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SECTEUR PUBLIC/VIE ECONOMIQUE


De 2015 à 2019, les politiques d’exonération fiscale ont coûté au trésor public sénégalais 3 447 milliards de FCFA. Par année, le montant oscille entre 648 milliards FCFA et 750 milliards FCFA d’après une série de rapports rendus publics par les services du ministère des Finances et du Budget.

Les exonérations fiscales sont des faveurs ou des privilèges dont jouissent certains contribuables, car leur taxation déroge au système de taxation de droit commun. Elles sont également perçues comme des dispositions fiscales dérogatoires induisant un coût pour le budget de l’État.

A travers la publication de ces documents, l’Etat affiche son ambition de se conformer à la Directive n° 01/2009 du 27 mars 2009 portant Code de transparence dans la gestion des finances publiques au sein de l’UEMOA. Laquelle directive demande aux Etats membres d’annexer au projet de loi de finances le montant des dépenses fiscales ou exonérations fiscales. 

Même si ces dépenses fiscales constituent un manque à gagner pour les caisses de l’Etat, elles sont, toutefois, des outils indispensables de politique économique et sociale à la disposition de l’Etat pour appuyer certaines couches de la population ou certains secteurs d’activité. Elles font partie également des instruments pour instituer un climat des affaires incitatif et propice aux investissements, notamment étrangers.

Au titre de l’exercice 2019, l’analyse de la contribution de chaque bénéficiaire révèle une répartition inégale de la dépense fiscale. En effet, les ménages ont été les premiers bénéficiaires des exonérations avec 357,2 milliards FCFA, soit 47,6% des exonérations. Les entreprises à leur tour en ont profité pour un montant de 144 milliards soit 19,2% en valeur relative. Les collectivités publiques ont représenté 22,9% de ces dépenses fiscales, le reste revenant à d’autres types de bénéficiaires dans le cadre d’accords particuliers nationaux et internationaux, les accords de sièges, etc.


Depuis ces dernières semaines, le Sénégal renoue avec des saisies répétitives de faux billets de banques pour des montants exorbitants. Ces pratiques devenues de plus en plus fréquentes portent un sacré coup à l’économie nationale et au système financier. Face à ce contexte, l’on se demande s’il ne faudrait pas repenser les sanctions pour les rendre beaucoup plus corsées.

Le Sénégal est-il devenu la plaque tournante du faux monnayage dans l’Afrique de l’Ouest. Tout porte à le croire. Les saisies de faux billets dans la capitale sénégalaise et d’autres villes de l’intérieur du pays deviennent de plus en plus monnaie courante. La dernière opération de saisie remonte le 7 juillet avec une somme de 274 milliards de FCFA saisie dans le département de  » Keur Massar  » (banlieue dakaroise). Avant cette récente opération, la Section de recherches de la gendarmerie avait intercepté une enveloppe dont le montant était estimé à deux milliards d’euros soit près de 1 300 milliards de FCFA en mai 2020. Ces injections de liquidités dans le circuit économie causent d’énormes dégâts aux activités économiques et au fonctionnement du système financier d’autant qu’elles ne sont pas retracées dans le Tableau des opérations financières de l’Etat (Tofe). Ces pratiques frauduleuses installent également un manque de confiance au sein des agents économiques qui deviennent de plus en plus méfiants.  

L’expert financier, Nicolas ETOYI, tente d’analyser les facteurs ayant contribué à la recrudescence de ce fléau. D’abord, il note que même si le faux monnayage date de plusieurs années, le phénomène est devenu plus fréquent. Il explique que ces saisies de faux billets sont dues au fait que déjà l’argent des banques ne circule pas véritablement dans la vie économique du Sénégal. Il ajoute que la pauvreté a créé d’autres criminels spécialisés dans la contrefaçon billets de banque.  » Puisqu’il y a des criminels qui circulent avec des faux documents sans être inquiétés, l’on ne doit pas être surpris si on voit des gens opérer tranquillement dans la contrefaçon et le faux monnayage. Autant de facteurs qui contribuent à la persistance de ce fléau et à la dégradation du tissu économique « , analyse M.  ETOYI.

