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CONTRIBUTION

Par Francis JOURNOT*

Francis JOURNOT est consultant, entrepreneur et ancien éditeur de presse professionnelle
économique et sociale. Il est l’initiateur des projets économiques Plan de régionalisation de
production Europe Afrique, Africa Atlantic Axis et International Convention for a Global Minimum
Wage.

La responsabilité, au moins morale, de la Chine dans la propagation de la pandémie du Covid-19 ne fait aucun doute ainsi que cela était déjà démontré en avril 2020 dans une tribune sur Le Figaro : «Nous devrons exiger de la Chine une réparation du préjudice subi». Le régime chinois a caché la vérité et permis la propagation d’un coronavirus qui aurait pu être éradiqué avant qu’il ne sorte de la ville de Wuhan et de la Chine. Selon la journaliste Joséphine Ma du journal de Hong Kong South China Morning Post qui a pu accéder à des documents gouvernementaux confidentiels: «Le premier cas confirmé de Covid-19 en Chine remonte au 17 novembre». Puis 9 patients étaient identifiés fin novembre 2019 et 27 à la mi-décembre 2019. Mais la dictature chinoise a préféré museler la presse et la parole médicale. Dans l’article «La mort d’un médecin spécialiste du coronavirus provoque un tollé en Chine» publié le 7 février 2020 dans le New York Times, la journaliste Li Yuan décrivait la protestation en Chine après la mort du Docteur Wenliang, arrêté par le pouvoir chinois pour avoir lancé l’alerte fin décembre. Par ailleurs, CNN a dévoilé le 1 er décembre 2020 un document confidentiel de 117 pages du Centre provincial de contrôle et de prévention des maladies du Hubei qui accable un peu plus Pékin.

Le gouvernement de Pékin était certainement conscient du risque de pandémie mondiale

Il est peu probable que Xi Jinping ait oublié l’épidémie de SRAS-CoV qui a tué 800 personnes en 2002/2003. Son mode de transmission interhumain, l’origine animale et le type de complication pulmonaire étaient proches. Bien que n’ignorant guère le caractère hautement contagieux du coronavirus et le risque de pandémie mondiale, Pékin a maintenu les préparatifs de la fête du Nouvel an chinois qui devait avoir lieu le 25 janvier avant d’être finalement annulée. Ces activités ont brassé une forte population et une carte interactive des déplacements dans la région de l’épicentre situé à Wuhan, publiée par le New York Times «How the Virus Got Out», nous indiquait que 7 millions de voyageurs ont quitté la ville avant le confinement ordonné le 23 janvier 2020. On ignore combien parmi eux ont ensuite propagé le virus chinois principalement en train à travers la Chine et en avion aux 4 coins du monde. Mais maintenant, le nombre officiel à l’échelle mondiale de décès directement causés par le Covid-19, atteint 2 millions auxquels il convient de rajouter les millions de malades qui succombent à des pathologies qui ne peuvent être soignées en raison de la saturation des hôpitaux. Cependant le gouvernement chinois préfère se réfugier dans le déni et n’accepte que plus d’un an après l’apparition du virus, d’accueillir une mission d’enquête de l’OMS.

Quand le pompier pyromane distribue l’aumône

La distribution en Afrique de masques, produits médicaux ou sacs mortuaires et l’aumône, ici et là, de quelques millions d’euros, qui glorifient à grand renfort médiatique une prétendue générosité chinois, ne sont pas à la hauteur des drames et de la dégradation de l’économie africaine. Selon le rapport « Africa’s Pulse», la situation va s’aggraver « La pandémie risque de faire basculer 40 millions d’Africains dans l’extrême pauvreté, effaçant au moins cinq années de progrès dans la lutte contre la pauvreté. ». L’avis du président de la Banque Africaine de Développement (BAD) Akinwumi Adesina peut aussi inquiéter «l’Afrique a perdu plus d’une décennie des gains réalisés en matière de croissance économique ».
Une aide importante des institutions financières internationales pourrait s’avérer indispensable mais l’endettement important de certains pays d’Afrique auprès de la Chine et leur dépendance à Pékin,pourraient parfois compromettre ce recours. Aussi apparait-il indispensable que la Chine assume sa faute et efface au moins la dette qu’elle détient auprès de l’Afrique et qui constitue, si l’on en croit des experts, 40 % de l’endettement total africain soit environ 150 Mrds de dollars même si ce geste ne permettrait de compenser que très partiellement les dommages subis par le continent africain.

MOUBARACK LO : «…la banlieue va concurrencer le centre-ville»

La banlieue s’affirme de plus en plus comme un espace d’avenir, notamment au plan économique. Le boom démographique aidant, le

s regards sont désormais tournés vers cette aire géographique qui offre de réelles potentialités. Dans l’entretien qui suit, l’économiste Moubarack Lô expose quelques-unes des raisons qui font de la banlieue un lieu-espoir pour des milliers de jeunes en particulier.

Quels sont les enjeux économiques que représente la banlieue au Sénégal ?

