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Les services du FMI ont conclu avec les autorités sénégalaises un accord concernant les mesures économiques et financières qui pourraient permettre l’approbation de la troisième revue du programme appuyé par l’instrument de coordination de la politique économique (ICPE). Selon le communiqué de l’institution daté du 29 avril, les deux parties ont également conclu un accord de financement sur dix-huit mois au titre de la facilité de crédit de confirmation (FCC) et du mécanisme d’accord de confirmation, pour un montant total de 453 millions de DTS ( soit 140% de la quote-part du pays au FMI , environ 650 millions de dollars ou 350 milliards de FCFA). Cet accord de financement sera exécuté parallèlement à l’ICPE.

«En 2020, dans un environnement marqué par la pandémie de COVID-19, la croissance économique du Sénégal a été supérieure aux attentes, avoisinant 1,5%, principalement grâce à une production agricole exceptionnelle, alors qu’une contraction de 0,7% était prévue », lit-on dans le communiqué du FMI. De même, l’exécution du budget a abouti à un déficit de 6,4 % du PIB, en ligne avec l’objectif révisé du programme. Au plan structurel, six des neuf objectifs de réforme établis pour fin décembre 2020 ont été atteints.

S’agissant des perspectives, le FMI estime que la reprise économique en 2021 fait face à des conditions défavorables liées au prolongement de la pandémie de COVID-19 et à la hausse des cours des produits de base. Les autorités ont révisé leurs priorités budgétaires pour 2021-23 afin de tenir compte de la conjoncture économique moins favorable, de soutenir la campagne de vaccination contre la COVID-19 et de mettre en œuvre un programme d’urgence de soutien à l’emploi des jeunes, tout en gardant pour objectif de revenir progressivement à un déficit de 3% du PIB d’ici à 2023. Le FMI table une croissance de 3,7% du PIB du Sénégal en 2021 contre une prévision initiale de 5,2%. Pour 2022, la cadence passera à 5,2%.

A noter que l’évaluation du Sénégal a été conduite du 6 au 27 avril 2021 par une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Mme Corinne Deléchat, qui a fait la déclaration suivante : « Les services du FMI sont parvenus à un accord, avec les autorités sénégalaises, sur les mesures économiques et financières qui pourraient permettre l’approbation de la troisième revue du programme appuyé par l’ICPE et soutenir un accord de financement sur dix-huit mois au titre de la FCC et du mécanisme d’accord de confirmation. L’examen du dossier par le conseil d’administration du FMI est prévu à titre provisoire en début juin 2021».

Par ailleurs, indique le FMI, «de nouvelles priorités sont apparues en 2021 sur le plan des dépenses : il s’agit de financer la campagne de vaccination contre la COVID-19 et d’offrir des emplois et des opportunités économiques aux jeunes et aux femmes, car la pandémie a exacerbé les difficultés des jeunes sénégalais sans qualifications ou sans emploi ». Le programme d’urgence en faveur des jeunes prévoit, notamment, un plan de recrutement public direct, des projets d’intérêt communautaire, une accélération des investissements publics à forte intensité de main-d’œuvre et des incitations à la création d’emplois par le secteur privé.
« La stratégie budgétaire à moyen terme des autorités a été révisée compte tenu de ces nouvelles priorités et prévoit un déficit de 5,4% du PIB en 2021, contre 5% dans la loi de finances initiale. Les autorités continuent de caler la trajectoire du déficit budgétaire sur l’objectif d’un retour, d’ici à 2023, à la norme de 3% du PIB, afin de maintenir la viabilité de la dette publique. Pour atteindre cet objectif, il sera essentiel de mettre en œuvre résolument la stratégie de recettes à moyen terme, de dégager des marges budgétaires pour tenir compte des nouvelles priorités et d’obtenir des financements concessionnels supplémentaires, y compris de la part du FMI.