S’agissant des conséquences sur l’économie, l’expert financier indique que la circulation des faux billets est préjudiciable à l’économie du Sénégal et qu’il faudra attendre des années avant que les effets ne se manifestent.  » Le faux monnayage va modifier le système de fonctionnement de l’économie informelle, qui est le socle de l’économie nationale. L’impact sera gravissime, car il changera également le dispositif de la banque centrale qui est le garant de la monnaie. Et sur le plan monétaire et économique, les conséquences du faux monnayage sont très graves, puisque que la monnaie est essentiellement basée sur la confiance « , relève Nicolas ETOYI. D’après cet expert, la circulation de fausse monnaie peut compromettre l’économie nationale, fragiliser les établissements financiers du pays et mettre en péril le fonctionnement de la société à caractère informel. A l’en croire, la fausse monnaie alimente l’économie souterraine du Sénégal et finance les activités des réseaux criminels organisés et des terroristes de nos jours.  » Le danger est déjà là ! « , prévient M. ETOYI.

En vue de remédier à ce fléau qui porte un préjudice à l’économie nationale et au système financier, l’expert financier propose quelques pistes. Il appelle, dans un premier temps, à renforcer les services de sécurité et de défense, et dans un second temps, à sensibiliser les populations à cette agression à la sécurité nationale. Pour lui, la meilleure façon de se protéger contre le faux monnayage consistera à bien connaître les éléments de sécurité des vrais billets de banque aussi bien pour la monnaie locale (le Franc FCFA ) que les devises étrangères (euros, dollars…). Au-delà des actions qui doivent être mises par les autorités sénégalaises, il est autant urgent d’adopter une approche globale pour pallier à la recrudescence du faux monnayage. A ce titre, il serait essentiel de corser les sanctions prévues dans la loi uniforme relative à la répression du faux monnayage et des autres atteintes aux signes monétaires dans les Etats membres de l’UMOA, adoptée par le Conseil des ministres les 24 et 25 juin 2016 à Lomé.

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Malgré les efforts consentis par l’Etat, l’industrie hôtelière et touristique peine toujours à se relever de la crise consécutive à la Covid-19.

L’industrie hôtelière et touristique est à bout de souffle. Les signaux sont au rouge, le bout du tunnel encore loin. « Nous sommes dans un état de paralysie totale avec des chiffres d’affaires divisés par 10 pour la plupart d’entre nous. Sans compter ceux qui ont purement et simplement fermé leurs entreprises à cause des restrictions qui freinent l’activité touristique », a fait savoir Mamadou Racine Sy, le président de la Fédération des organisations patronales de l’hôtellerie et du tourisme (FOPAHT).

Présidant ce lundi à Dakar le forum régional sur l’impact de la pandémie sur les entreprises hôtelières et touristiques dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), M. Sy a soutenu que son secteur d’activité a été « le plus impacté (par la Covid-19) avec le cortège de morts, de licenciements, de fermeture d’entreprises… »

« La pandémie a été d’une ampleur inédite. Une violence jamais égalée a été exercée sur notre secteur », a-t-il dit, soulignant que l’impact est si considérable qu’il faudra quelques années pour pouvoir le mesurer.

Quid de la reprise ? Pour le PDG du complexe hôtelier King Fahd Palace, ce n’est qu’en « 2023 qu’on pourra parler de reprise, d’autant plus qu’on parle de troisième vague et les cas augmentent à une vitesse exponentielle. »

« Nous sommes dans une phase de résilience. Nous avons cependant espoir pour un avenir meilleur pour le secteur touristique au niveau de l’espace UEMOA, même s’il est sinistré (…). Il sera très difficile de refermer les plaies », a-t-il indiqué.

Il assure toutefois que les acteurs vont se battre pour que la liberté d’aller et de venir soit une réalité dans l’espace UEMOA et dans la zone CEDEAO.

Mamadou Racine Sy a profité de l’occasion pour dénoncer le « complexe » des africains envers l’Occident. « Dans nos pays, nous sommes pleins de complexes. Quand ça vient de l’étranger tout le monde applaudit, quand ça vient de chez nous, les gens critiquent », a-t-il pesté.