Historiquement, les banlieues constituaient des cités dortoirs. C’est la cherté des maisons et le coût, très élevé, des loyers du centre-ville qui poussaient les populations les plus pauvres à aller habiter en banlieue. Quitte à vendre leurs maisons en ville. Vous avez aussi l’exode rural. En banlieue, il y a beaucoup de populations qui viennent du village. Et, par acte de solidarité, celles-ci accueillent de nouveaux venus, notamment les jeunes qui repartent pendant l’hivernage. Mais pour le reste de l’année, ils viennent en centre-ville pour s’activer dans le commerce ou les petits métiers comme le transport ou les métiers artisanaux. Donc, la fonction première des banlieues, c’était de servir, non pas de lieu de travail, mais essentiellement de dortoir.
Au fil des années, la fonction s’est enrichie. D’abord il y a une économie périurbaine qui s’est développée dans les banlieues. Les populati

ons consomment, le commerce se développe. Egalement, les activités artisanales comme la réparation automobile, les menuiseries bois et métalliques, la métallurgie, la construction, la vente de matériaux pour les maisons, etc. Tout cela permet de développer des emplois. Donc, une bonne partie de la population, sans quitter la banlieue, peut trouver des revenus sur place.
Une troisième fonction au-delà de ces activités plutôt informelles, les banlieues peuvent également aujourd’hui accueillir des industries. Parce que, avant, si vous prenez Dakar, les usines étaient dans la zone industrielle de bel-Air ou sur la route de Rufisque. Maintenant, avec l’encombrement de ces zones, les entreprises sont obligées de sortir de Dakar et d’aller vers la banlieue, dans des zones plutôt vierges avec des coûts de terrain pas très élevés. Vous  avez même des zones économiques que l’Etat a installées dans la banlieue qui permettent de renforcer cette nouvelle dynamique.
Il y a également des banlieues qui ont une vocation agricole. Dans la région de Dakar, vers Sangalkam, les activités agricoles rivalise

nt, très intensément, avec l’habitat. L’horticulture et l’élevage ne sont pas en reste dans cette compétition. Dans cette zone, la banlieue a une fonction économique multiforme.

L’Ansd prédit une forte augmentation de la population dans la banlieue d’ici 2025. Quels effets ce boom démographique peut-il avoir sur l’économie ?

La forte augm

entation prévue par l’Ansd va générer une demande forte de produits de consommation, mais également de biens durables. Il y a les achats de proximité qui font qu’on va assister progressivement au développement du commerce. C’est la première activité qui va bénéficier de ce boom démographique. Il y a également les autres activités comme le transport qui vont aussi connaitre un essor fulgurant avec le développement des transits entre les quartiers. On va aussi assister à la modernisation du commerce. Les supermarchés commencent à s’installer progressivement, parce qu’il y a une classe moyenne avec une réelle capacité d’achat. Donc progressivement la banlieue va confirmer sa vocation urbaine et concurrencer le centre-ville dans ses fonctions économiques exercées jusqu’ici.
En termes de modernité, le centre-ville aura toujours un avantage qu’il sera difficile à la banlieue de concurrencer. Mais, celle-ci peut toujours choisir sa voie, ne pas chercher à être forcément la zone de villas cossues, d’immeubles très modernistes ; mais d’affirmer sa vocation sur l’espace en jouant sur le dynamisme de la population et la demande de consommation très élevée.

Le constat est que l’essentiel des activités économiques dans la banlieue relèvent du secteur informel. Qu’est ce qui explique cette tendance ?

C’est normal que le secteur informel domine dans la banlieue. D’abord le secteur informel domine partout ailleurs dans le pays. Mais c’est vrai que pour l’essentiel, les activités formelles se retrouvent plutôt dans la ville, dans son centre. Historiquement, c’est là où on avait les sièges des administrations, les sièges des sociétés, des services et banques, assurances, les industries aussi. Cependant, progressivement, la banlieue grignote des parts.
Cette catégorisation, emploi formel au centre-ville, emploi informel dans la banlieue, aura tendance de plus en plus à s’estomper. Progressivement, on va assister à une convergence parce que mêmes les administrations commencent à s’installer en banlieue. Peut-être que le centre-ville n’aura une avance que dans les emplois les plus sophistiqués, c’est-à-dire les sièges des banques, assurances, sociétés de haute technologie, sachant que ces dernières peuvent demain choisir, en profitant des facilités des transports, multimodaux, de s’installer même en dehors de Dakar et d’aller dans les zones périurbaines, donc en banlieue.

On assiste à une ruée des investisseurs et des commerçants vers la banlieue, notamment à Keur Massar. Qu’est ce qui les attire réellement ?

Keur Massar c’est une zone périurbaine qui se développe très vite avec une population qui augmente et une classe moyenne aussi qui émerge. Quand vous avez une classe moyenne, dotée d’un certain pouvoir d’achat, bien évidemment les activités vont  ruer vers cette zone. Pour ce qui concerne les autres investisseurs, il faut beaucoup plus de temps pour pouvoir les avoirs dans d’autres créneaux que le commerce.

Pr Moussa Diaw : “Macky contribue involontairement à faire la promotion de Sonko

Macky Sall ne semble pas apprendre de ses erreurs passées. De jour en jour, il fait bénéficier Ousmane Sonko de la sympathie de la majorité des Sénégalais. Pour le professeur Moussa Diaw, Macky Sall et son clan contribuent involontairement à faire la promotion de Ousmane Sonko en s’attaquant à lui, le considérant comme le principal opposant actif contre leur gouvernance.
«En s’acharnant sur lui, ils le renforcent auprès de l’opinion publique et crédibilise son discours. Sonko apparaît comme un acteur prépondérant de l’espace politique, et vouloir l’éliminer par des procédés peu orthodoxes, risque d’être contre-productif au regard de son capital de sympathie auprès des populations.
L’enseignant chercheur en politique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, d’ajouter : “Il en résulterait des tensions politiques au moment où les efforts sont à déployer pour faire face à cette deuxième vague de la covid-19».Le samedi dernier encore, Macky Sall, par le biais de son ministre de l’Intérieur, menace de dissoudre le parti de Ousmane Sonko qui a réussi de collecter plus de 125 millions de francs Cfa et 80 millions de promesses de dons en seulement quelques heures.
«Tout parti politique qui reçoit des subsides de l’étranger ou d’étrangers établis au Sénégal s’expose à la dissolution», menace Antoine Felix Diome. Une «intimidation» qui a encore augmenté l’aura dont Ousmane Sonko bénéficiait déjà sur le plan national et dans la diaspora. Car, depuis la sortie de ce communiqué les réactions fussent de partout.

