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L’armée sénégalaise a mené dimanche des opérations et des bombardements en Casamance , théâtre d’une des plus vieilles rébellions africaines en activité, ont indiqué un porte-parole de l’armée et des témoins.

Dans cette forêt de Bayotte, de la commune de Nyassia, scène des opérations, se trouveraient plusieurs bases rebelles fidèles au chef de guerre César Atoute Badiatte, commandant de la base de Kassolole située sur la lisière entre les départements de Ziguinchor et d’Oussouye. Dans la zone, les populations confirment avoir entendu des échanges de tirs à l’arme lourde. Il y a aussi l’avion rallye guerrier qui survole la zone depuis le matin.

Des déflagrations apparemment en provenance du sud de Ziguinchor, principale ville de Casamance, ont été également entendues en Guinée-Bissau voisine.

«Vers 3h nous avons entendu de très fortes détonations tout près de la frontière sénégalaise. On a tiré à intervalles réguliers jusqu’à 7h», raconte  Quecuto Djaura, notable de Sao Domingos, ville bissau-guinéenne à une vingtaine de kilomètres. Les bombardements visaient des positions du chef rebelle César Atoute Badiate, à la tête d’une des factions du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).

 

Le porte-parole de l’armée n’a pas fourni de précision. «Des opérations sont en cours. Le but est de créer les conditions du retour des populations chez elle», a-t-il indiqué en faisant référence aux nombreuses personnes déplacées par des décennies de conflit.

La Casamance est le théâtre d’une rébellion depuis que des indépendantistes ont pris le maquis avec un armement rudimentaire après la répression d’une marche du MFDC en décembre 1982. La rébellion a prospéré sur le particularisme de cette région fertile mais isolée en grande partie du Sénégal par la Gambie et encline au sentiment de délaissement. Après avoir fait des milliers de victimes et ravagé l’économie, le conflit a persisté à petit feu, avec des coups de chaud comme le massacre de 14 hommes près de Ziguinchor en janvier 2018. Ces dernières années, les autorités sénégalaises ont entrepris de réinstaller les déplacés. Fin janvier, l’armée a lancé des opérations contre des positions rebelles pour permettre, dit-elle, ces retours et mettre fin aux trafics florissants de bois ou de cannabis. Il s’agit aussi de faire cesser des exactions commises selon elle contre des civils.

 

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