Pour le président de la FOPAHT, il est nécessaire que nous apprenions à visiter les sites de nos pays. « Tant que nous n’avons pas cette conscience, cette volonté de vivre en commun et de favoriser ce tourisme intra africain, nous n’irons pas loin. Si on n’a pas ce nationalisme africain, on passe à côté », a noté M. Sy.

 

Les chefs d’entreprises opérant dans l’industrie au Sénégal se sont plaints de l’approvisionnement difficile en matières premières et des difficultés de recouvrement des créances au mois d’avril 2021, selon les résultats d’une enquête d’opinion réalisée par la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE) basée à Dakar.

La DPEE souligne en effet que les chefs d’entreprises que ses équipes ont enquêtés ont majoritairement évoqué l’approvisionnement difficile en matières premières (40%) et les difficultés de recouvrement des créances (40%) comme étant les principaux facteurs qui limitent le développement du secteur.

Loin derrière ces deux facteurs, l’enquête de cette structure a relevé la concurrence supposée déloyale (24%) et l’insuffisance de la demande (20%) comme autres contraintes. << Par ailleurs, le climat des affaires s’est dégradé (-9,3 points) dans le sous-secteur, en rythme mensuel, sous l’effet des orientations négatives des soldes d’opinion relatifs à la production, aux commandes et aux perspectives de commandes>>, signale la DPEE.

Concernant le sous-secteur des bâtiments et travaux publics (BTP), les contraintes les plus citées par les entrepreneurs interrogés sont le recouvrement difficile des créances (80%) et l’insuffisance de la demande (60%). Néanmoins, le climat des affaires s’est légèrement amélioré de 0,1 point dans le sous-secteur, en rythme mensuel, en liaison avec l’orientation particulièrement favorable du solde d’opinion relatif aux commandes publiques.

Dans le sous-secteur des services, les chefs d’entreprise interrogés par la DPEE ont majoritairement relevé les difficultés de recouvrement des créances (50%), la concurrence jugée déloyale (40%), la fiscalité (30%) et l’insuffisance de la demande (30%) comme principales entraves à l’activité en avril 2021. <<Toutefois, le climat des affaires s’est amélioré de 10,2 points dans le sous-secteur, en rythme mensuel>>, indique la DPEE qui ajoute que cette situation traduit la bonne orientation des soldes d’opinion relatifs au chiffre d’affaires et aux tarifs pratiqués. L’optimisme des interrogés quant aux perspectives de tarification des services a, aussi, contribué à l’amélioration de l’indicateur du sous-secteur.

Globalement, le climat des affaires au Sénégal s’est amélioré en avril 2021. L’indicateur qui le synthétise, calculé sur la base des soldes d’opinion des chefs d’entreprises, a ainsi gagné 2,5 points au-dessus de sa moyenne de long terme qui est de 100 points. La DPEE note que cette nette amélioration traduit le gain de confiance des entrepreneurs de BTP et prestataires de services.

La BAD annonce un décaissement de 65 millions d’euros, soit 42,6 milliards FCFA, au profit du Sénégal afin d’appuyer les réformes fiscales engagées dans le cadre du programme PAMRER lancé en 2019. Il s’agit d’un programme visant à renforcer la mobilisation des ressources intérieures et à améliorer l’environnement des affaires.

Ce nouveau financement va permettre de consolider les acquis de la première phase du projet (interrompue en 2020 en raison de la crise sanitaire) et aura notamment pour objectif  » la mise en place de cadres juridiques et opérationnels pour la transparence fiscale et l’échange automatique de données « , de renforcer la transparence des mesures fiscales et de les aligner sur le nouveau code des investissements et la politique industrielle, explique la BAD.

La réforme a également pour ambition d’accompagner la création des zones économiques spéciales, la mise en place de la nouvelle loi sur les partenariats public-privé, l’ élaboration une nouvelle stratégie de développement du secteur privé et une meilleure gestion des risques liés à l’endettement public.

