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CULTURE

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Le chef de l’Etat a pris une important mesure, hier, lors de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres. Macky Sall a demandé au ministre de la Communication et au Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) de renforcer l’encadrement des contenus et programmes audiovisuels pour éviter la diffusion d’émissions et de films « dont les contenus heurtent nos valeurs culturelles [et] républicaines ».

Le président Sall dit avoir constaté la récurrence de la diffusion d’émissions et de films dont les contenus heurtent nos valeurs culturelles [et] républicaines. Pour mettre fin à la diffusion de tels contenus, il a demandé au ministre chargé de la Communication et au CNRA de dérouler les mesures législatives et réglementaires appropriées. « Il faut renforcer l’encadrement strict des contenus et programmes audiovisuels, conformément aux principes et valeurs de la République », a-t-il dit. Avant de relever : « La publication des messages publicitaires qui remettent en cause l’image de nos institutions, l’autorité de l’Etat, l’unité nationale et la stabilité sociale ».


La Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav) a démarré, lundi, le paiement des droits numériques aux artistes pour un montant global de 54 millions 104 mille 116 francs CFA.

Ce montant concerne le premier semestre 2021, précise la Sodav, dans un communiqué de presse.

Le paiement de ces droits numériques est destiné aux auteurs de musique et chanteurs religieux. 

Pour la musique, les ayants droit se partageront la somme de 20 millions 898 mille 455 francs CFA, tandis qu’une enveloppe de 33 millions 205 mille 661 francs CFA sera répartie entre les auteurs religieux. 

La présidente du conseil d’administration (PCA) de la Sodav, Ngoné Ndour, a été réélue pour un mandat de trois ans lors d’une assemblée générale organisée par la Sodav en juin dernier. 


« La mort plane sur nos têtes

De grâce arrêtons de faire la  fêtes

Il ne faut surtout pas que l’on s’entête.

Tu as des courbatures, une fièvre et des maux de tête ,

Consulte vite ton médecin il t’en dira plus lui qui a les choses en tête

Attention Covid 19 est un cancre sadick et sans tête.

Avec son épée  » Delta », tu le défi il te coupe la tête

Aveugle et enragé, il ne fait aucune distinction il ne reconnaît aucune tête

Covid est un missionnaire qui n’épargne aucun peuple ni ceux qui sont à leur tête

Il mute évolu , résiste et tue , par jour il s’empare de plusieurs têtes.

De grâce arrêtons de faire la fête,

Il ne faut pas que l’on s’entête

Respectons les mesures barrières évitons d’être des êtres sans tête,

N’acceptons pas d’être des propagateurs du virus, de grâce utilisons nos têtes

Nul n’est à l’abri de Covid , nous sommes tous exposés, de grâce il ne faut pas que l’on s’entête.

L’heure est grave et pas propice pour faire la fête.

*TACKEUHLENE SÉNE MASQUE RAKHASS SENI YOKHO TALLALKO MAWLANAA NGUIR MOU DIEULÉ FI CORONA* 😷😷😷😷 »

IBRAHIMA KHALIL DIENG

#IKD

 


Les organes de diffusion doivent se conformer à la réglementation et exiger un quitus préalablement à toute diffusion de film ou série, plaident des organisations se prévalant de la défense des valeurs morales, en accord avec la direction de la cinématographie.

 

Ce plaidoyer fait suite à une audience accordée mardi par le directeur de la cinématographie Germain Coly à l’ONG Jamra et au Comité de défense des valeurs morales (CDVM), sur demande de ces deux organisations.

 

Dans un communiqué portant sur cette audience, les parties concernées disent avoir plaidé, lors de cette rencontre, « l’exigence, par les organes de diffusion, d’un quitus signé par la direction de la cinématographie avant d’accepter toute diffusion de films ou de séries sur leurs chaînes de télévision ou en public ».

 

Ils rappellent que cette mesure est conforme à l’arrêté 004003/MC/DCI portant composition et organisation de la Commission nationale de contrôle et de classification de films cinématographiques.

 

L’ONG Jamra était représentée à cette audience par Mame Mactar Guèye, et ses partenaires du CDVM de l’ONG « Daral Qurane » par Adama Mboup.

 

Ils étaient venus faire part au directeur de la cinématographique de leurs « préoccupations relativement aux dérives audiovisuelles récurrentes, à l’actif de certains producteurs de séries télévisées, dont certaines séquences heurtent régulièrement la sensibilité de l’opinion publique ». 

 

Cette rencontre fait suite à une déposée par ces organismes de défense des valeurs morales auprès de la direction de la cinématographie, suite aux « dérives récentes » qu’elles disent avoir constaté dans la production et la diffusion de films jugés « en déphasage avec nos valeurs culturelles ».

 

Jamra et ses partenaires ont réitéré, à cette occasion, leur confiance à l’endroit de la direction nationale de la cinématographie, dont « l’importance de la mission dans la protection de nos valeurs n’est plus à démontrer ». 

 

Ils disent toujours compter sur « la perspicacité des services de cette structure de veille, pour passer au crible les produits audiovisuels qui (…) font ouvertement la promotion de contre-valeurs ». 

 

Aussi les organisations concernées ont-elles exprimé à la direction de la cinématographie « leur satisfaction de voir le cinéma sénégalais constituer, dans le département de la culture, le secteur le plus doté en textes législatifs et réglementaires, rehaussé par la performance d’un registre cinématographique national d’identification, à l’image de la base de données de l’état civil ». 