«Monsieur le président, nous ne sommes pas vos communicants» Par Ousseynou Nar Guèye, Éditorialiste sénégalais, fondateur du site Tract.sn

https://www.jeuneafrique.com/pays/senegal 

La volonté de l’État de réguler les médias en contraignant les journalistes à obtenir la carte de presse représente un danger pour la profession.tienne prêt à me présenter les décrets d’application du code de la presse afin que je les signe lors du premier Conseil des ministres de janvier 2021. » C’est ce qu’a crânement déclaré le président Macky Sall devant la brochette de journalistes venus l’interroger ce 31 décembre 2020 au Palais de la République, après la diffusion de son traditionnel message à la Nation. Le chef de l’État mettrait ainsi fin aux errances de ce serpent de mer qu’est le code de la presse au Sénégal.

Droits et devoirs

Initié en 2009 avec les professionnels du secteur et adopté en conseil des ministres en 2012 sous la présidence d’Abdoulaye Wade, il n’a été adopté par des députés passablement récalcitrants que le 20 juin 2017. Ses 62 pages comprennent 233 articles, qui précisent le statut des journalistes et des techniciens travaillant dans les médias, leurs « droits » et « devoirs », et définit les règles encadrant le fonctionnement économique des entreprises de presse.
Si les députés s’étaient montrés rétifs, c’était surtout à cause de ce qu’Abdoulaye Wade appelait la « déprisonnalisation » des délits de presse : les détentions éventuelles sont remplacées par des sanctions économiques et des suspensions du droit d’exercer. Les parlementaires y voyaient un droit exorbitant.

CERTAINS JOURNALISTES SÉNÉGALAIS SE CROIENT SORTIS DE LA CUISSE DE JUPITER

Pour les journalistes, dont beaucoup boivent du petit lait depuis le vote de la loi, c’est l’occasion rêvée « d’assainir » (un mot aux relents dangereux) leur profession. Ils en ont assez que les têtes de gondoles de leur métier soient des « saltimbanques », des pièces rapportées et même des animateurs sans formation prouvée. Car eux-mêmes ont suivi l’enseignement du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti, école publique), de l’Institut supérieur des sciences de l’information et de la communication (Issic, première école privée du pays) ou encore de l’Institut supérieur d’entrepreneurship et de gestion (Iseg), et se croient sortis de la cuisse de Jupiter.
Une commission de la carte de presse comptant huit membres chapeautés par un président a été mise sur pied en janvier 2020. Elle compte attribuer les premières cartes en mars 2021 et, dans l’esprit de ses promoteurs, ce document sera un préalable pour exercer le métier de journaliste.
Je m’oppose résolument à ce malthusianisme. Et bien que la commission en question prévoie d’accorder ce document à des journalistes qui n’ont pas été formés en école, mais au vu de leurs titres et acquis de l’expérience, je ne demanderai pas cette carte.

Formé sur le tas

J’ai moi-même commencé à exercer ce métier en 1995, à la radio (sur Téranga FM) puis au quotidien Le Matin,  à l’époque où il était dirigé par Boubacar Boris Diop puis par Mame Less Camara. L’accompagnement et la formation reçus au sein de ces rédactions étaient impeccables et j’en suis fier. Je ne souhaite toutefois pas que cela soit attesté par une carte.
Je continuerai à exercer ce métier. Qui m’a mené tour à tour à radio Nostalgie Dakar, dans les pages politiques de l’hebdo Le Témoin, à la rédaction en chef puis à la direction de la publication du tabloïd quotidien Tract,  dont je suis le cofondateur, puis à la télévision d’État RTS comme chroniqueur d’une émission produite par le ministère de la Communication sénégalais ! Mais aussi sur 2STV, la « deuxième chaîne privée de télévision du Sénégal ».
J’ai aussi été pendant neuf ans le correspondant au Sénégal de la publication panafricaine Notre Afrik,  dont le siège est à Bruxelles, puis j’ai fondé le site d’info Tract.sn, relancé en mars 2018, et son tabloïd digital hebdomadaire diffusé par la startup française « Youscribe proposée par Orange ». Un métier qui me permet enfin d’écrire dans les colonnes de Jeune Afrique depuis deux ans et demi.
La formation au sein d’une rédaction ou « sur le tas » donne d’excellents professionnels. Le directeur général actuel du quotidien d’État Le Soleil n’a pas non plus fait d’école de journalisme ni même terminé ses études de philosophie, abandonnées en deuxième année d’université. Et nous avons tous deux été directeurs de publication de titres appartenant au même groupe de presse, Com7 au début des années 2000.

FAIRE DE LA CARTE DE PRESSE UN PRÉALABLE À L’EXERCICE DU MÉTIER CONSTITUERAIT UN ABUS DE POUVOIR CARACTÉRISÉ

Ces velléités « d’épuration » m’horripilent. Le journalisme n’a pas d’ordre tel qu’en ont les médecins, les avocats, les notaires, les experts-comptables ou les moines trappistes ! Est journaliste celui qui fait de ce métier son activité principale. Y compris s’il n’écrit pas une ligne ou ne dit pas un mot à l’antenne (comme les journalistes reporters d’images, les photographes, les dessinateurs). Toute tentative, de la part de l’État, de faire de la possession de la carte de presse un préalable à l’exercice du journalisme constituerait un abus de pouvoir caractérisé. Passible, à mes yeux, de dépôt de plainte devant la Cour suprême, voire devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples et la Cour internationale de justice.