Le PAMRER (une phase 3 est prévue) devrait ainsi à terme contribuer élargir l’assiette fiscale et renforcer la gouvernance du secteur.

Selon les données de l’OCDE, en 2018, le taux de pression fiscale (ratio impôts/PIB) était de 16,5%, un niveau jugé faible pour permettre au pays de financer efficacement son développement. A titre de comparaison, ce ratio était de 27,8% au Maroc, 29,1% en Afrique du Sud et de 34,3% pour les pays de l’OCDE.


Le produit intérieur brut (PIB) réel du Sénégal a enregistré une hausse de 0,9% au premier trimestre de l’année 2021, annonce l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ands).

Cette évolution est imputable à l’accroissement des valeurs ajoutées des secteurs secondaires (6,0%) et tertiaire (1,4%), indique le rapport intitulé : « les comptes nationaux trimestriels » de l’Ands, publié ce mercredi 30 juin 2021. Toutefois, cette croissance a été amoindrie par la contraction de la valeur ajoutée du secteur primaire (-6,4%) et des taxes nettes de subventions sur les produits (-0,3%), indique la même source.

L’Agence nationale de la statistique et de la démographie relève cependant que l’économie sénégalaise a enregistré un repli de 0,4% de la consommation finale par rapport au quatrième trimestres de 2020.

Le lancement de l’Eco, la monnaie unique de la Communauté Économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), aura lieu en 2027. C’est l’une des résolutions prises par les 15 Etats membres à l’issue du sommet tenu le 19 juin 2021 à Accra (Ghana). Cette feuille de route est accompagnée d’un nouveau pacte de convergence qui couvrira la période 2022-2026 et 2027 sera l’année de lancement de l’Eco », a précisé le président de la commission de la Cédéao, Jean-Claude Kassi Brou. 

A rappeler  que le pacte de convergence avait été suspendu pour les exercices 2020 et 2021 afin de permettre aux États de faire face à la pandémie du Covid-19. Au delà de la question conjoncturelle, la CEDEAO divisée en une zone homogène, à savoir l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA) et en une zone hétérogène, la ZMAO, n’est pas sur un même stade d’expérience de gestion commune de la monnaie et des pactes  de convergence. La date de 2027 sera-t-elle suffisante pour permettre au Nigeria de faire sa mue en mettant de l’ordre dans ses finances ?  

LA DIASPORA SÉNÉGALAISE AU RENDEZ-VOUS DE L’INVESTISSEMENT

 


Investir au Sénégal n’est pas une mince affaire. Conscients de cette difficulté, les entrepreneurs se mobilisent à l’instar de Fatoumata Lo et Amath Anne, fondateurs d’AFSI et co-organisateurs du salon Meet Sénégal qui a lieu ce 19 juin. Du Sénégal, en passant par la Barbade, la France et l’Australie, les Sénégalais de la diaspora se sont donné rendez-vous. Un mot d’ordre en tête : investir !

La pandémie n’a pas eu raison de leur détermination. Elle l’a même décuplée. Amath Anne et Fatoumata Lo, fondateurs d’AFSI, organisent leur premier salon de l’immobilier et de l’investissement en ligne dédié au Sénégal. «Depuis plusieurs années, on sent que la diaspora implantée dans le monde tend à investir au pays. Mais le manque d’informations et la fiabilité des acteurs sur le terrain peuvent engendrer de la frustration», indique Amath Anne.

Il faut dire que les désillusions n’ont pas manqué par le passé : constructions inachevées, détournement des fonds et entreprises peu scrupuleuses, la liste est longue mais les solutions existent. «Parmi nos panélistes et partenaires, nous travaillons avec des pointures dans leur domaine», indique Fatoumata Lo. La chambre des notaires du Sénégal sera également représentée. Il faut dire que le salon a très bonne réputation aux yeux des autorités sénégalaises. «Nous avons déjà reçu plusieurs ministres, directeurs de cabinets. L’ensemble des acteurs savent que séduire un investisseur requiert beaucoup de confiances. Et aujourd’hui, la méfiance doit laisser place à la confiance», indique-t-on au sein de l’organisation qui attendait pas moins de 2.000 personnes connectées durant la journée du 19 juin pour le salon Meet Sénégal.