La prolongation de l’initiative du G-20 pour la suspension du service de la dette jusqu’à fin 2021 offre une marge de manœuvre budgétaire supplémentaire. «Pour garantir une croissance soutenue tirée par le secteur privé et préserver la viabilité de la dette, les autorités s’engagent à assurer l’efficacité des nouvelles dépenses au titre du programme d’urgence en faveur des jeunes et à accélérer les réformes structurelles en cours pour stimuler l’investissement privé et favoriser la création d’emplois », rapporte le FMI. Qui évoque la mise en place d’un guichet unique dans chaque département pour offrir aux jeunes des conseils et des services de placement, ainsi que l’établissement d’un identifiant unique et d’une base de données sur les bénéficiaires du programme d’urgence.

En outre, précise le fonds monétaire, «l’évaluation en cours de l’efficacité des nombreux mécanismes et entités publics de soutien aux femmes, aux jeunes et aux petites et moyennes entreprises servira de base à l’établissement d’une stratégie de rationalisation de ces mécanismes et entités ».  Et de conclure sur l’importance d’accélérer les réformes de la gestion des droits fonciers et de propriété, ainsi que celles liées à la formation professionnelle, qui sont soutenues par le Pacte du G-20 avec l’Afrique, tout en continuant de développer les dispositifs de protection sociale pour renforcer la résilience des ménages vulnérables.


Le solde budgétaire, dons compris, du Sénégal est estimé en déficit de 385,8 milliards de FCFA (578,700 millions d’euros) à fin février 2021, selon les données de la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE) basée à Dakar.

Par rapport à la même période de 2020 où il s’élevait à 330,3 milliards de FCFA, ce déficit s’est accentué de 55,5 milliards de FCFA.

Cette situation fait suite à des dépenses publiques de loin plus importantes (732,4 milliards contre 688,8 milliards à fin février 2020) que les ressources globales (346 milliards).

Par rapport à fin février 2020, les dépenses budgétaires du Sénégal ont vu leur niveau augmenter de 43,6 milliards de FCFA. Selon la DPEE « cette hausse traduit la progression des intérêts sur la dette publique et des dépenses d’investissement, atténuée, toutefois, par la baisse des dépenses de fonctionnement ».Les intérêts sur la dette publique (88,8 milliards) et les dépenses en capital (280,7 milliards) ont en effet progressé respectivement de 47,3 milliards (+113,8%) et 8,8 milliards (+3,2%).

Toutefois, ces augmentations ont été amoindries par les  autres dépenses courantes  qui se sont contractées de 13,3 milliards de FCFA, s’établissant à 222,1 milliards de FCFA durant la période sous revue.

Concernant la masse salariale, elle a enregistré une progression modérée de 0,9 milliard pour se situer à 140,8 milliards de FCFA à fin février 2021.

Quant à la hausse des investissements, la DPEE l’impute aux investissements financés sur ressources extérieures estimés à 151,9 milliards de FCFA et qui se sont confortés de 42,3% sur la période. De leur côté, les investissements financés sur ressources internes, évalués à hauteur de 128,8 milliards, ont enregistré une baisse de 22% par rapport à la même période de 2020.

Pour ce qui est des ressources,  leur niveau est en baisse de 3,3% par rapport à fin février 2020. Elles sont constituées de recettes budgétaires chiffrées à 320,6 milliards de FCFA et de dons estimés à 26 milliards de FCFA. Le repli de ces ressources est essentiellement imputable aux recettes budgétaires qui se sont contractées de 14 milliards (-4,2%), en liaison avec la baisse des recettes non fiscales (-8,3%) et fiscales (-4%). En effet, ces dernières, évaluées à 308,2 milliards, ont baissé de 12,8 milliards à la faveur, notamment, de la baisse des impôts directs, des taxes sur biens et services intérieurs et de la TVA à l’import qui se sont amoindris respectivement de 11,4 milliards, 24,1 milliards et 0,9 milliard pour se situer à 117,6 milliards, 57,8 milliards et 56,1 milliards à fin février 2021.

En revanche, la DPEE souligne que les droits de porte (36 milliards), les droits d’enregistrement (10,5 milliards) et le Fonds de sécurisation de l’importation des produits pétroliers (FSIPP) de 17,1 milliards, ont atténué cette tendance baissière avec des hausses respectives de 1,7 milliard (+4,8%), 2,5 milliards (+31%) et 14,4 milliards (+533,7%). Les taxes rapatriées (PSE et COSEC), estimées à 7 milliards, suivent cette dynamique avec une hausse de 0,4 milliard, en glissement annuel.

