le monde s’arrête

Il est 8h46 à New York quand un Boeing 767 du vol American Airlines 11 percute la tour Nord du World Trade Center à près de 800 km/h, avec 92 personnes à son bord, dont cinq terroristes. Le choc de l’impact sur fond de ciel bleu est assourdissant. En ce mardi matin, beaucoup de New-Yorkais sont déjà au travail et sur les trottoirs, stupeur et panique marquent les visages. Les yeux sont rivés vers la tour Nord d’où s’échappent des flammes et d’épaisses fumées dues à l’explosion. Tout s’est passé trop vite. On croit d’abord à un accident.

Dix-sept minutes plus tard, à 9h03, alors que plusieurs chaines de télévision retransmettent déjà l’évènement, le monde entier voit, en direct, le vol 175 d’United Airlines qui s’encastre dans la tour Sud. 65 personnes à bord, dont cinq pirates de l’air. Alors que le feu ravage les étages supérieurs des deux tours, Andrew Card, le chef de cabinet de la Maison Blanche, informe le président George W. Bush : « Un deuxième avion a frappé l’autre tour et l’Amérique est attaquée. »

Mais à 9h37 en Virginie, un troisième avion, le vol 77 d’American Airlines, percute la façade ouest du Pentagone, le quartier général du ministère américain de la Défense, avec 64 personnes à son bord, dont cinq kamikazes.

À 9h59, la tour Sud du World Trade Center (WTC) s’effondre sur elle-même, dans un déluge de poussières et de débris, 55 minutes après l’impact de l’avion.

Le quatrième avion, le vol 93 d’United Airlines, s’écrase à 10h03 dans un champ près de Pittsburg en Pennsylvanie, avec 44 personnes à son bord, dont quatre terroristes. Les passagers du vol se seraient battus avec les pirates de l’air après avoir été informés du drame sur leur téléphone portable. On estime que ce vol, initialement en route vers Washington, avait pour objectif d’attaquer le Capitole.

À 10h28, c’est la tour Nord du WTC qui s’effondre dans un nouveau déluge de gravats et de poussière, 102 minutes après l’impact du vol 11 d’American Airlines. Des centaines de personnes, qui n’ont pas pu être évacuées, ainsi que des sauveteurs montés dans les étages, meurent ensevelis sous les décombres.

L’effondrement des tours cause également d’importants dégâts sur les bâtiments avoisinants, comme la tour n°7 du WTC qui s’effondre à 17h20. Les secours, venus de toutes parts, tentent d’aider les survivants alors que Manhattan est recouverte d’un gigantesque nuage de fumée noire.

Ces quatre attaques, menées en moins de deux heures, ont fait 2 977 victimes, dont 441 secouristes de la ville de New York. Plus de 6 000 personnes sont blessées et certaines développeront des maladies liées aux attaques, notamment à cause de l’atmosphère saturée de particules toxiques qui a persisté pendant plusieurs semaines après les attentats.

Il faudra plus de trois mois pour éteindre l’énorme brasier de débris et nettoyer le site. Le chantier, qui coûtera des centaines de millions de dollars, durera jusqu’en 2007 tandis que celui de la construction du One World Trade Center et du Mémorial du 11-Septembre, situé à l’emplacement des tours jumelles, a déjà commencé.

Retour en arrière

Pour mieux comprendre ce qui a mené aux attentats du 11 septembre 2001, il faut retourner en 1979, au moment de l’invasion soviétique de l’Afghanistan. On est en pleine guerre froide et face à l’expansionnisme de l’Union soviétique, les pays occidentaux, menés par les États-Unis, organisent le soutien aux moudjahidines, les combattants de la résistance afghane, à travers l’envoi d’armes et de financements notamment pour l’entraînement au combat. La participation financière de l’Arabie saoudite varierait, selon les sources, du simple au triple par rapport au budget alloué par le Congrès américain à cette opération.

La CIA, qui centralise les opérations, passe par le biais de l’Inter-Services Intelligence (ISI), les services secrets pakistanais basés à Peshawar, pour redistribuer les armes et les fonds aux différents chefs rebelles. C’est également l’ISI qui se charge exclusivement de l’entraînement des combattants.