 

Elles ont « salué à sa juste valeur la mission avant-gardiste de la direction nationale de la cinématographie dans la sauvegarde, en amont, de nos valeurs socio-culturelles et dans le maintien de la performance de l’industrie cinématographique sénégalaise ».

 

Les organisations concernées déplorent toutefois qu’une « nouvelle génération de producteurs s’active depuis un certain temps à créer des séries qui ne cessent de défrayer la chronique en suscitant de vives indignations dans l’opinion, relativement à leur excessive tendance au libertinage attentatoire à nos bonnes mœurs ».

 

Le directeur de la cinématographie, Germain Coly, rappelant les dispositions législatives et réglementaires en vigueur dans le secteur du cinéma, a invité producteurs et réalisateurs au respect de la loi sur les autorisations de tournage. 

 

« Il ne sera désormais toléré aucun tournage de film sans autorisation », a réaffirmé M. Coly, dans les propos rapportés par le communiqué. 

 

Dans ce sens, il invite les producteurs et réalisateurs à déposer leurs dossiers de demande de tournage à la direction de la cinématographie au moins un mois avant le début du tournage.

 

La direction de la cinématographie avertit qu’elle peut s’opposer au tournage de tout film ou série dont le contenu du scénario compte des séquences « susceptibles de porter atteinte » à l’ordre public, à la sécurité nationale (prises de vues de zones classées « secret défense ») ou aux bonnes mœurs. 

 

« Le cas échéant, l’autorisation de tournage pourrait être légalement refusée par la direction de la cinématographie. A moins que le scénario incriminé soit remanié », fait valoir le directeur Germain Coly. 

 

Il rappelle que le non-respect de la loi est passible de sanction pouvant aller de l’amende financière au retrait du produit.

 

 

« En cas de violation de ces dispositions légales (…) il sera procédé, en partenariat avec les forces de sécurité publique, à la saisie du matériel de tournage et des négatifs, assortie d’une amende de 3 à 10 millions de F CFA, pour le long-métrage ou la série. Et de 1 à 5 million de F CFA pour le court métrage », précise-t-il.

 

La direction de la cinématographie, l’ONG Jamra et le Comité de défense des valeurs morales ont convenu de tenir des rencontres régulières en vue de continuer à échanger « sur les problématiques du secteur ». 

 

Ils espèrent de cette manière apporter des solutions en amont aux « malentendus qui ne peuvent manquer de surgir entre les acteurs de l’industrie cinématographique et audiovisuelle et ceux de la grande famille consumériste sénégalaise ».

 

Suite aux nombreuses plaintes contre la maison de production Events prod et surtout contre leur dernière série intitulée  “Infidèles”, le Conseil National de Régulation de l’audiovisuel vient de sévir.  Des sanctions ont été proférées à l’encontre de cette production cinématographique.

Dans un communiqué, le CNRA renseigne qu’il est désormais interdit aux télévisions sénégalaises de publier tout contenu de la série ainsi que la bande annonce de la saison 3.

Selon l’organe de régulation, “le contenu de la série incite à des pratiques sexuelles jugées déviantes ou contraires à la morale ou aux bonnes mœurs, incite à la débauche, à la pornographie et à la prostitution”. Pis, “Infidèles porte atteinte aux valeurs, sensibilités, identités culturelles et religieuses” sénégalaises.

La CNRA rappelle que le non-respect de sa decision expose le ou les télévisions responsables aux sanctions prévues par la loi numéro 2006-04 du 4 janvier 2006 portant création du CNRA et par la loi numéro 2017-27 du 13 juillet 2017 portant sur le code de la presse.

Pour rappel 48 plaignants se sont adressés au CNRA pour l’arrêt de la série. Ce, depuis la diffusion de l’épisode 52 où on y voit une image jugée très osée qui met en scène l’actrice Léna Gueuye.

« Climat », le nouvel album international du chanteur et compositeur sénégalais, Oumar Pène, est un « cri de cœur » et un appel à une prise de conscience sur la réalité et les dangers liés au réchauffement climatique et au terrorisme.

 

Fidèle à son engagement, le chanteur interpelle le monde sur les défis de l’heure, marquant ainsi son retour sur le marché musical international, huit ans après son dernier disque intitulé « 40 ans en musique ».

 

« Le Climat est une situation qui nous interpelle tous. Le réchauffement climatique est quelque chose qui existe. Je vois des gens qui n’y croient pas, alors que cela doit interpeller les consciences », a déclaré Oumar Pène à l’issue d’une séance d’écoute et une présentation de l’album à la veille de sa sortie sur les plateformes digitales.

 

Dans certains pays, il y a une avancée des océans avec les phénomènes côtiers qui font souffrir des populations et le Sénégal n’est pas épargné, a rappelé le chanteur en présence de journalistes et de fans triés sur le volet.

 

« Chez nous, dans la langue de Barbarie, à Saint-Louis, vous voyez ce qui s’y passe, les gens souffrent. Avec nos maigres moyens, si ces phénomènes nous tombent dessus, que ferions-nous ? », s’est interrogé le leader du Super Diamono, tout en soulignant la nécessité pour les décideurs de prendre davantage conscience de la situation.

 

« Si jamais un tsunami survient quelque part, cela peut créer des situations catastrophiques, pour éviter cela, nous devons prendre conscience que le réchauffement climatique est bien réel », a-t-il insisté

 

Sur un autre plan, Oumar Pène s’intéresse dans ce nouvel album à la question relative au terrorisme en sensibilisant notamment les jeunes.