La banque mauricienne Mauritius Commercial Bank Ltd (MCB) a annoncé l’octroi d’un financement de 60 millions USD ( dollars américains ) au Sénégal afin de soutenir les ambitions nationales d’électrification et d’utilisation du GNL dans le pays. Le financement représente l’engagement de prêt le plus élevé d’une facilité de financement de projets syndiqués de 140 millions USD à Karpowershi, principale filiale de la holding Turc Karadeniz Energy.

La facilité permet au navire amiral Karpowership d’exploiter son Powership de 235 MW le long des rives de Dakar depuis août 2019, soit environ 15% de l’approvisionnement du pays. Karpowership fournit de l’électricité à 11 pays dans le monde, dont 8 en Afrique, depuis des navires-centrales ou des plateformes flottantes, alimentés au fuel lourd ou au gaz.

Selon le responsable des finances spécialisées de la banque, Zaahir Sulliman, cet engagement s’inscrit dans le cadre de Success Beyond Numbers, la stratégie de développement durable du Groupe, qui vise à aligner le développement commercial, le progrès socio-économique et la rentabilité avec la notion de durabilité dans le temps.

« Le financement de Karpowership au Sénégal est un premier pas dans la bonne direction et nous sommes impatients d’augmenter notre participation à des projets qui favorisent la production d’énergie tout en favorisant le respect du climat et de l’environnement dans un effort pour augmenter le niveau de vie », a-t-il déclaré.

Le Powership ambitionne de passer prochainement à l’utilisation du fioul lourd au gaz dans le but de réduire significativement la facture énergétique du Sénégal avec un effet d’entraînement positif sur les coûts d’électricité, conformément au plan sénégalais de diversification de son mix énergétique.

Dans le cadre du projet entrepreneuriat numérique féminin, ce sont 23 300 femmes qui seront formées et encadrées. Ainsi, près de 900 entreprises dirigées par des femmes qui seront créées à travers la mise place d’un fond de 500millions de FCFA d’appui par an à la transformation des entreprises de femmes.

Selon le ministre de l’économie numérique et des télécommunications, Yankhoba Diatara, ce projet permettra en outre de renforcer l’accès à l’information et à l’implication des femmes dans l’innovation et l’entrepreneuriat numérique pour positionner les femmes et les jeunes filles sénégalaises en particulier dans une trajectoire de développement durable.

Etabli sur une durée de cinq ans, ce est exclusivement dédié aux femmes afin de leur faciliter l’accès au renforcement de compétences numériques et managérial.

La phase pilote est axée sur les régions de Kaffrine, Dakar, Thiès, Diourbel, Saint- Louis et Ziguinchor. Mais son extension est prévue sur l’ensemble du territoire national.

Lancé le 29 mars dernier à Kaffrine, le ministre s’est engagé, avec ses collaborateurs à « assurer la mise en œuvre et le fonctionnement efficace d’un dispositif commun d’accompagnement et de promotion doté d’un mécanisme de suivi évaluation pour faciliter le maintien durable des femmes dans le milieu de l’emploi et de l’entreprenariat numérique féminin. »

 

Tout semblait apparemment préparé d’avance. À la suite de l’annonce de la création de la Super ligue européenne dissidente de la Ligue des champions organisée par l’UEFA, la banque américaine JP Morgan annonce officiellement être sur le coup pour financer l’opération. Son investissement sera compris entre 4 et 6 millions d’euros.

JP Morgan qui mise sur une explosion des revenus marketing, de la billetterie et des droits télé, entre autres, pour le retour sur investissement devra verser 350 millions d’euros qu’elle avait promis à chacun des 12 clubs européens dissidents à la base de la création de la Super Ligue. Dans sa phase de matérialisation, le nouveau projet devrait, selon les projections, générer trois plus de revenus que la traditionnelle Champions league (C1). Soit plus de six milliards d’euros par an, répartis entre les 20 clubs participants, contre les 2 milliards d’euros actuels de la C1 pour 32 équipes.