À la même époque, on assiste à l’arrivée de volontaires étrangers venus de l’ensemble du monde arabo-musulman porter soutien aux moudjahidines afghans au nom du jihad. Parmi eux trois hommes, Abdullah Azzam, Ayman Al-Zawahiri et Oussama ben Laden qui fondent en 1984 le Maktab al-Khadamat (MAK), le Bureau des services, ou le Bureau afghan, pour collecter des fonds auprès de leurs réseaux dans les pays arabes et occidentaux dans le but de recruter et d’assurer la formation militaire et idéologique des combattants volontaires étrangers.

Abdullah Azzam, d’origine palestinienne, a tissé un solide réseau de relations dans le mouvement islamiste des Frères musulmans après avoir étudié au Caire en Égypte. Charismatique, il est l’homme clé de la politique de recrutement du MAK, décrit par les islamistes radicaux comme « l’imam du jihad » pour son rôle dans le développement du « mouvement de jihad mondial ».

L’Égyptien Ayman Al-Zawahiri, un chirurgien de formation à la tête du Jihad islamique égyptien, arrive en Afghanistan pour « poursuivre la guerre sainte contre les États-Unis et les chasser de la terre des musulmans », après avoir passé trois ans dans les geôles égyptiennes, accusé d’avoir été impliqué dans l’assassinat du président égyptien Anouar el-Sadate en 1981.

Et Oussama ben Laden, arrivé en Afghanistan pour prêter main forte à ses frères moudjahidines. Fils du fondateur de la plus importante entreprise de BTP saoudienne, il fut chargé par le Prince saoudien Turki al-Fayçal de recruter et d’installer les combattants volontaires saoudiens au Pakistan, près de la frontière avec l’Afghanistan. Sous l’influence de son mentor Abdullah Azzam, Ben Laden se radicalise davantage.

Grâce à son réseau international, le MAK établit des antennes de recrutement et de collectes de fonds dans les pays occidentaux, lesquelles opèrent sous le statut d’ONG pour aider la cause moudjahidine en Afghanistan. À l’époque de la guerre froide, l’ennemi était soviétique. C’est ainsi que Mustapha Chalabi, un proche d’Abdullah Azzam, installe le Centre de réfugiés Al-Kifah dans la mosquée Al-Farooq à Brooklyn, et en fait un point de recrutement qui se révélera être un poste clé de l’action terroriste pour les dix ans à venir.

Le MAK, précurseur d’al-Qaïda

Le MAK est, lui aussi, en contact étroit avec l’Inter-Services Intelligence (ISI) par laquelle transitent les fonds envoyés par les États-Unis, l’Arabie saoudite et les pays occidentaux. Même s’il ne joue qu’un rôle minimal pendant la guerre d’Afghanistan, son assise logistique et financière lui confère une structure solide. En 1988, alors que les troupes soviétiques entament leur retrait d’Afghanistan, Oussama Ben Laden fonde al-Qaïda, « la Base », à Peshawar au Pakistan. Dans ce nouveau contexte, des divergences d’opinions opposent Azzam, qui veut tirer profit des fonds pour installer un gouvernement islamique en Afghanistan à Al-Zawahiri, qui veut financer un jihad mondial. Azzam est assassiné le 24 novembre 1989. Al-Zawahiri et Ben Laden font partie des suspects. Le Saoudien prend les choses en main et le MAK est absorbé par al-Qaïda. Al-Zawahiri, lui, reste à la tête du Jihad islamique égyptien.

Le conflit qui a déchiré le MAK au Pakistan se répercute jusqu’à la mosquée Al-Farooq à Brooklyn, où les partisans pro-Azzam de Mustapha Chalabi s’opposent aux partisans de l’islamiste égyptien Omar Abdel Rahman, un nouveau venu, un leader du clan des Égyptiens proche d’Al-Zawahiri. Dans ses prêches, celui qu’on appelle aussi le « cheikh aveugle » s’attaque violemment aux États-Unis et à Israël. Un de ses disciples, l’Égyptien El Sayyid Nosair, est identifié pour sa participation à l’assassinat du rabbin nationaliste Meir Kahane, le 5 novembre 1990 à New York. C’est à cette occasion que le FBI constate la présence des Frères musulmans sur le territoire américain et entame une surveillance étroite d’Omar Adbel Rahman et des activités de la mosquée grâce à un informateur infiltré.