 

« Il faut prendre conscience que les terroristes sont des gens puissants, assez riches, donc il faut protéger nos jeunes parce que s’ils n’ont pas du boulot pour subvenir à leurs besoins, ils deviennent des proies faciles, on peut les acheter pour les indiquer des chemins assez tortueux », a-t-il fait observer.

 

« Le Sénégal est épargné jusque-là, mais il ne faut jamais se dire que cela n’arrive qu’aux autres. Ce qui se passe dans les pays limitrophes peut nous arriver aussi », a averti l’artiste qui prie pour que le bon Dieu épargne encore le pays.

 

S’agissant du disque, tous les 9 morceaux sont des nouveautés « Won Naa la ko », « Wéthié », « Merci » ou encore « Emergence » sauf un « Fakatal » (une reprise chantée en 2003 dans l’album Kaarapit), chantés en wolof avec une couleur musicale « afro feeling » propre au « Super Diamano » adaptée à la jeune génération par le biais de l’ »afro pop » et de l’ »afro beat ». 

 

Les instruments à cuivre, une marque du Super Diamano, sont bien présents dans cet album réalisé par le bassiste sénégalais Hervé Samb, lequel avait déjà participé à la réalisation en 2013 du précédent album d’Oumar Pène.

 

Oumar Pène cultive le lien intergénérationnel en invitant le rappeur Faada Freddy dans son album avec le morceau « Lu tax ».

 

« C’est une bénédiction de faire un duo avec Oumar Pène, un grand maître, un parrain et un coach. Il nous a toujours transmis cette fureur de vaincre et ce courage d’aller de l’avant », a ainsi témoigné le rappeur qui considère Oumar Pène comme un « un symbole de réussite ».

 

A côté de cet album international orienté vers une consommation digitale, un autre disque sera mis sur le marché local réalisé par le bassiste Dembel Diop.

 

Oumar Pène reste constant dans sa musique avec ses rythmes et mélodies, une chose qu’il dit avoir cultivé toute sa vie durant.

 

« Cette musique, c’est toute une vie, c’est comme un tracé que l’on emprunte à chaque fois », a affirmé le chanteur qui prépare ainsi sa prochaine sortie à travers un traditionnel concert dédié à ses fans, le 14 août prochain.

 

 

Un film sur l’indépendance du Sénégal en avant-première au festival de Cannes. Il s’agit du film « Valdiodio N’Diaye, un procès pour l’Histoire » de la réalisatrice Amina N’Diaye Leclerc sera à l’honneur au prestigieux festival de Cannes en France, ce 9 juillet. Une occasion de mettre en lumière la lutte de Valdiodio N’diaye pour l’obtention de l’indépendance du Sénégal. Ce film, sera mis à l’honneur aux côtés d’autres productions cinématographiques en vue de faire connaitre son histoire à la face du monde.

En effet, « Valdiodio N’Diaye, un procès pour l’Histoire » est un film qui marque une remise en cause de la version officielle de l’histoire de l’indépendance du Sénégal. Dans ce long métrage, la réalisatrice Amina N’Diaye Leclerc interroge les sources crédibles qui racontent une autre version de l’histoire de l’indépendance du pays de la terranga.

D’après leurs témoignages, Valdiodio N’Diaye, héros de l’indépendance du Sénégal a été victime d’une accusation d’un coup d’Etat.  Né le 19 mars 1923 à Rufisque (banlieue dakaroise), Valdiodio N’Diaye est considéré comme le père de l’indépendance du Sénégal. Arrêté en décembre 1962 pour avoir fomenté un coup d’Etat aux côtés du président du Conseil, Mamadou Dia. Il sera libéré en avril 1974.

Dans ce film, l’ancien président de la République du Sénégal, Abdoulaye Wade et Robert Badinter, tous deux avocats au procès de 1963, ainsi que le Procureur général, Ousmane Camara racontent la mascarade de la procédure orchestrée par le président Léopold Sédar Senghor qui a éliminé́ avec la complicité́ de la France une équipe jugée trop souverainiste.

Le catalogue de l’inventaire national pilote du patrimoine culturel immatériel (PCI) du Sénégal a été rendu public ce mardi au Musée des Civilisations noires.

Le Sénégal dispose d’un riche patrimoine culturel immatériel (PCI). En effet, un inventaire pilote effectué dans les quatorze régions du pays par la Direction du Patrimoine culturel a permis de répertorier et de documenter 59 éléments, inscrits sur la liste représentative nationale du PCI.

Cet inventaire non exhaustif comprend entre autres « Le BÀKK », une déclamation poétique du lutteur dont la vocation est de présenter le palmarès de celui-ci ; « Le LAABAAN », rituel de célébration de la nuit nuptiale en milieu wolof ; « Le YARO », cérémonie publique festive organisée par les Peuls après une bonne saison pluvieuse…

Selon l’Unesco, le PCI désigne les traditions ou expressions vivantes héritées de nos ancêtres et transmises à nos descendants, comme les traditions orales, les arts du spectacle, les pratiques sociales, rituels et événements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ou les connaissances et le savoir-faire nécessaires à l’artisanat traditionnel.

Il s’agit de l’inventaire de cinquante-neuf éléments du patrimoine culturel immatériel avec la participation directe des communautés. Cet inventaire n’est pas figé. Il est voué à évoluer, à s’élargir et à vivre.