Il faut par ailleurs noter que rien n’est encore définitif car l’instance européenne du football, l’UEF, soutenue par la FIFA, a promis qu’elle mettra tout en œuvre pour empêcher la matérialisation d’un tel projet de dissidence qu’il faut le noter, pourrait bouleverser profondément le football mondial tant dans son organisation que dans sa philosophie managériale. C’est un combat de titan qui s’annonce…

Rama Yade a été promue ce lundi 29 mars, directrice du pôle Afrique du prestigieux Think Thank américain dénommé « The Atlantic Council ».

Rama Yade qui avait déposé ses valises aux États-Unis vient de décrocher un poste qui la mettra sur orbite. Après avoir totalement disparu du paysage politique français depuis la chute de son mentor Nicolas Sarkozy, l’ancienne secrétaire d’Etat avait tourné la page en s’installant aux Etats-Unis. Et désormais, c’est depuis le pays de l’Oncle Sam qu’elle va pouvoir se reconnecter avec ses origines car son nouveau poste est lié à l’Afrique. En effet, depuis le 29 mars 2021, Rama Yade a été promue directrice du pôle Afrique du Think Thank américain The Atlantic Council qu’elle avait rejoint en 2019.

Fondé en 1961, l’Atlantique Concil est basé à Washington et son dirigeant est Jon Huntsman, Jr. Il est membre de l’Association du Traité Atlantique. En effet, il sied de noter que l’Atlantic Council est un think tank américain spécialisé dans les relations internationales. Il constitue un forum pour des leaders internationaux dans les domaines politiques, d’affaires et intellectuels. Il gère dix centres régionaux et des programmes fonctionnels liés à la sécurité internationale et la prospérité économique mondiale.

Lancé au sommet de Bucarest en 2008, le Réseau des jeunes atlantistes (Young Atlanticist Network) a rassemblé une communauté de leaders émergents qui partagent une vision de coopération euro-atlantique plus étroite fondée sur des valeurs communes. Grâce à des outils en ligne et des événements réguliers, ce réseau sert de forum pour un dialogue ouvert entre les jeunes atlantistes afin qu’ils puissent échanger leurs points de vue sur un éventail de questions internationales. En tant que lieu de rencontre, le réseau permet aux dirigeants mondiaux de s’adresser à la prochaine génération et de partager leur point de vue sur les problèmes actuels. L’organisation a plusieurs pôles géographiques et géopolitiques. Ainsi, Rama Yade dirigera le pôle Afrique qui fut créé en septembre 2009 avec pour mission de transformer les approches politiques américaines et européennes en Afrique en mettant l’accent sur l’établissement de solides partenariats géopolitiques avec les États africains et le renforcement de la croissance économique et de la prospérité du continent.

A travers la nomination de Rama Yade, l’Afrique aura désormais une interlocutrice   directe dont le travail consistera à produire une analyse des forces qui transforment la région, ainsi que des recommandations politiques pour les États-Unis et l’Europe sur la manière de promouvoir des relations plus étroites et productives avec l’Afrique.

Le pôle Afrique devrait, entre autre, promouvoir un partenariat renforcé entre l’Amérique, l’Afrique, les États-Unis et l’Europe, basé sur des valeurs partagées et des intérêts stratégiques communs, et engager son réseau d’entrepreneurs politiques, commerciaux et d’ONG pour développer des idées solutions aux défis régionaux et mondiaux.

Avant la nomination de Rama Yade, c’est l’ancien fonctionnaire du département d’Etat qui a servi comme diplomate dans l’ex-Zaïre, l’ambassadeur Alexandre Cohen qui donnait de la voix sur les questions de gouvernance politique, tout comme Tibor Nagy et Péter Pham. Désormais, c’est Rama Yade qui sera la tour de contrôle dans la region.

Face à la nouvelle romance entre les États-Unis et la France depuis le départ de Donald Trump, les réseaux d’influence de l’Otan positionnent une Française d’origine africaine à la tête du pôle Afrique du puissant groupe d’influence de l’Atlantique. C’est un message codé à l’endroit du mouvement d’émancipation en cours au sein de la jeunesse consciente du continent qui milite en faveur d’un nouveau leadership sur le continent.