Africanité, mondialisation et innovation… un cocktail détonnant

La résilience aussi a été un élément moteur de l’organisation de l’événement. «Très tôt, en début d’année, nous avons mobilisé notre équipe pour obtenir un résultat qui répondra aux attentes», expliquent-ils. Il  faut dire que l’organisation a vu grand pour cet événement. «Nous avons invité la diaspora sénégalaise installée en Asie, en Australie, en Europe jusqu’à la Barbade en passant par les USA et les autres pays africains. Cela est rendue possible grâce au digital», analysent-ils. La pandémie a en effet rebattu les cartes dans un secteur où l’ensemble des acteurs ne juraient que par le présentiel.

Hormis le caractère mondialisé, ce sont aussi les thématiques abordées qui lui donnent une tonalité particulière. «La blockchain est un sujet d’avenir qui peut complètement changer la manière de faire du business dans ce secteur. Cela vise complètement à rassurer les investisseurs et permet aux autorités de trancher facilement en cas de litige sur le foncier», indique-t-on du côté des organisateurs.

La diaspora et l’investissement: une passion, envers et malgré tout..

Est-ce un paradoxe ou l’amour du pays qui est plus fort que l’esprit de contrainte ? Il s’avère, en tout cas, que la diaspora multiplie les investissements… malgré la pandémie et les mauvaises péripéties qui y sont liées. Selon la Banque mondiale, les transferts d’argent ont reculé de 20% l’an dernier en raison de la pandémie. Pourtant, la volonté d’investir n’a pas faibli.

«Durant cette période, certains membres de la diaspora se sont rendus au Sénégal. Cela a réveillé les velléités de retour au pays ou d’investissement pour effectuer des allers-retours», analyse Amath Anne. C’est ce vent de fraîcheur qui amènera sans doute un grand nombre à convertir leur intérêt en acte d’investissement concret. Et cela passera forcément par ce type de rencontres que la pandémie ne saurait stopper.

 

MOBILE MONEY : LA GUERRE DES TARIFS  ENTRE ORANGE ET WAVE MET A TERRE LES GÉRANTS DE MULTI SERVICES

 

À la suite de la publication des nouveaux barèmes des frais de services pour les opérations de monnaie électronique par Orange Money, les intermédiaires et prestataires de ce service ont décidé de facturer les opérations de dépôts et de retraits d’argent directement dans leurs points de service.

La guerre des prix qui fait rage entre Orange Money et la fintech Wave au Sénégal menace la survie de milliers de personnes qui s’activent dans le transfert d’argent électronique. En effet, pour s’aligner sur les tarifs bas de son concurrent Wave, la compagnie téléphonique Orange a largement revu à la baisse les tarifs de transfert d’argent via Orange Money. Pour un retrait de 5.000 francs, les frais sont maintenant de 25 francs contre 350 auparavant. Soit une chute drastique de 80 %.

Sauf que dans sa quête de compétitivité, Orange Sénégal a également baissé la rémunération destinée aux revendeurs d’Orange Money. Face à cette situation qui réduit pratiquement à néant leurs revenus provenant de ce service, les prestataires ont décidé de facturer ces transactions indépendamment des tarifs fixés par les deux opérateurs. Objectif : pouvoir vivre de cette activité refuge de plusieurs jeunes diplômés et sans emploi.

Si le président de l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen), Momar Ndaw, dit « partager leur préoccupation », il rappelle cependant que « ce n’est pas aux consommateurs qu’ils doivent faire subir une guerre interne à leur système. »

Et face au tollé provoqué par ces nouvelles tarifications, le Cadre Permanent de Concertation des Prestataires du Transfert d’Argent regroupant le Réseau national des prestataires du transfert d’argent (Renapta) et l’Association sénégalaise des acteurs du transfert d’argent (Asata) a saisi, à travers un mémorandum, l’Observatoire de la Qualité des Services Financiers (OQSF) pour se faire entendre.