À chacun son rôle

Lors du conseil des ministres du 23 décembre, l’avant-dernier de l’année 2020, Macky Sall a insisté « sur la nécessité d’une régulation systématique des sites d’information qui, si l’on y prend pas garde, risquent de porter fortement atteinte à la cohésion nationale, à l’image de l’État ainsi qu’à l’ordre public », rapportait le communiqué du Conseil des ministres.
Eh bien sachez, monsieur le président, que nous ne sommes pas chargés de votre communication, ni de la promotion de « l’image de l’État », ni même de « la cohésion de la nation ».  Les médias d’État et gouvernementaux devraient y suffire amplement. Et c’est ici le lieu de dénoncer la tentative de préemption des vocables « quotidien national », « télévision nationale » et « radio nationale » par ces acteurs gouvernementaux : tous les médias privés qui diffusent sur l’étendue du territoire sénégalais sont nationaux également.

“Financements occultes du Pastef” : Le gouvernement a une multitude de preuves, Yakham Mbaye

Le parti Pastef est un réceptacle de financements occultes venant d’étrangers et le gouvernement a des multitudes d’éléments probants, a déclaré Yakham Mbaye. Pour le directeur du Soleil, le ministre de l’Intérieur Antoine Diome n’a fait que rappeler la loi à Ousmane Sonko et son parti Pastef qui sont des habitués des financements occultes venant de l’étranger.A l’en croire, le gouvernement a des éléments probants, documentés sur leur dernière récolte à laquelle des étrangers ont contribué…Pour preuve, argumente-t-il, “Ousmane Sonko s’est emmuré dans son silence, sachant que le gouvernement sait…”

Plaidoyer pour un tourisme réinventé ! Par Oumou Wane

Après une année complète faite d’incertitudes, les professionnels du tourisme se préparent à une deuxième saison à vide, de la Petite Côte, à la Grande Côte, en passant par la Casamance, avec Cap Skirring comme symbole des énormes pertes enregistrées par le secteur.
Avec l’arrêt des vols internationaux et les restrictions mondiales sur les voyages, le tourisme sénégalais réalise plus que jamais à quel point il dépend exclusivement du tourisme international, quasi à plus de 90%. Avec la pandémie de Covid-19, le nombre des touristes internationaux a chuté et bien que la crise ait bouleversé les économies de tous les pays, l’effet de ce choc s’est davantage fait sentir dans les pays qui tirent d’importants revenus du tourisme, comme c’est le cas pour le Sénégal. C’est pourquoi il nous faut penser le tourisme autrement, tout en se préparant à l’après Covid et à la reprise du secteur en explorant et en attirant de nouveaux marchés à fort potentiel.
Il est temps donc d’inverser la tendance car relancer le secteur du tourisme est primordial. Aussi, dans le contexte difficile qui perdure, pourquoi ne pas commencer par privilégier le tourisme intérieur et régional, qui permettrait déjà aux structures hôtelières de fonctionner, quitte à afficher des tarifs hors compétition, pour permettre aux Sénégalais de venir découvrir l’intérieur du pays et ses côtes. Voici une belle idée, que chaque sénégalaise et sénégalais puisse s’approprier cette destination aux multiples facettes avec ses plages d’exception, mais aussi une richesse historique et culturelle et une authenticité séduisant le public international depuis toujours.
Imaginons d’un côté des professionnels fiers d’appartenir à la destination Sénégal et de l’autre, des habitants également perçus comme des acteurs du tourisme : « Je suis Sénégalais, j’aime mon pays, je le fais connaître ». Ceci contribuera à créer une communauté qui amplifiera le « bouche à oreille » sur la destination, au fur et à mesure qu’elle grandit.
Mais bien entendu la manne touristique qui constitue la deuxième source de devises étrangères pour l’économie du Sénégal après la pêche, et qui emploie 100 000 personnes à travers le pays, repose sur la fréquentation du pays par le tourisme international.
Et pour faire revenir cette clientèle après la crise sanitaire, les atouts réels du territoire ne manquent pas. Au delà de certains stéréotypes (Plages, Affaires, Folklore), le Sénégal, à 5 heures d’avion du grand marché émetteur européen est un véritable carrefour culturel de l’Afrique. Avec une position géographique privilégiée qui en fait l’un des pays les plus ensoleillés du globe, le Sénégal est sûr et agréable. Il se visite avec le cœur, l’hospitalité y est profondément ancrée, les plages de sable fin y sont dignes des plus grands sites balnéaires du monde, le pays est stable et sa démocratie modèle…

Encore faut-il le faire savoir ! La communication touristique ne peut pas se contenter de venter un secteur reconnu pour ses compétences techniques et son efficacité. Elle doit faire rêver, raconter des histoires…