Avec la pandémie de covid-19, l’Afrique a enregistré en 2020 sa pire récession économique depuis 50 ans. Cette année, les perspectives économiques sont plus optimistes, notamment en Libye, pays pour lequel la BAD table sur une croissance économique de 37,5%, la plus forte du continent.

Dans son rapport sur les perspectives économiques africaines en 2021, la Banque africaine de développement (BAD) a indiqué que les économies africaines devraient progressivement se remettre des effets de la pandémie de covid-19. Pour cette année, l’institution s’attend à une reprise de la croissance moyenne du continent à 3,4% du PIB, contre une contraction de -2,1% l’année dernière.

Selon l’institution, toutes les économies africaines devraient renouer avec une croissance économique positive. Parmi elles, 11 connaîtront une croissance économique supérieure ou égale à 5%, dont 10 seront au-dessus de 5%.

Après une contraction de -60,3% de son économie en 2020, la Libye devrait enregistrer cette année, la croissance économique la plus forte du continent, soit 37,5%. Selon la BAD, cette hausse sera portée par la « reprise de la production de pétrole en novembre 2020 qui pourrait atténuer l’effet de la baisse des prix » tout en améliorant les soldes du budget et du compte courant.

La deuxième plus forte croissance qu’enregistrera l’Afrique en 2021 sera celle de Djibouti pour lequel la BAD table sur un chiffre de 9,9%. Il sera suivi du Botswana et de l’île Maurice (7,5% chacun), du Niger (6,9%) de la Côte d’Ivoire (6,2%), de l’Erythrée (5,7%), de la Guinée (5,6%), du Burkina Faso et du Sénégal (5,1% chacun).

D’un point de vue régional, c’est l’Afrique du Nord qui prendra le leadership de la croissance africaine en 2021, avec un taux moyen attendu à 4% par la BAD. Elle sera suivie de la région australe (3,2%) à égalité avec l’Afrique centrale (3,2%). Vient ensuite l’Afrique de l’Est avec une croissance attendue à 3% tandis que l’Afrique de l’Ouest ferme la marche avec 2,8% de croissance.

Rappelons qu’au total, la Banque estime que les gouvernements africains ont besoin d’un financement brut supplémentaire d’environ 154 milliards d’USD en 2020/2021 pour répondre à la crise engendrée par la pandémie de covid-19.

Le Nigéria et le Maroc vont s’allier pour construire une usine de production d’ammoniac, d’engrais NKP (Azote, Phosphore et potassium) et d’engrais DAP (Phosphate Diammonique). Ce 25 mars, un accord relatif à la mise en œuvre de cette infrastructure a été signé entre les deux pays.

D’un coût d’investissement de 1,3 milliard de dollars, l’usine sera implantée dans l’Etat d’Akwa Ibom, au sud-est du Nigéria. Elle aura une capacité de production de 1,5 million de tonnes d’ammoniac par an. Selon la presse locale, environ 70% de cette production sera exportée vers le Maroc. Les 30% restant seront transformées en engrais NKP et DAP pour répondre à la demande intérieure.

Les travaux de construction de cette plateforme industrielle sont prévus pour démarrer au plus tard au troisième trimestre 2021 pour un début d’activité en 2025.

Cette nouvelle usine qui viendra compléter les installations déjà existantes dans le pays dont celle du milliardaire nigérian Aliko Dangote – dotée d’une capacité de 3 millions de tonnes d’urée granulée – permettra de renforcer la production d’engrais du Nigéria et le positionner comme l’un des principaux exportateurs dans la région.

Déjà favorite pour prendre la tête de l’Organisation mondiale du commerce, Ngozi Okonjo-Iweala est désormais la seule candidate, suite au retrait de la ministre sud-coréenne Yoo Myung-hee. Seule l’administration de Donald Trump s’était, jusqu’à présent, ouvertement opposée à la candidature de la Nigériane.
Elle navigue désormais seule en tête. La Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala pourrait devenir la première directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce, à condition toutefois que la nouvelle administration Biden lui donne sa bénédiction.

La seule autre candidate à ce poste restant encore en lice, la ministre sud-coréenne du Commerce Yoo Myung-hee, a officiellement renoncé, vendredi 5 février, à briguer ce mandat. 