La fin de la guerre en Afghanistan, qui découle de l’éclatement de l’Union Soviétique, marque la fin de la guerre froide. Mais pour les leaders du clan des Égyptiens comme Al-Zawahiri et Omar Abdel Rahman, dont la haine de l’Occident a grandi dans les prisons égyptiennes, la victoire sur l’Union soviétique n’est pas une fin en soi : le combat se poursuit, mais cette fois-ci contre leur ancien défenseur, les États-Unis.

Rupture avec l’Arabie saoudite

Au sortir de la guerre, Oussama Ben Laden, qui a pris du galon dans la sphère jihadiste, rentre en Arabie saoudite.

En 1990 éclate la première guerre du Golfe avec l’invasion du Koweït par Saddam Hussein. Face à la menace irakienne, Ben Laden propose l’aide de ses moudjahidines au roi Fahd. Mais ce dernier refuse et décide de recourir à l’armée américaine. Ben Laden accuse alors la monarchie wahhabite d’ouvrir la « terre sainte » aux « infidèles ». En mai 1991, il quitte l’Arabie saoudite et s’installe au Soudan.

Comme il ne se résout pas à l’idée de démobiliser les moudjahidines aux côtés desquels il a combattu en Afghanistan, il utilise l’entreprise familiale, la plus importante société du BTP saoudien, pour les employer sur un chantier de construction au Soudan. En réalité, Ben Laden se sert de ce chantier pour mettre en place des camps d’entrainements pour ses combattants islamistes tout en continuant son travail de recrutement de volontaires qui sont formés par les vétérans d’Afghanistan. À Khartoum, le régime islamiste d’Omar-el-Béchir approuve l’arrivée de ces « Afghans arabes ».

En 1993, sa famille bloque sa participation dans l’entreprise familiale et le répudie. Début 1994, il est déchu de sa nationalité saoudienne.

1993 : premier attentat sur le sol américain

Le 26 février 1993, un attentat terroriste frappe le World Trade Center (WTC) à New York. Une explosion à la voiture piégée dans le parking de la tour Nord fait 6 morts et 1 042 blessés. Correctement positionnée, la bombe aurait dû provoquer la chute de la tour Nord sur la tour Sud. Ben Laden est immédiatement suspecté. De son côté, le FBI identifie Ramzi Yousef, un terroriste islamique pakistanais, comme l’artificier de la bombe, et parvient à le relier à Omar Abdel Rahman sans pouvoir toutefois démontrer que ce dernier est le commanditaire de l’attaque. Mais, grâce à son informateur infiltré auprès du « cheikh aveugle » comme assistant personnel, le FBI obtient un enregistrement qui lui permet de prouver l’implication du cheikh dans les actions terroristes sur le sol américain. En juin 1993, Omar Abdel Rahman est arrêté et condamné à la prison à vie. Incarcéré en Caroline du Nord, il décèdera en 2017. Ramzi Yousef, le planificateur de l’attentat du WTC, a disparu.

On retrouve pourtant sa trace de manière fortuite à Manille aux Philippines, en janvier 1995, après l’incendie d’un appartement dans lequel le FBI trouve un ordinateur contenant des informations sur un complot de grande envergure : l’opération « Bojinka ». Celle-ci prévoyait la destruction simultanée de 11 avions de lignes américains au-dessus du Pacifique, plan précurseur aux attaques du 11 septembre 2001. En février 1995, Yousef est arrêté au Pakistan et transféré aux États-Unis pour y être incarcéré à perpétuité pour l’attentat du WTC de 1993 et le projet « Bojinka ».

L’arrestation de Ramzi Yousef permettra de faire le lien avec un autre personnage : son oncle, Khalid Cheikh Mohammed. Ce Pakistanais, élevé au Koweït, combat en Afghanistan jusqu’en 1992 et devient le responsable des opérations extérieures d’al-Qaïda en 1996. Il est à l’origine de l’attaque du World Trade Center de 1993, du projet « Bojinka » et sera le cerveau derrière les attaques du 11 septembre 2001.