À bien des égards, le Sénégal est « Sans égal », ce n’est pas un simple voyage de plus… C’est plus qu’un simple voyage !
Qui, parmi les sénégalais de la diaspora n’a pas rencontré un voyageur rentré du Sénégal, plein d’étoiles dans les yeux, les papilles encore enchantées et ne tarissant pas d’éloges sur la gentillesse du peuple sénégalais.
Voici ce que chacun d’entre nous devrait commencer par faire. Croire en ses valeurs, reconnaître ses qualités, défendre son pays et le protéger.
Notre président Macky Sall, pourra bien se battre tout seul aux côtés des professionnels du voyage, affirmer que le tourisme sénégalais est sous haute protection et injecter des milliards CFA dans la relance du secteur, cela suffira t-il à faire revenir au Sénégal, les 1, 7 million de touristes qu’il a accueilli l’année dernière, et voire à les augmenter ?
La compagnie aérienne Air Sénégal pourra lancer autant de nouvelles liaisons qu’elle voudra et acquérir tous les Airbus A321 du monde en faisant de Dakar une plateforme incontournable dans le transport aérien, il manquera encore l’essentiel.
Et cet indispensable, c’est nous, c’est notre enthousiasme et notre foi. Cette envie et cette invitation à faire goûter nos différences. Alors, en attendant la grande campagne de promotion du tourisme sénégalais par le gouvernement, (que j’appelle de mes vœux) tous à nos réseaux sociaux, via Facebook, Twitter, Instagram, Pinterest, Google, Youtube, etc… Oublions le verre à moitié vide, pensons à sa partie pleine ! Battons-nous pour notre pays avec un cri d’amour et de ralliement de votre choix. Et pourquoi pas celui là : Mon Sénégal à toi ! (#monsenegalatoi) !

 

Thiat : «Macky est en train de faire du Yaya Jammeh, c’est de la dictature»

Invité dans l’émission «Ndoumbélane» de la Sen Tv, le rappeur Thiat revient sur l’état d’urgence et tacle Macky Sall. « Macky Sall est en train de se «Yaya Jammehiser», il fait du Yaya Jammeh, c’est de la dictature», tacle le membre du mouvement «Y’en a marre» qui annonce une mobilisation si Macky prolonge le couvre-feu. Et de lancer un appel à toute la population sénégalaise. Parce que rien n’explique le couvre-feu.
L’activiste poursuit : «On nous parle de 17 millions d’habitants, on n’a même pas 20 000 cas, pourquoi on ne fait pas un test de masse. Moi, je n’ai jamais fait de test, mais quand je devais voyager, j’ai payé 40 000 Fcfa  pour faire un test. Ce qui est sûr, cette population ne peut pas débourser cette somme pour faire les tests ».
Thiat de marteler : « Macky Sall discrédite les agents et experts de santé. Il est en train de suivre le calendrier que l’Europe lui dicte, enrichit sa famille et sa belle famille et suit son calendrier. Il ne réfléchit pas et ne travaille pas pour son peuple. La population souffre.
Qui conseille Macky Sall ? »
Le rappeur de répondre : « Je ne pense pas qu’il a des conseillers fiables. Je pense que les mesures édictées depuis le début de la pandémie pouvaient faire l’affaire, c’est-à-dire porter des masques et se laver les mains. On ne peut pas faire de la distanciation physique au Sénégal parce qu’on a notre culture. On mange ensemble autour d’un bol».

«La dissolution de la ville de Dakar est inconcevable et inacceptable» Par Pape Diop

Nous voici à l’aube d’une nouvelle année dont on espère qu’elle sera bien meilleure que celle qui vient de s’achever et qui a été particulièrement éprouvante. Marquée par une crise sanitaire et économique sans précédent, elle n’a épargné aucune couche de la société, ni aucun secteur d’activité.
J’exprime ma compassion à tous nos compatriotes pour les privations et les difficultés qu’ils ont subies de plein fouet et leur souhaite une bonne et heureuse année 2021. Vivement que cette pandémie à coronavirus s’estompe pour que nous puissions enfin retrouver une vie normale !
Face à cette crise qui devrait nous pousser à mobiliser toutes nos énergies pour lutter contre la Coved-19, je ne peux que regretter que nous soyons malheureusement distraits par des questions sans importance et qui ne relèvent que de la politique politicienne. C’est le cas hélas de ce très controversé projet de dissolution de la Ville de Dakar et des collectivités locales de même nature. En l’occurrence, Pikine, Guédiawaye, Rufisque et Thiès.

Depuis son annonce par le ministre en charge de la Décentralisation, l’idée n’en finit pas de susciter un concert d’indignations. J’associe naturellement ma voix à celles qui se sont déjà exprimées sur le sujet pour marquer leur désapprobation et mettre en garde contre ce qui serait une énorme forfaiture.

Pour défendre cette idée tout aussi saugrenue que surprenante, le ministre des Collectivités Territoriales, du Développement et de l’Aménagement des Territoires soutient que le Code général des collectivités territoriales ne consacre que deux entités territoriales, en l’occurrence le Département et la Commune, et que la Ville ne serait pas donc reconnue comme collectivité locale.
En ma qualité d’ancien Maire de Dakar, je suis autant indigné par ce funeste projet que par l’argumentaire qui le sous tend. Contrairement aux allégations du ministre, le Code reconnait parfaitement la Ville comme entité territoriale et lui consacre même tout un chapitre et pas moins de 20 articles. Ce qui prouve à suffisance qu’une éventuelle suppression des villes de Dakar, Pikine, Guédiawaye, Rufisque et Thiès, relèverait simplement d’une manœuvre politicienne. Mieux, tout porte à croire qu’on ne cherche qu’à enlever la Mairie de Dakar du giron de l’opposition sans passer par les urnes.
En vérité, ce projet traduit l’obsession du régime en place de prendre le contrôle de la capitale à tout prix, après avoir échoué à le faire à travers des élections. D’où toutes les manœuvres qui sont déployées pour y parvenir et qui ne datent pas d’aujourd’hui. L’idée de permettre au président de la République de nommer par décret le Maire de Dakar a même été longtemps agitée par la mouvance présidentielle avant d’être abandonnée devant le tollé qu’elle a toujours soulevé à chaque fois qu’on l’a évoquée.
Aussi, le ministre des Collectivités Territoriales ne fait que revenir une nouvelle fois à la charge en agitant, cette fois-ci, la suppression pure et simple de la Ville de Dakar comme entité territoriale.
Mais, au-delà de ses visées politiciennes, le plus grave est que la dissolution envisagée conduira forcément à l’atomisation des communes alors qu’on devrait plutôt travailler à leur mutualisation pour plus d’efficacité dans leur fonctionnement, leur gouvernance et leur action en faveur des populations.