Au-delà du recensement de ces éléments du PCI, ce projet a permis la consolidation d’une masse critique d’expertise nationale sur la mise en œuvre de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

Quatorze directeurs de centres culturels régionaux, des représentants des communautés et quatre experts en patrimoine culturel immatériel ont ainsi été formés. Les experts sont devenus des référents nationaux qui ont été munis d’instruments conceptuels nécessaires pour réaliser des inventaires communautaires de manière opérationnelle.

Par ailleurs, plus de 25 acteurs engagés dans la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel du Sénégal ont acquis des notions fondamentales pour l’élaboration de plan de sauvegarde. Ces compétences seront utiles à la finalisation de plans de sauvegarde du patrimoine culturel et immatériel dans le futur.

En outre, quelque 500 personnes ont été directement touchées par les séances de sensibilisation durant cet inventaire. Un catalogue a été réalisé à ce propos pour restituer ce travail de sauvegarde auprès des communautés. Cet inventaire constitue aussi une expertise pilote d’introduction du PCI dans les enseignements.

Présidant la cérémonie la cérémonie officielle de Restitution de cet inventaire le ministre de la Culture et de la Communication, Abdoulaye Diop, a exhorté la direction du patrimoine culturel « à poursuivre et renforcer ce programme au-delà de cet inventaire pilote en élaborant des stratégies de valorisation à travers les systèmes éducatifs, la promotion des festivals des terroirs, de tourisme culturel et bien d’autres outils qui permettront au PCI de rester vivant ».

 

La 27ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) se tiendra du 16 au 23 octobre prochain. C’est le ministère burkinabè de la Culture, des Arts et du Tourisme qui a procédé au lancement des activités entrant dans le cadre de la célébration de la biennale du cinéma africain, le lundi 21 juin.

L’évènement était Prévue detrey tenu au mois de février 2021, mais il a été reportée suite à la crise sanitaire liée au Covid-19. C’est donc partie pour cette 27e édition qui a pour thème : « Cinémas d’Afrique et de la Diaspora : nouveaux regards, nouveaux défis ».

Le Sénégal est le pays invité d’honneur. Le comité d’organisation entend réussir ce rendez-vous avec le maintien de toutes les activités prévues et des innovations. Le comité de sélection travaille au choix des films. A en croire les confrères burkinabé, c’est un total de 1132 films qui sont sur la table du comité d’organisation qui est à pied d’œuvre pour une sélection.

Selon le délégué général du festival, pour cette année, « la Place de la révolution, cette année, est réservée à des projections grand public ».

 

(Extrait du chapitre 17 pages 136-151 du tome-1 du livre « Géostratégie Africaine » de Jean-Paul Pougala – IEG 2012)

A- Les vraies raisons de la guerre En Libye
1- Manque à gagner pour l’Occident à cause du premier satellite africain RASCOM 1

C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance ; pour la première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio WMAX.
L’histoire démarre en 1992, lorsque 45 pays africains créent la société RASCOM pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent. Téléphoner de et vers l’Afrique est alors le tarif le plus cher au monde, parce qu’il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l’Europe encaissait tous les ans sur les conversations téléphoniques, y compris à l’intérieur du même pays africain pour le transit des appels vocaux sur les satellites européens comme Intelsat. Un satellite africain coûtait uniquement 400 millions de dollars sans autre frais et autorisait à ne plus payer les 500 millions de location par an.
Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l’équation la plus difficile à résoudre était : comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation servile de son maître en sollicitant l’aide de ce dernier pour y parvenir ? Ainsi, la Banque Mondiale, le FMI, les É.-U., l’Union européenne ont fait miroiter inutilement ces pays pendant 14 ans. C’est en 2006 que Kadhafi met fin au supplice de l’inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant des prêts à taux usuraire ; le guide libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, la Banque africaine de Développement a mis 50 millions, la Banque ouest-africaine de Développement, 27 millions et c’est ainsi que l’Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire.
Dans la foulée, la Chine et la Russie s’y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites pour divers pays africains et un deuxième satellite est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020 le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût 10 fois inférieur, un vrai défi technologique.
Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions de dollars peut changer la vie de tout un continent.
La Libye de Kadhafi a fait perdre à l’Occident non seulement 500 millions de dollars par an, mais les milliards de dollars de dettes et d’intérêts permettant de générer de l’argent à l’infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l’Afrique.

2- Fonds Monétaire Africain, Banque Centrale Africaine, Banque Africaine des Investissements