Ben Laden, ennemi public numéro 1

En 1996, Ben Laden retourne en Afghanistan où les talibans ont pris le pouvoir. Il y est rejoint par Al-Zawahiri, et le Jihad islamique égyptien fusionne avec al-Qaïda. Début 1998, Ben Laden proclame « le jihad contre l’Amérique », accusée d’occuper la péninsule arabique. Considéré par les Américains comme le n°2 d’al-Qaïda, c’est pourtant Al-Zawahiri qui lui souffle la stratégie d’attaque à l’oreille.

Le 7 août 1998, un double attentat frappe simultanément les ambassades américaines de Nairobi au Kenya et de Dar es Salaam en Tanzanie. On dénombre 224 morts dont 12 Américains, et plus de 5 000 blessés. Le FBI, dépêché à Nairobi 12 heures à peine après les attaques, parvient à récolter un numéro de téléphone après l’interrogatoire d’un suspect. Ce numéro de téléphone se révèle être celui d’une maison au Yémen qui sert de relai de communication entre Ben Laden et tous ses partisans à travers le monde. Pour les Américains, cette information prouve qu’al-Qaïda est bien à l’origine du double attentat. Le FBI offre une prime pouvant aller jusqu’à cinq millions de dollars pour toute information susceptible de mener à la capture de celui qui est désormais « l’ennemi public numéro 1 ». Dans le monde des islamistes radicaux, il fait figure de héros.

Les représailles américaines ne se font pas attendre. Le 20 août 1998, l’opération « Infinite Reach » frappe et détruit simultanément une usine pharmaceutique au Soudan, suspectée de fabriquer des armes chimiques pour al-Qaïda et un camp d’entraînement en Afghanistan où Ben Laden avait été repéré par la CIA. Mais c’est un double échec, attribué notamment au manque de précision des informations recueillies par la CIA. Pour les Américains, la pression monte d’un cran et aucune nouvelle frappe de missiles n’est envisageable tant que les informations ne sont pas fiables à 100 %. Pour le président Clinton, ce fiasco vient s’ajouter au tumulte qui le porte en Une de tous les médias américains : l’affaire Monica Lewinsky.

Un dysfonctionnement critique entre les services de renseignement américains

Pendant ce temps, l’enquête sur le réseau al-Qaïda progresse grâce au numéro de téléphone d’une maison au Yémen récolté par le FBI lors de sa mission au Kenya. L’écoute mise en place par la CIA lui permet d’apprendre qu’une importante réunion d’al-Qaïda est prévue le 5 janvier 2000 à Kuala Lumpur, en Malaisie. Mais l’agence de renseignements américaine ne communiquera jamais cette information cruciale au FBI. Plus tard, il sera pourtant démontré que plusieurs personnes présentes à cette réunion ont participé aux attentats du 11 septembre 2001.

Le FBI poursuit son enquête pour démanteler le réseau terroriste, alors que la CIA omet de lui transmettre une seconde information capitale : l’arrivée sur le sol américain de deux Saoudiens membres d’al-Qaïda grâce à des visas à entrées multiples parfaitement en règle. L’enquête révèlera que Khalid al-Mihdhar et Nawaf al-Hazmi étaient présents à la réunion de Kuala Lumpur et qu’ils avaient suivi des formations de pilote aux États-Unis. L’infiltration de « taupes » islamistes aux États-Unis s’est faite sur plusieurs années. Jamais les Américains n’ont soupçonné qu’un tel maillage s’était mis en place.