A propos d’atomisation des communes, il est même très regrettable que le pouvoir en place veuille imiter le défunt régime socialiste, vingt-quatre ans après la réforme de 1996 qui avait totalement mis la capitale sens dessus-dessous.

En effet, si Dakar souffre jusqu’à présent de phénomènes comme l’occupation anarchique et la « cantinisation », c’est parce que l’ancien régime socialiste, obnubilé par la récupération de la capitale tombée dans l’escarcelle du Pds aussi bien à la présidentielle qu’aux législatives de 1993, avait morcelé la ville en 19 communes d’arrondissement.
Ce découpage qui correspondait exactement au nombre de coordinations du Parti socialiste à Dakar était ni plus ni moins qu’un stratagème pour la reconquête de la capitale. Hélas, pour n’avoir obéi qu’à ce simple calcul politicien, il a eu des conséquences fâcheuses sur l’évolution de la ville de Dakar depuis maintenant un quart de siècle.
Dépourvues de ressources financières et obligées d’en trouver pour leur fonctionnement, ces 19 mairies d’arrondissement ont dû recourir à l’installation de marchés et de cantines à travers tout le périmètre de leurs communes respectives pour espérer renflouer leurs caisses. Ce qui aura bien sûr comme conséquence, l’occupation anarchique qui règne depuis lors à Dakar.
De la même manière que la réforme de 1996, la suppression de la Ville de Dakar, qui ne repose que sur des considérations tout aussi politiciennes, sera aussi lourde de conséquences pour notre capitale. C’est pour cette raison que j’en appelle à une forte mobilisation pour rejeter cette éventuelle dissolution à la fois très hypothétique et dangereuse pour l’avenir de la ville de Dakar.
Cette intention du gouvernement doit être d’autant plus combattue qu’elle cache mal un autre calcul politique. L’actuel régime veut en effet éviter par tous les moyens la défaite à Dakar et dans d’autres grandes villes lors des prochaines élections locales. Un scénario catastrophe qui ne serait pas de bon augure pour 2024 et qu’il lui faut donc empêcher à tout prix pour ne pas connaître le même cas de figure que celui du Pds à l’issue des locales de mars 2009.
Pour rappel, après avoir perdu le contrôle de grandes villes comme Dakar, Pikine, Guédiawaye, Rufisque et Thiès, la coalition Sopi n’a jamais réussi à se relever de ces défaites symboliques et retentissantes jusqu’à la perte du pouvoir en 2012. Il est évident que le régime de Macky Sall, à travers cette dissolution, tient à ne pas connaître la même déconvenue lors des prochaines élections locales pour ne pas aborder le cap de 2024 en mauvaise posture.
Or, plutôt que de se focaliser sur ses calculs politiciens, ce régime doit enfin comprendre que le véritable enjeu est d’aider les collectivités locales à asseoir leur santé financière.
A ce propos, je réaffirme la proposition que j’avais formulée il y a quelques années, à savoir la création d’une Direction des Impôts Locaux au niveau des Impôts et Domaines. Il est en effet établi que ce service se déploie davantage pour la collecte des impôts destinés à l’Etat et beaucoup moins pour le recouvrement de ceux devant aller aux collectivités locales.

Ce dysfonctionnement très préjudiciable aux Collectivités locales peut toutefois être réglé de manière définitive avec la création d’une Direction des Impôts Locaux dont l’action sera uniquement orientée vers la collecte des impôts destinés aux collectivités locales.

Je tiens d’ailleurs à souligner qu’à la suite de ma proposition relative à la création d’une Direction des impôts locaux, une étude réalisée par le CRDI sur les ressources financières des collectivités locales aboutira à la même recommandation.
Mieux, c’est dans cette perspective que j’avais tenu à créer, pendant  mon magistère à la Ville de Dakar, un nouveau service composé d’une soixantaine d’agents dont dix informaticiens. Doté d’un matériel informatique de pointe pour booster les recettes de la Mairie, ce service dont les résultats s’étaient vite révélés très probants, a été déployé depuis à la Direction générale des impôts et domaines (DGID). Naturellement, il aurait pu servir de noyau à une Direction des Impôts Locaux dont la création me parait absolument nécessaire. Le cas échéant, son activité pourrait d’abord être expérimentée à Dakar, avant d’être étendue aux autres collectivités locales en fonction des résultats.
J’ose espérer que cette proposition sera prise en compte dans le lancement de la phase II de l’Acte 3 que tous les acteurs de la décentralisation attendent désespérément pour un règlement définitif de la question des ressources financières.
C’est sur ce terrain-là qu’on attend l’action du gouvernement, et non sur celui de la politique politicienne.Pape DIOP, Ancien Maire de Dakar, Président de la Convergence Libérale et Démocratique/ Bokk Gis Gis

 

 

Depuis plusieurs moments  plusieurs  polémiques se dégagent sur la toile concernant l’ origine de la forme de la « Go Bobaraba ».