Les 30 milliards de dollars saisis par Obama appartiennent à la Banque Centrale Libyenne et constituent sa contribution à la finalisation de la fédération africaine à travers 3 projets phare : la Banque Africaine d’Investissement à Syrte en Libye, la création dès 2011 du Fonds Monétaire Africain avec un capital de 42 milliards de dollars avec Yaoundé pour siège, la Banque Centrale Africaine avec le siège à Abuja au Nigeria dont la première émission de la monnaie africaine signera la fin du franc CFA. Franc CFA à cause duquel Paris a la mainmise sur certains pays africains depuis 50 ans.
On comprend dès lors et encore une fois la rage de Paris contre Kadhafi. Le FMA doit remplacer à terme les activités sur le sol africain du Fonds Monétaire International ayant pu avec seulement 25 milliards de dollars de capital mettre à genoux tout un continent avec des privatisations discutables, comme le fait d’obliger les pays africains à passer d’un monopole public à un monopole privé. Ce sont les pays occidentaux qui ont frappés à la porte du FMA pour en devenir membres eux aussi mais c’est à l’unanimité que les Africains ont repoussé cette convoitise, instituant que seuls les pays africains seront membres de ce FMA.
Il est donc évident qu’après la Libye la coalition occidentale déclarera sa prochaine guerre à l’Algérie, parce qu’en plus de ses ressources énergétiques énormes, ce pays a une réserve monétaire de 150 milliards d’euros ; devenant la convoitise de tous les pays qui bombardent la Libye et qui ont tous quelque chose en commun ils sont tous financièrement en quasi-faillite, les É.-U. à eux seuls ont 14 000 milliards de dollars de dettes, la France, la Grande-Bretagne et l’Italie ont chacun environ 2 000 milliards de dettes publiques alors que les 46 pays d’Afrique Noire ont au total moins de 400 milliards de dollars de dettes publiques.
Créer de fausses guerres en Afrique dans l’espoir de trouver de l’oxygène pour continuer leur apnée économique qui ne fait que s’empirer ne fera qu’enfoncer les Occidentaux dans leur déclin qui a pris naissance en 1884, lors de la fameuse Conférence de Berlin. Car comme l’avait prédit l’économiste Adams Smith, dans son soutien pour l’abolition de l’esclavage, «l’économie de tout pays qui pratique l’esclavage des Noirs est en train d’amorcer une descente vers l’enfer qui sera rude le jour où les autres nations vont se réveiller »

 

3- Unions régionales comme frein à la création des États-Unis d’Afrique

 

 

Pour déstabiliser et détruire l’Union africaine qui va dangereusement (pour l’Occident) vers les États-Unis d’Afrique avec la main de maître de Kadhafi, l’Union européenne a d’abord tenté sans y parvenir la carte de la création de l’UPM (Union Pour la Méditerranée) — il fallait à tout prix couper l’Afrique du Nord du reste de l’Afrique. Cela a échoué parce que Kadhafi a refusé d’y adhérer. Il a compris très vite le jeu à partir du moment où on parlait de la Méditerranée en associant quelques pays africains sans en informer l’Union africaine, mais en y invitant les 27 pays de l’Union européenne. L’UPM sans le principal moteur de la fédération africaine était caduque avant même de commencer, un mort-né avec Sarkozy comme président et Moubarak comme vice-président.
Alain Juppé tentera de le relancer, tout en misant sur la chute de Kadhafi, bien sûr. Ce que les dirigeants africains ne comprennent pas est que tant que ce sera l’Union européenne qui financera l’Union africaine, on sera toujours au point de départ, car dans ces conditions, il n’y aura pas d’effective indépendance. C’est dans le même sens que l’Union européenne a encouragé et financé les regroupements régionaux en Afrique. Il était évident que la CEDEAO qui a une Ambassade à Bruxelles et qui tire l’essentiel de son financement de l’UE est un obstacle majeur à la fédération africaine.
C’est ce que Lincoln avait combattu dans la guerre de Sécession aux États-Unis, parce qu’à partir du moment où un groupe de pays se retrouve autour d’une organisation politique régionale, cela ne peut que fragiliser l’organe central. C’est ce que l’Europe voulait et c’est ce que les Africains n’ont pas compris en créant coup sur coup, la COMESA, l’UDEAC, la SADC et le Grand Maghreb qui n’a jamais fonctionné encore une fois grâce à Kadhafi qui lui l’avait très bien compris.

4- Kadhafi, l’Africain qui a permis de laver l’humiliation de l’apartheid

 

Kadhafi est dans le cœur de presque tous les Africains en tant qu’homme très généreux et humaniste, pour son soutien désintéressé à la bataille contre le régime raciste d’Afrique du Sud. Si Kadhafi avait été un homme égoïste, rien ne l’obligeait à attirer sur lui les foudres des Occidentaux en soutenant financièrement et militairement l’ANC dans sa bataille contre l’apartheid. C’est pour cela qu’à peine libéré de ses 27 ans de prison, Mandela décide d’aller rompre l’embargo des Nations-Unies contre la Libye le 23 octobre 1997. À cause de cet embargo aérien, depuis 5 longues années aucun avion ne pouvait atterrir en Libye. Pour y parvenir, il fallait prendre un avion pour la Tunisie ; arriver à Djerba et continuer en voiture pendant 5 heures pour Ben Gardane, passer la frontière et remonter en 3 heures de route par le désert jusqu’à Tripoli.
Ou alors, passer par Malte et faire la traversée de nuit, sur des bateaux mal entretenus jusqu’à la côte libyenne. Un calvaire pour tout un peuple, juste pour punir un seul homme. Mandela décida de rompre cette injustice et répondant à l’ex-président américain Bill Clinton qui avait jugé cette visite «malvenue», il s’insurgea : «aucun État ne peut s’arroger le rôle de gendarme du monde, et aucun État ne peut dicter aux autres ce qu’ils doivent faire ». Il ajouta : « ceux-là qui hier étaient les amis de nos ennemis ont aujourd’hui le toupet de me proposer de ne pas rencontrer mon frère Kadhafi, ils nous conseillent d’être ingrats et d’oublier nos amis d’hier ». En effet, pour l’Occident, les racistes d’Afrique du Sud étaient leurs frères qu’il fallait protéger.
C’est pour cela que tous les membres de l’ANC étaient considérés comme de dangereux terroristes, y compris Nelson Mandela. Il faudra attendre le 2 juillet 2008 pour que le Congrès américain vote une loi pour rayer le nom de Nelson Mandela et de ses camarades de l’ANC de cette liste noire, non pas parce qu’ils ont compris la bêtise d’une telle liste, mais parce qu’on voulait faire un geste pour les 90 ans de Nelson Mandela.
Si les Occidentaux se sont aujourd’hui repentis de leur soutien d’hier aux ennemis de Mandela et semblent vraiment sincères lorsqu’on prête son nom à des rues ou à des places, comment continuer à faire la guerre à celui qui a permis la victoire de Mandela et son peuple, Kadhafi ?