À ce titre, une réunion d’harmonisation et d’échanges s’est tenue ce mardi dans les locaux de l’OQSF, en vue d’étudier les voies et moyens devant permettre de renforcer l’attractivité de l’activité de monnaie électronique au bénéfice de toutes les parties prenantes.

Au sortir de cette rencontre, aucune décision majeure n’a été annoncée, mais le directeur exécutif de l’OQSF, Habib Ndao, a indiqué que les discussions vont se poursuivre pour trouver une issue favorable à cette crise.

« L’ensemble des préoccupations des consommateurs et de tous les autres acteurs seront recensées dans un mémorandum qui sera remis au ministère des Finances et du Budget et aux autorités monétaires, notamment la Banque centrale. Cela, pour trouver une aide à la décision qui prend en compte l’ensemble des préoccupations des uns et des autres », a-t-il dit.

« De par les discussions, ce qui a été retenu est que chaque opérateur impliqué rencontre les acteurs du secteur pour discuter de manière détaillée sur les possibilités de trouver un terrain d’entente qui leur permettrait de revenir, lors d’une deuxième rencontre en plénière, pour partager les résultats de ces discussions et finaliser un accord qui permettrait de préserver à la fois les intérêts des consommateurs, la santé et l’existence du marché et l’intérêt des distributeurs », a fait savoir Momar Ndao.

La Fintech Wave va ainsi recevoir les prestataires du service de transfert d’argent cette semaine, « à condition qu’ils suspendent les frais supplémentaires qu’ils ont augmentés », a soutenu la directrice générale de Wave au Sénégal, Coura Tine. Orange Finance Mobile recevra quant à lui les détaillants du transfert d’argent la semaine prochaine.

En attendant le résultat de ces rencontres, les acteurs du transfert d’argent vont retrouver leur base pour essayer de trouver une solution de faire dépérir les barèmes qu’ils ont imposés à la suite des modifications des tarifs des opérateurs.

« On a déroulé une stratégie de provocation pour arriver à un but et on l’a atteint. À travers cette augmentation, nous voulions tout simplement assurer la survie d’un secteur qui emploie des milliers de Sénégalais. Nous avons obtenu cette discussion et sommes confiants quant à l’issue heureuse de ces négociations », s’est réjoui le président du Renapta, Khalil Ndiaye.

Une seconde rencontre dont la date n’est pas encore fixée est donc prévue pour régler ce différend qui pourrait entraîner un surcoût financier pour les usagers finaux des services de transfert d’argent.

 

Sur les 132 banques que compte  la zone UEMOA, 10 se sont distinguées comme les plus profitables en 2019 avec des niveaux de rentabilité représentant parfois jusqu’à 74% de leurs chiffres d’affaires.

Entendons par profitabilité, la marge nette générée par la banque qui est le  rapport du résultat net par le PNB (produit net bancaire, le chiffre d’affaires). Ce ratio permet de mesurer la part que représente le profit dans le revenu généré par ces établissements.  

Dans ce classement qui repose sur des données de la BCEAO (banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest),  c’est l’Union togolaise de banque (Togo) qui s’approprie la 1ere place avec un niveau de rentabilité de 74,23% adossé à un bénéfice de 11,579 milliards FCFA pour un chiffre d’affaires de 15,598 milliards FCFA. La filiale ivoirienne du groupe  Coris Bank arrive au 2e rang avec une profitabilité de 53,57%. Dans ce top 10, la Côte d’Ivoire a raflé 4 places, suivi du Burkina Faso représenté par 3 banques. Pour espérer voir une banque du Sénégal, il faut remonter jusqu’aux  5e et 9e rangs.

Le groupe bancaire burkinabé Coris Bank a aligné 2 filiales dans ce classement  notamment celles de la Côte d’Ivoire à la 2e place et du  Burkina Faso à la 3e place.

Au regard de ces résultats, les plus importantes banques de la région en termes de total bilan n’offrent pas toujours les meilleures performances. C’est le cas de la Société Générale dont aucune des filiales dans la sous-région ne figure même dans le top 20.