Eudoxie Yao, souvent appelée la f* sse ou la Bimbo ivoirienne est une femme avec un derrière qui mesure environ 1m 52 (152 cm) et ceci est issu des gênes parentaux et non de la chirurgie esthétique. Celle-ci spécule qu’elle n’a jamais eu recours à la chirurgie esthétique pout avoir une telle forme.

«Si c’est réellement sa forme pourquoi en 2014 elle ne possédait pas un derrière aussi exagéré ?», «pourquoi a-t-elle aussi changé au niveau du bassin ?» autant d’interrogations qui surgissent dans la tête des internautes.

Une fois de plus encore, la question de la chirurgie esthétique fait l’objet de débat. La raison de cette spéculation est la publication d’une ancienne photo sur la toile de la chanteuse Doxy Rover.

Dans les bras d’un ami, l’on voit la people ivoirienne des temps modernes avec une forme moins volumineuse comme aujourd’hui.

Chose que l’influenceuse a toujours rejeté quand la question lui est posée par les journalistes et même les internautes qui la suivent chaque jour sur ses différents réseaux sociaux.

En effet, artiste musicienne à présent Doxy Rover a toujours nié son recours à la chirurgie esthétique pour avoir une courbe aussi spectaculaire.

Et depuis la diffusion de cette photo, les commentaires les plus déplaisants se multiplient sur les réseaux sociaux.

Chacun se demande réellement si

Eudoxie Yao n’a pas menti pour ne pas se voir critiquer par les ivoiriens et africains.

«Ses hanches, ça ressemble à une Eudoxie trafiquée, c’est l’erreur en question», affirme un internaute.

D’après un autre, «la forme c’est à dire les pistolets je me demande si c’est elle vraiment’», «j’imagine c’est gaine go là met sous ses pantalon là atchuuuueké», «apparemment la dame a fait chirurgie des hanches», sont les quelques commentaires des internautes qui doutent à présent de Roxy Rover qui s’apprête à s’acheter une autre Range Rover.

Voici pour vous la vidéo ou Eudoxie Yao s’est fait tabasser à Paris par un promoteur de spectacle

Qu’il s’agisse de la forme ou d’un sourire radieux, il existe plusieurs choses qui peuvent séduire un homme et le rendre fou d’une femme.

Voici 8 choses que les hommes recherchent chez une femme

L’indépendance

Une femme qui est non seulement ambitieuse mais qui est aussi indépendante attire les hommes. Cela ne signifie pas que la fille devra se prendre totalement en charge, mais être financièrement indépendante est un énorme avantage.

L’intelligence

Une femme avec une bonne culture générale se distingue des autres femmes et attire les hommes. Le fait de pouvoir partager vos impressions et vos avis sur différents sujets est un grand avantage.

L’attention

C’est un fait que les femmes bavardent beaucoup. Par conséquent avoir une conversation avec un échange égal est une exception. En général, si vous essayez d’en savoir plus sur votre partenaire, vous aurez des conversations plus agréables et vous découvrirez des choses que vous ne sauriez jamais en parlant uniquement de vous.

Le sourire

Personne n’aime les grincheux, surtout ceux qui ne rient pas à vos blagues. Les hommes sont généralement très fiers de leur sens de l’humour. Une fille qui ne rit pas aux bonnes blagues repousse les hommes. Souriez et cela vous rendra encore plus attirante.

La beauté

Il ne s’agit pas de vêtements super cool ou de tonnes de maquillage, il s’agit de s’aimer et d’embrasser sa beauté naturelle. Chacun a ses propres défauts, mais savoir comment montrer les meilleures parties et transformer les imperfections vous rend spéciale.

La confiance

Les hommes aiment les femmes qui savent ce qu’elles veulent. Il ne s’agit pas seulement de savoir quoi manger ou quoi faire. Il s’agit d’être capable de s’exprimer, de partager son opinion, de savoir se faire entendre.

L’unicité

Avoir son propre style qui ne copie pas celui de toutes les autres filles, c’est génial ! Cela vous rend unique.

L’ouverture

Une relation demande de faire des compromis. Trouver une femme ouverte d’esprit, prête à faire des compromis c’est important.

Pour la postérité et par devoir de mémoire :
Fête du travail: Aly Baba: le parcours d’un pionnier jamais raconté à la nouvelle génération

Il est connu et très respecté en Italie pour avoir laissé des empreintes indélébiles dans la société italienne. Son engagement pour les droits civils et la dignité humaine est une constante qui l’a vu ouvrir des brèches encore inexistantes à travers le changement. Du mouvement associatif au mouvement syndical, de la Direction Nationale du Parti de la Gauche réformiste au cabinet du vice-ministre de l’intérieur en passant la jeune régionale, la trajectoire de ce natif de Rufisque mérite d’être racontée et documentée aux nouvelles générations. Plus de 30 ans d’engagements sans failles Faye est une valeur sûre que les autorités italiennes n’hésitent pas à solliciter pour profiter de son expertise. Il a toujours accepté les défis et a toujours œuvré avec clarté de vision et pragmatisme. Quand dans les hautes sphères du pouvoir en Italie où dans les cercles de réflexion on parle de questions liées à la gouvernance de l’immigration son nom est toujours parmi ceux qui sont cités. En 2006 alors qu’il était responsable nationale des politiques de l’immigration du Parti de la Gauche réformiste (le parti de Napolitano, D’Alema, Livia Turco et tant d’autres) Aly Baba était prédestiné au poste de secrétaire d’état au ministère du travail et de la protection sociale dans le gouvernement de Romano Prodi. C’est à la dernière minute que les négociations entre les forces de la coalition l’ont sacrifié. À l’époque certains disaient que c’est à cause de sa couleur et d’autres disent encore aujourd’hui que c’est à cause de sa religion affichée fièrement. L’intéresse-lui laisse les supputations et réponds toujours par « ce n’était pas écris ou peut-être ce n’était pas le moment ». Mais il ne s’agit pas de fatalisme qui est renoncement à avoir une ambition et de lutter pour la réaliser. En effet sa détermination est à la mesure de sa constance. Oui il se paye le luxe de passer là où il veut et de dire ses convictions sans arrogance. Il aime dire que « le compromis est une morale de l’intelligence pendant que la compromission est une intelligence sans morale ». Intègre, Aly Baba l’est pour avoir occupé des postes qui l’exposent à la spéculation sans jamais été cité dans un scandale