B- CEUX QUI VEULENT EXPORTER LA DÉMOCRATIE SONT-ILS DE VRAIES DÉMOCRATIES ?

 

 

Et si la Libye de Kadhafi était plus démocratique que les É.-U., la France, la Grande-Bretagne et tous ceux qui font la guerre pour exporter la démocratie en Libye ? Le 19 mars 2003, le président George Bush largue des bombes sur les Irakiens en prétextant d’y exporter la démocratie. 8 ans plus tard jour pour jour, le président français largue lui aussi des bombes sur la tête des Libyens avec le même prétexte : leur offrir la démocratie. Barack Obama, prix Nobel de la Paix 2009 et président des États-Unis d’Amérique, pour justifier qu’il procède à un déferlement de missiles Cruise de ses sous-marins sur la tête des Libyens a dit que c’était pour chasser le dictateur Kadhafi du pouvoir et y instaurer la démocratie.
La question que tout être humain doté d’un sens de jugement et d’appréciation minimal ou même de la moindre capacité intellectuelle ne peut s’empêcher de se poser est : les pays de l’OTAN dont la légitimité pour aller bombarder les Libyens se base sur le seul fait de s’être autoproclamés « pays démocratiques » sont-ils réellement démocratiques ? Si oui, sont-ils plus démocratiques que la Libye de Kadhafi ? La réponse sans équivoque est non, pour la simple et bonne raison que la démocratie n’existe pas. Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais un auteur originaire de Genève, ville accueillant l’essentiel du commandement des Nations Unies.
Il s’agit bien entendu de Jean-Jacques Rousseau né à Genève en 1712 qui affirme dans le chapitre IV du Livre III de son très célèbre « Contrat social » que : « il n’a jamais existé de véritable démocratie, et il n’en existera jamais». Pour qu’un état soit véritablement démocratique, Rousseau pose 4 conditions selon lesquelles la Libye de Kadhafi est même de loin plus démocratique que les États-Unis d’Amérique, la France et tous les autres qui prétendent lui exporter la démocratie à savoir :

 

1- Dimension de l’État : plus un état est grand, moins il peut être démocratique.

Pour Rousseau, l’État doit être très petit afin que le peuple soit facile à rassembler et que chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres. Avant donc de faire voter les gens, il faut s’assurer que chacun connaisse tous les autres, sans quoi voter pour voter est un acte dénué de tout fondement démocratique, c’est un simulacre de démocratie pour élire un dictateur. La structure de l’organisation de l’État libyen se fonde sur une base tribale qui regroupe par définition le peuple en de petites entités.
Le sentiment démocratique est plus présent dans une tribu ou dans un village que dans un vaste État, parce que le fait que tout le monde se connaisse et que la vie tourne autour des mêmes points communs apporte une sorte d’autorégulation, d’autocensure même pour peser à chaque instant la réaction ou la contre-réaction des autres membres, pour ou contre les opinions qu’on peut avoir. Sous cet angle, c’est la Libye qui répond le mieux aux exigences de Rousseau, ce qu’on ne peut pas dire de même pour les États-Unis d’Amérique, la France ou la Grande-Bretagne, des sociétés fortement urbanisées où la majorité des voisins ne se disent jamais bonjour et donc ne se connaissent pas, même en vivant côte à côte pendant 20 ans. Dans ces pays, on est passé directement à l’étape suivante : « le vote » qu’on a malignement sanctifié afin de faire oublier que ce vote est inutile à partir du moment où on s’exprime sur l’avenir d’une nation sans en connaître ses membres. On est ainsi arrivé jusqu’à la bêtise du vote des citoyens vivant à l’étranger. Se connaître et se parler est la condition essentielle de la communication pour le débat démocratique qui précède toute élection.

2- Il faut la simplicité des mœurs et des comportements pour éviter que l’on passe l’essentiel du temps à parler de justice, de tribunal pour trouver des solutions aux multiples querelles d’intérêts divers qu’une société trop complexe fait naître naturellement.

Les Occidentaux se définissent comme des pays civilisés, à savoir aux mœurs complexes tandis que la Libye est définie comme pays primitif, c’est-à-dire aux mœurs simples. Sous cet angle, encore une fois, c’est la Libye qui répondrait mieux aux critères démocratiques de Rousseau, plutôt que tous ceux qui prétendent lui donner des leçons de démocratie.
Dans une société complexe, les trop nombreux conflits sont résolus par la loi du plus fort, puisque le riche évite la prison parce qu’il peut se permettre un meilleur avocat et surtout orienter l’appareil répressif de l’État contre celui qui commet un vol dans un supermarché, plutôt que le délinquant financier qui fait crouler une banque. Dans une ville comme New York où 75% de la population est blanche, 80% des postes de cadres sont occupés par des Blancs et ils ne sont que 20% des personnes en prison.

3- L’égalité dans les rangs et dans les fortunes.

