fbpx

Art et Culture contre le Convid19

Le caractère exceptionnel de la crise sanitaire mondiale que nous vivons actuellement, son ampleur, les incertitudes et la détresse qu’elle engendre, l’impact considérable à court mais également à moyen terme, engagent les gouvernants mais aussi les acteurs et actrices culturels, à œuvrer collectivement, en faisant de la solidarité la pierre angulaire de la lutte contre le Coronavirus.
L’heure du soutien et de la fraternité a sonné pour le secteur culturel au Sénégal !

Dans le nouvel ordre mondial que va constituer l’après Covid_19, le secteur culturel sénégalais ne doit pas être en reste.
Les artistes du monde entier sont impactés par cette crise sanitaire mondiale inédite de la période contemporaine. Les artistes sénégalais qui composent ce secteur pluridisciplinaire, sans statut, sans organisations fortes et structurées font partie incontestablement des plus touchés par cette crise sanitaire mondiale.

Partout dans les pays du Nord, les gouvernants se mobilisent pour venir en aide à ce secteur de la culture ainsi que ses acteurs.
D’autres pays africains ont aussi publié des stratégies de soutien et d’aide à la culture durant cette invasion du Covid_19.

C’est dans cet ordre d’idée que le Sénégal a lancé un vaste programme de résilience d’un montant de 1000 milliards.
Le gouvernement du Sénégal a créé alors le Fonds de riposte et de solidarité « FORCE COVID-19 », qui est un instrument de financement inédit, visant à prendre en charge intégralement le plan de contingence de la pandémie, et à consolider durablement la résilience économique et sociale du Sénégal. Dans ce fonds de solidarité les contributions volontaires effectuées par les personnes physiques et morales s’élèvent à 17,33 milliards de francs CFA, au 21 avril 2020.

Certains artistes ont sûrement apporté leur contribution à cet élan de solidarité nationale mais aussi ont porté des initiatives de sensibilisation (bandes annonces, sketches et single en featuring), accompagnées par le Ministère de la culture et de la communication pour participer à la riposte.
La culture n’est pas seulement composée d’artistes musiciens dont certains pourraient disposer de plus de revenus provenant des royalties, des plates-formes de téléchargement ou des sociétés de gestion collective même si ces dernières verront leurs collectes baissées de 50% si la crise continue à ce rythme.
Dans le secteur, il y’a aussi les danseurs, les comédiens, les plasticiens, les conteurs, les cinéastes, les stylistes, les cultures urbaines, bref tous les acteurs et autres professions de la culture qui sont très impactés et qui vont rester plusieurs mois sans activités donc sans revenu.
À cela s’ajoute que le mois de ramadan a toujours été un mois de congé pour les acteurs de la culture au Sénégal. Sauf que cette année, ce mois est exceptionnel car il est précédé d’un d’état d’urgence qui n’a pas donné la possibilité aux musiciens et autres artistes d’organiser leurs derniers événements (anniversaire, dîner de gala, défilé de mode etc.) pour préparer le mois, tellement la crise est prompte et imprévisible.
Cette situation a créé un contexte de morosité sans précédent dans le monde des arts et de la culture au Sénégal et comme ailleurs.
D’où la nécessité et l’urgence du comité FORCE COVID_19 de réagir avant que cela ne soit très compliqué, s’il ne l’est pas déjà, pour venir en aide à ce secteur.
Les activités du comité de suivi de la FORCE COVID_19 ont démarré mais aucune communication n’est pour l’instant effectuée en direction du secteur culturel, des artistes et des acteurs culturels.
À part un formulaire de recensement des impactés du Covid_19, le secteur culturel qui pourrait être aussi considéré comme un des secteurs les plus informels du pays reste encore avide d’information.
Les structures associatives culturelles semblent être absentes ou manquent d’initiatives de solidarité durant cette période grave qui menace très fortement la vie de l’Artiste et de son Art. Elles doivent s’engager à agir en solidarité, afin de ne pas fragiliser le tissu social du secteur culturel.
Les petites organisations faibles, sans moyens, sans stratégies ni plan d’action ou feuille de route, se bonifieraient à se regrouper et créer une instance forte, capable de prendre en charge les préoccupations des artistes, des créateurs et des acteurs culturels.
Le paysage culturel sénégalais a besoin d’un Conseil Artistique Sénégalais fort qui pourrait regrouper plusieurs organisations dans le but de défendre efficacement le secteur de la culture au Sénégal.
Pour soutenir les créateurs, le ministère de la culture doit assurer le maintien des subventions notamment des associations, des maisons d’édition, les entreprises de productions culturelles et des festivals qui ponctuent l’agenda culturel du pays. Il doit venir en aide aux artistes du spectacle vivant, notamment les concerts et tournées annulés. Les collectivités territoriales doivent accompagner les structures de production et de création, les organisations culturelles des quartiers, les lieux subventionnés.
L’artiste se nourrit biologiquement et spirituellement de son art. A cet effet, plusieurs mois sans nourriture est dur à vivre pour un créateur.
Il est alors temps que le secteur de la culture soit considéré comme une priorité sur toutes les stratégies de développement et de relance de l’économie du Sénégal.
L’après Covid_19 sera décisif et le secteur culturel sénégalais risque de connaître une veille surtout, au moment où certains artistes disposent de moyens de travail durant cette période de confinement ou d’état d’urgence, d’autres n’ont pas les outils nécessaires pour poursuivre leur création.
La plupart d’entre eux seraient des artistes africains qui pourraient avoir du mal à créer à cause justement du gap numérique ; si on sait que le numérique, mécanisme principal du télétravail, représente le support par excellence de travail durant cette période de crise.
Beaucoup de ceux d’entre eux qui n’ont pas accès au numérique, ni pouvoir se déplacer ne sont pas en lien avec les informations ni avec la production culturelle durant la période de crise du Covid_19.
Par conséquent, pour un secteur culturel sénégalais dynamique et vivant et pour que la contribution artistique et culturelle que le Sénégal à l’habitude de présenter au reste du monde soit effective et exhaustive à l’occasion de tous les « rendez-vous du donner et du recevoir », il faut que le programme de résilience en cette période de crise, soutienne fortement le secteur de la culture.
Pour l’instant, le mot d’ordre est d’appliquer les gestes barrières et sauver le Sénégal de cette pandémie mais ensuite cogitons pour un après Covid19 meilleur pour l’art et le secteur culturel sénégalais. Cela doit être accompagné par des mesures rapides et efficaces pour soutenir toutes les forces vives du secteur culturel.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Instagram did not return a 200.