Venu pour des motifs d’études quand l’Italie n’était encore qu’un pays d’immigration il aura fait du chemin en Italie mais ses compatriotes sénégalais ne retiennent de lui que les récentes fonctions de conseiller de cabinet du vice-ministre italien de l’intérieur dans le gouvernement de centre-gauche entre 2013 à 2018.

Sociologue de formation, le parcours de ce natif de Rufisque est riche d’expériences que l’homme a toujours voulu mettre à la disposition de son pays et de sa communauté.
Aly Baba Faye est le premier noir africain responsable national de la politique syndicale en matière d’immigration.
ABF comme l’appellent ses proches fait partie de la première génération d’immigrés africains venus en Italie dans les années 80. Activiste il fonda l’associazione Doomu Senegal de Perugia avant d’œuvrer pour la création d’une association nationale. C’est avec des amis comme Bass Kébé qu’il a convoqué à Pise la première rencontre qui mettra sur pied une coordination des associations sénégalaise avec les doyens comme Alioune Badara Guèye, Mass Thiam, Touty Coundoul, Waly Ndiaye, Jeanine Turpin, Idris Sanneh, Adama Mbodj et tant d’autres membres fondateurs du premier regroupement d’associations sénégalaises d’Italie. A l’époque seul les sénégalais avait une association nationale. C’est à la CASI le mérite d’avoir porté le débat sur l’émigration sénégalaise dans les institutions sénégalaises et italiennes. Du côté du Sénégal c’est un mémorandum de la CASI présenté au Président Abdou Diouf qui ouvrira à la concession du droit de vote pour les sénégalais de l’extérieur 1993), la création d’un ministère de tutelle et l’institution d’un Conseil supérieur des sénégalais de l’extérieur.
Sur le plan de la promotion culturelle parmi les faits les plus marquants de la CASI il y’avait l’organisation du tour de la troupe nationale Daniel SORANO qui a sillonné durant un mois toutes les régions d’Italie. La CASI a été aussi acteur de premier plan pour l’organisation de la première conférence gouvernementale sur l’immigration en Italie après l’adoption de la loi Martelli qui porte le nom de l’ancien vice-premier ministre italien, le socialiste Claudio Martelli qui n’hésitait pas à appeler les dirigeants de la CASI pour leur demander un avis sur telle ou telle autre question concernant l’immigration.

La nouvelle génération retiendra d’Aly Baba Faye un vrai pionnier, un noir protagoniste de plusieurs combats contre le racisme et pour l’intégration des étrangers.
Courageux et déterminé Aly avait compris l’importance des recherches de Cheikh Anta Diop et la formule de Senghor de l’enracinement et l’ouverture. Son combat est un humanisme ouvert mais il faut toujours partir de soi. En situation d’immigration la réussite individuelle a plus de de sens quand elle trouve sa base dans la réussite collective.

A l’occasion de cette fête des travailleurs dans un contexte de crise sanitaire imposée par le covid19 ABF se souvient encore des péripéties qui ont marqué sa vie de syndicaliste en Italie.
Son parcours a laissé des traces significatives et ses héritiers sembles bien maitriser la leçon. La communauté sénégalaise d’Italie est aujourd’hui la plus représentée dans les associations syndicales, elle occupe les directions de presque toutes les instances locales, régionales et même nationales des différentes boites syndicales italienne. Selly Kane est l’actuel responsable nationale des politiques migratoires au niveau de la plus grande boite syndicale, la confédération des travailleurs italiens (CGIL), Ibrahima Niane élu secrétaire régional à Bergamo de la Fillea une filiale de la CGIL, Mamadou Makhtar Barry à Bolzano, Abdou Faye à Udine, Pape Tall à Parmes, Mamadou Tall à Padova, Massaer Diagne à Venise et tant d’autres. Des hommes et des femmes de valeur qui ont du mérite et qui honorent leur communauté, Aida Fall au sud à Lecce dans la région de Bari, Dyé Ndiaye dans la région toscane ou Soukaina Diatta à Pavia dans la Lombardie.

Enseignant universitaire et consultant, Aly Baba Faye, bénéficie de respect et de la considération de part et d’autre. Car autant il constitue une fierté pour la communauté immigrée, autant il est admiré et respecté par les autorités locales. L’exemple de ce natif de l’une des quatre anciennes communes doit inspirer non seulement la nouvelle génération qui a rejoint l’Europe ces quinze dernières années mais aussi et surtout les enfants de la seconde génération

Si les différents régimes sénégalais qui se sont succédés buttent encore à organiser la communauté et réussir certains accords ou projets de société avec la diaspora sénégalaise d’Italie, c’est parce que la politique politicienne est au-dessus des compétences mais l’expertise, la volonté de servir et le patriotisme demeurent pour une politique migratoire de qualité et une prise en charge formelle et administrative des préoccupations des émigrés et des expatriés.
Bonne fête à tous et à toutes
Alioune NDIAYE