Il suffit de voir le classement FORBES 2010 pour voir quels sont les noms des personnes les plus riches de chacun des pays qui jettent des bombes sur les Libyens et voir la différence avec le salaire le plus bas dans chacun des pays et faire de même pour la Libye pour comprendre qu’en matière de redistribution des richesses du pays, c’est à la Libye d’exporter son savoir-faire à ceux qui la combattent et non le contraire. Même sous cet angle, selon Rousseau, la Libye serait plus démocratique que ceux qui veulent pompeusement lui exporter la prétendue démocratie. Aux États-Unis 5% de la population possèdent 60% de la richesse nationale. C’est le pays le plus déséquilibré, le plus inégal du monde.

4- PAS DE LUXE.

Pour Rousseau, pour qu’il y ait la démocratie dans un pays, il ne faut pas qu’il y ait de luxe parce que selon lui, le luxe rend nécessaire la richesse et cette dernière devient la vertu, l’objectif à atteindre à tout prix et non le bonheur du peuple, « le luxe corrompt à la fois le riche et le pauvre, l’un par la possession, l’autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l’État tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l’opinion ». Où y a-t-il plus de luxe, en France ou en Libye ?
Ce rapport d’asservissement des employés qui sont poussés au suicide, même dans les entreprises publiques ou semi-publiques, pour des raisons de rentabilité et donc de possession et de luxe est-il plus criant en Libye ou en Occident ?
Le sociologue américain C. Wright Mills a décrit en 1956 la démocratie américaine comme « la dictature des élites ». Selon Mills, les États-Unis ne sont pas une démocratie parce qu’en définitive, c’est l’argent qui s’est substitué au peuple. Le résultat de chaque élection y est l’expression de la voix de l’argent et non la voix du peuple. Après Bush père et Bush fils, pour les primaires républicaines de 2012 on parle déjà de Bush-benjamin. En plus, si le pouvoir politique se base sur la bureaucratie, Max Weber fait remarquer qu’il y a 43 millions de fonctionnaires et militaires aux États-Unis qui commandent effectivement le pays, mais qu’ils n’ont été élus par personne et qu’ils ne justifient pas de leurs activités directement au peuple. Une seule personne (un riche) est donc élue, mais le vrai pouvoir sur le terrain est tenu par une seule caste de riches qui ne résulte purement et simplement que de nominations comme les ambassadeurs, les généraux de l’armée, etc.
Combien de personnes dans les pays autoproclamés « démocratiques » savent qu’au Pérou la constitution interdit un deuxième mandat consécutif au président de la République sortant ? Combien de personnes savent qu’au Guatemala, non seulement le président sortant ne doit plus jamais se présenter comme candidat à cette fonction, mais qu’en plus à aucun degré de parenté, aucun membre de sa famille ne pourra plus prétendre à cette fonction ? Combien savent que le Rwanda est le pays qui intègre politiquement le mieux les femmes au monde avec 49% de parlementaires femmes ? Combien savent que dans le classement de la CIA 2007, sur 10 pays les mieux gérés au monde, 4 sont Africains ? Avec la palme d’or à la Guinée équatoriale dont la dette publique ne représente que 1,14% de son PIB.
La guerre civile, les révoltes et les rebellions sont les ingrédients d’un début de démocratie soutient Rousseau. Parce que la démocratie n’est pas une fin, mais un processus permanent pour réaffirmer les droits naturels des hommes et éviter que dans tous les pays du monde (sans exception) une poignée d’hommes et de femmes, confisquant le pouvoir du peuple, ne l’oriente pour se maintenir aux affaires. On trouve ici et là des formes de castes qui usurpent le mot « démocratie » qui doit être cet idéal vers lequel tendre et non un label à s’approprier ou un refrain à vanter parce qu’on est juste capable de parler plus fort que les autres.
Si un pays est calme comme la France ou les États-Unis, c’est-à-dire sans aucune révolte, pour Rousseau, cela veut tout simplement dire que le système dictatorial est suffisamment répressif pour empêcher toute tentative de rébellion. Si les Libyens se révoltent, ce n’est pas une mauvaise chose. C’est prétendre que les peuples acceptent stoïquement le système qui les opprime partout dans le monde sans réagir, ce qui est très mauvais. Et Rousseau de conclure : « Malo periculosam libertatem quam quietum servitium – traduction – : s’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes ». Dire qu’on tue les Libyens pour leur bien est un leurre.

B- QUELLES LEÇONS POUR L’AFRIQUE ?