D’après Jack Cloonan de la cellule Ben Laden au FBI (1996-2002), « si on avait eu connaissance de la présence de ces deux individus sur le sol américain 16 ou 18 mois avant les attentats du 11 septembre, on aurait pu les placer sous surveillance […] et ainsi découvrir une bonne partie de ce qui se préparait. »

Pourtant, une unité spéciale avait été créée au sein de la CIA en 1996 pour lutter contre al-Qaïda et traquer Oussama Ben Laden. Dirigée par la CIA de manière totalement autonome, l’« Unité Ben Laden », qui avait pour nom de code « Alec Station », comprenait également un détachement d’agents du FBI au sein de ses équipes. Il aurait donc été logique que la CIA avertisse le FBI dès la réception de ces informations capitales. Un des arguments avancés par la CIA fut de dire que ces informations ne regardaient pas le FBI mais uniquement la CIA, parce qu’elles concernaient un enjeu confidentiel situé à l’international.

Cette défaillance de communication entre CIA et FBI est en partie imputable au mode de fonctionnement historique entre ces deux agences, régi par le principe de la protection des sources et des contacts, fondamental dans le monde du renseignement. Elle met aussi en évidence les méthodologies opposées des deux agences : les premiers attendent de voir où une nouvelle information peut les mener, alors que les seconds préconisent le passage à l’action.

Pour la Commission d’enquête sur le 11 septembre, la CIA n’avait pas de stratégie opérationnelle pour lutter contre al-Qaïda. Lors de son audition, George Tenet, le directeur de la CIA, reconnaitra avoir « fait des erreurs ». Il sera également reproché au FBI de n’avoir pas su évaluer la menace croissante du terrorisme. Mais la responsabilité de l’administration Bush sera elle aussi mise en cause.

Compte à rebours

Le 12 octobre 2000, moins d’un an avant les attaques du 11 septembre, le destroyer lance-missile américain USS Cole est frappé en son flanc par une embarcation kamikaze chargée d’explosifs alors qu’il est stationné dans la rade d’Aden au Yémen pour se ravitailler. Dix-sept marins sont tués et plus de trente personnes sont blessées. L’attentat est attribué à al-Qaïda.

Les attentats du 11 septembre sont planifiés dans la même logique que ceux des deux ambassades américaines en Afrique, mais avec une surenchère : frapper les symboles des États-Unis, Wall Street, le Pentagone et le Capitole (cible du quatrième avion qui s’est écrasé en Pennsylvanie) directement sur leur territoire, en faisant le plus de victimes et de dégâts possibles.

Sans avoir clairement revendiqué ces attaques, Ben Laden avoue en être l’instigateur. Réfugié en Afghanistan et protégé par le pouvoir taliban qui refuse de le livrer aux Américains, il est localisé dans les massifs montagneux d’Afghanistan. Grâce à l’ISI, les renseignements pakistanais, il parvient toutefois à s’échapper au Pakistan. Le président George W. Bush réclame que Ben Laden soit capturé « mort ou vif », et porte à 25 millions de dollars la prime pour toute information qui aiderait à son arrestation.

En octobre 2001, l’administration Bush lance, avec l’appui des pays occidentaux, la « guerre contre le terrorisme » en Afghanistan. En décembre, dans une vidéo diffusée par Al-Jazeera, Ben Laden déclare que les attentats du 11 septembre visaient le soutien de Washington à Israël.

En 2003, Donald Rumsfeld, le secrétaire à la Défense des États-Unis, ordonne l’attaque contre l’Irak, accusant le parti baasiste de Saddam Hussein de soutenir le terrorisme international.

Khalid Cheikh Mohammed, arrêté en 2003, reconnaîtra sa responsabilité dans l’organisation des attentats du 11 septembre lors de son procès qui s’est ouvert en janvier 2021. Il est à ce jour détenu au camp de Guantánamo à Cuba.

La traque contre Ben Laden s’intensifie à partir de 2007 et s’achève le 2 mai 2011, pendant la présidence Obama, quand il est abattu lors d’une opération commando à Abbottabad au Pakistan. L’annonce de sa mort par Barack Obama déclenche une vague de célébrations aux États-Unis et George W. Bush saluera « une grande victoire pour les États-Unis. »

Ayman Al-Zawahiri, qui a pris la suite de Ben Laden à la tête d’al-Qaïda, serait aujourd’hui, à l’âge de 70 ans, quelque part en Afghanistan.

https://www.rfi.fr/fr/connaissances/20210911-oussama-ben-laden-al-qaïda-et-la-genèse-des-attentats-du-11-septembre-2001