Mme Yoo a consulté les États-Unis, qui sous Donald Trump étaient son principal soutien, et d’autres capitales et « décidé de renoncer à sa candidature », a précisé le ministère sud-coréen du Commerce dans un communiqué.  

La candidate nigériane « ne sera pas automatiquement désignée. Le choix exige un consensus, qui en pratique veut dire que les États-Unis adhèrent au consensus », a toutefois tempéré un diplomate européen en charge du commerce à Genève à l’AFP, tout en expliquant que le retrait de la candidate coréenne laissait entendre que c’est exactement ce qui est en train de se passer. 

D’autant que Mme Yoo a souligné ses échanges avec Washington dans le communiqué annonçant sa décision. 

Le processus de désignation d’un successeur au Brésilien Roberto Azevedo, parti un an avant la fin de son mandat pour raisons familiales, est dans une impasse depuis l’automne. 

Le comité chargé de la succession avait annoncé, le 28 octobre, que la candidate la mieux placée pour faire l’objet d’un consensus était la Nigériane, qui se fait appeler Dr Ngozi. 

Barrage des États-Unis 

En plus d’être la première femme à la tête de l’OMC, elle serait la première directrice générale originaire d’Afrique. Mais les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, lui ont barré la route, soutenant Mme Yoo, première femme à avoir été ministre du Commerce dans son pays, en arguant du fait qu’elle avait 25 ans d’expérience dans le domaine. 

La position de l’ex-administration Trump a poussé le processus dans l’impasse. La docteure Ngozi Okonjo-Iweala n’a pas crié victoire. Elle a indiqué attendre la fin du processus de sélection soulignant que « l’OMC doit tourner son attention vers la pandémie de Covid-19 et la reprise économique mondiale », a indiqué sa porte-parole. 

Un diplomate européen s’est réjoui de la nouvelle. « Nous saluons l’esprit de responsabilité de cette décision. C’est une heureuse nouvelle pour le multilatéralisme. Plus rien ne s’oppose à ce que les membres désignent très rapidement la candidate nigériane, la docteur Ngozi Okonjo-Iweala qui a remporté le processus de sélection », a-t-il indiqué à l’AFP. 

 « Avec l’impulsion de sa nouvelle directrice générale, l’OMC pourra envisager ses négociations sur les subventions à la pêche et préparer sa 12e conférence ministérielle en 2021 », a-t-il souligné. 

Crise économique et guerre commerciale  

Et de fait les dossiers ne manquent pas pour tirer l’OMC de sa crise quasi existentielle. Le prochain chef de l’institution devra affronter la crise économique, mais aussi la crise de confiance dans le multilatéralisme et dans le bien-fondé de la libéralisation du commerce mondial, le tout sur fond de guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques, la Chine et les États-Unis. 

À la mi-octobre, Ngozi Okonjo-Iweala avait indiqué vouloir se donner deux priorités pour montrer que l’OMC est indispensable. 

Elle souhaite pouvoir présenter, à la prochaine Conférence ministérielle de l’organisation, un accord sur les subventions à la pêche – qui est pour l’heure au point mort – pour démontrer que l’OMC peut encore produire des avancées multilatérales. L’autre priorité c’est de rebâtir l’organe de règlement des différends – le tribunal de l’OMC – qui a été torpillé par l’administration Trump et est en état de mort cérébrale. « Je suis la candidate de la réforme », avait-elle alors affirmé. 

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Pour l’heure, l’administration de Joe Biden n’a pas dit si elle soutiendra la candidature de la nigériane et la future représentante au commerce, Katherine Tai, n’a été ni auditionnée ni confirmée par le Congrès américain pour pouvoir prendre les rênes de la politique commerciale internationale des États-Unis. 

Le porte-parole de l’OMC, Keith Rockwell, a dit pour sa part que « la Corée du sud n’a pas encore indiqué ce qu’elle allait faire en termes de soutien à Mme Ngozi ». 

L’OMC a une réunion prévue le 1er et le 2 mars de son Conseil général, mais le porte-parole a souligné que ce calendrier pouvait être accéléré si besoin. 

Avec AFP