Après 500 ans de relations de dominateur et de dominé avec l’Occident, il est dès lors prouvé que nous n’avons pas les mêmes critères pour définir le bon et le méchant. Nous avons des intérêts profondément divergents. Comment ne pas déplorer le « oui » de 3 pays africains au sud du Sahara : le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Gabon pour la résolution 1973 inaugurant la nouvelle forme de colonisation baptisée « protection des peuples », validant la théorie raciste que les Européens véhiculent depuis le XVIIIème siècle selon laquelle l’Afrique du Nord n’a rien à partager avec l’Afrique Subsaharienne ; elle serait ainsi plus évoluée, plus cultivée et plus civilisée que le reste de l’Afrique.
Tout se passe comme si la Tunisie, l’Égypte, la Libye, l’Algérie ne faisaient pas partie de l’Afrique. Même les Nations-Unies semblent ignorer la légitimité de l’Union africaine sur ses états membres. L’objectif est d’isoler les pays d’Afrique subsaharienne afin de mieux les fragiliser et les tenir sous contrôle. En effet, dans le capital du nouveau Fonds Monétaire Africain (FMA), l’Algérie avec 16 milliards de dollars et la Libye avec 10 milliards de dollars contribuent, à eux seuls, pour près de 62% du capital qui est de 42 milliards de Dollars. Les premiers pays d’Afrique subsaharienne et les plus peuplés, le Nigeria suivi de l’Afrique du Sud, arrivent très loin derrière avec 3 milliards de dollars chacun.
C’est très inquiétant de constater que pour la première fois de l’histoire des Nations-Unies, on a déclaré la guerre à un peuple sans avoir exploré au préalable la moindre piste pacifique pour résoudre le problème.
L’Afrique a-t-elle encore sa place dans une telle organisation ? Le Nigeria et l’Afrique du Sud sont disposés à voter OUI à tout ce que l’Occident demande, parce qu’ils croient naïvement aux promesses des uns et des autres de leur donner une place de membre permanent au Conseil de Sécurité avec le même droit de veto. Ils oublient tous les deux que la France n’a aucun pouvoir de leur attribuer le moindre poste. Si elle l’avait, il y a belle lurette que Mitterrand l’aurait fait pour l’Allemagne de Helmut Kohl. La réforme des Nations Unies n’est pas à l’ordre du jour. La seule manière de compter est la méthode chinoise : tous les 53 pays africains doivent quitter les Nations-Unies. Et s’ils doivent y retourner un jour, ne le faire que s’ils ont obtenu ce qu’ils demandent depuis longtemps, un poste pour toute la fédération africaine, sinon rien.
Cette méthode de la non-violence est la seule arme de justice dont disposent les pauvres et les faibles que nous sommes. Nous devons tout simplement quitter les Nations-Unies, car cette organisation, de par sa configuration, de par sa hiérarchie est aux services des plus forts.
Nous devons quitter les Nations-Unies afin de marquer notre désapprobation de cette conception du monde basée uniquement sur l’écrasement du plus faible. Tout au moins, ils seront libres de continuer à le faire, mais pas avec notre signature, pas en rappelant que nous sommes d’accord alors qu’ils savent très bien qu’ils ne nous ont jamais interrogés. Et même lorsque l’Union africaine a donné son propre point de vue, comme la rencontre de mars à Nouakchott avec la déclaration sur la réticence à l’action militaire, ceci a été passé tout simplement sous silence pour aller accomplir le forfait de bombarder le peuple africain.
Ce qui arrive aujourd’hui est le scénario déjà vu auparavant avec la Chine. Aujourd’hui, on reconnaît le gouvernement Ouattara, on reconnaît le gouvernement des insurgés en Libye. C’est ce qui s’est passé à la fin de la Seconde Guerre mondiale avec la Chine. La soi-disant communauté internationale avait choisi Taiwan comme unique représentant du peuple chinois en lieu et place de la Chine de Mao. Il faudra attendre 26 ans, c’est-à-dire le 25 octobre 1971, avec la résolution 2758, que tous les Africains devraient lire, pour mettre fin à la bêtise humaine.
La Chine est admise, sauf qu’elle a exigé et obtenu d’être membre permanent avec droit de veto, sinon elle n’entrait pas. Cette exigence satisfaite et la résolution d’admission entrée en vigueur, il faudra attendre un an pour que le 29 septembre 1972, le ministre chinois des Affaires étrangères donne sa réponse avec une lettre au Secrétaire général des Nations Unies, non pas pour leur dire qu’ils étaient d’accord, mais pour faire des mises au point, en garantie de sa dignité et de sa respectabilité. Qu’est-ce que l’Afrique espère obtenir des Nations Unies sans poser un acte fort pour se faire respecter ? On a vu en Côte d’Ivoire un fonctionnaire des Nations Unies se considérer au-dessus d’une institution constitutionnelle de ce pays. Nous sommes entrés dans cette organisation en acceptant d’être des serfs et croire que nous serons invités à table pour manger avec les autres dans les plats que nous avons lavés est tout simplement crédule, voire, stupide.
Quand l’UA reconnaît la victoire de Ouattara sans même tenir compte des conclusions contraires de ses propres observateurs envoyés sur le terrain, juste pour faire plaisir à nos anciens maîtres, comment peut-on nous respecter ? Lorsque le président sud-africain Zuma déclare que Ouattara n’a pas gagné les élections et change à 180° disant le contraire après une petite visite de 8 heures à Paris, on peut se demander ce que valent ces dirigeants qui représentent et parlent au nom de 1,1 milliard d’Africains.
La force et la vraie liberté de l’Afrique viendront de sa capacité à poser des actes réfléchis et en assumer les conséquences. La dignité et la respectabilité ont un prix. Sommes-nous disposés à le payer ? Si non, notre place reste à la cuisine ou aux toilettes pour garantir le confort des autres. D’ici là, en Libye, les bombes qu’on nous décrit comme des rosiers qui tombent du ciel pour reboiser le désert libyen sont françaises, américaines, britanniques, italiennes, canadiennes, norvégiennes, mais les victimes sont africaines, toutes africaines. Oui, c’est une guerre déclarée à tout le peuple africain, pas à un homme, pas à un pays ».

Genève le 28/03/2011
Extrait du chapitre 17 pages 136-151 du tome-1 du livre « Géostratégie Africaine » de Jean-Paul Pougala – IEG 2012
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