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Mois : juin 2020

Malmené, agressé, ligoté et cambriolé, avant d’être traité de blanchisseur d’argent, le président des ressortissants béninois au Sénégal, Amirou Sabirou Adjudi, n’oubliera pas de sitôt l’année 2016. En effet, ce dernier a été victime d’une vaste escroquerie. Il cite dans le coup le policier Pape Faye qui officiait au commissariat des Parcelles Assainies, un Asp, son cuisinier et sa copine qu’il voulait épouser. L’affaire sera jugée le 2 juillet prochain.

Finalement, c’est le 2 juillet prochain que le policier Pape Faye et sa bande de cambrioleurs, dont un Asp, vont connaître leur sort devant la troisième chambre correctionnelle du tribunal de Dakar. En fonction au commissariat des Parcelles Assainies en 2016, Pape Faye est traîné à la barre à la suite d’une plainte déposée par le président de l’association des ressortissants béninois au Sénégal, Amirou Sabirou Adjudi, pour vol de biens et d’argent estimé à 17 millions de F Cfa. Ainsi, ces derniers vont répondre des chefs d’accusation allant de vol en réunion commis avec usage de véhicule et de fausses clés. Revenant sur les faits, Amirou Sabirou Adjudi, dont le procès qui l’oppose au policier Pape Faye a été renvoyé 6 fois, a toujours du mal à imaginer qu’il a passé 2 mois en prison, alors qu’il était la victime dans cette affaire.
En juin 2016, Amirou Sabirou, qui fait partie des premiers importateurs de véhicules en Gambie, se rend à l’aéroport avec son cuisinier Matar Guèye pour y rencontrer un homme d’affaires. A la fin de la rencontre, Amirou récupère une grosse somme d’argent et rentre chez lui, toujours avec son cuisiner. Grande sera sa surprise quand il va recevoir la visite du policier Pape Faye et d’un Asp qui, sans mandat, lui demandent de sortir les faux billets qu’il cache dans sa maison aux Parcelles Assainies. Malmené et ligoté par ses agresseurs, Amirou découvre que c’est son cuisinier qui l’a vendu. «Le policier parlait en wolof avec mon cuisiner et le réprimandait. Il lui dit qu’il aurait dû bien regarder les endroits où je mettais l’argent», narre Amirou. Selon le plaignant, les agresseurs ont trouvé 4 millions avec l’aide du cuisinier, avant de revenir à la charge pour un interrogatoire musclé de Amirou. «Ils m’ont dit que je blanchissais de l’argent et ils ont continué à me frapper», soutient l’homme d’affaires. Par la suite, le cuisinier va indiquer à ses complices la voiture de Amirou comme étant aussi une cachette d’argent. «Ils ont pris la voiture, un 4×4 Mitsubishi et la somme de 3 millions avant de m’emmener au commissariat des Parcelles Assainies», dit-il. Et de poursuivre : «j’ai demandé à voir le commissaire Leyti mais Pape Faye m’a dit qu’il ne voulait pas me voir ; alors j’ai été déféré et placé sous mandat de dépôt à Rebeuss et j’y ai passé deux mois avant d’être libéré sans aucun motif».
C’est ainsi qu’il déposera plainte, mais l’affaire sera classée sans suite par le parquet. «Il a fallu que le Consul du Bénin au Sénégal s’entretienne avec le procureur pour que mon dossier soit confié à la brigade de recherches», déclare Amirou.
Les éléments de la brigade des recherches, après enquête, parviennent à localiser le policier Pape Faye qui avait disparu de la circulation. Interrogé, Pape Faye reconnaît les faits mais il est finalement placé sous contrôle judiciaire. Pis, les gendarmes découvrent que Pape Faye était en complicité avec une femme qu’Amirou avait promis de prendre comme épouse en plus d’avoir promis de lui acheter une voiture. «Ce fut un réseau qui a été démantelé par les gendarmes. Je ne doutais pas que j’étais entouré de gens qui ne cherchaient qu’à me faire du mal», dit-il. D’ailleurs, il a écrit au Consul du Bénin car depuis que la gendarmerie a pris en main l’enquête, il a fait face à diverses agressions allant de l’intimidation, à la destruction des pneus de sa voiture…
En attendant, l’avocat de Amirou a demandé 50 millions en guise de dommages et intérêts en plus de la restitution de l’argent et des biens volés.

Samba THIAM

Communiqué de presse
Déclaration du CDEPS sur l’affaire Yérim Seck
Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a été informé de l’arrestation, depuis lundi 15 juin 2020, du journaliste Cheikh Yérim Seck, soupçonné de diffusion de fausses nouvelles et diffamation de la Gendarmerie nationale.
Le CDEPS considère que l’emprisonnement d’un journaliste, alors que les faits ne sont pas encore établis, suscite une inquiétude quant à la liberté de la presse et la liberté d’expression.
Dans cette période de pandémie du coronavirus, l’emprisonnement semble inadapté.
L’arsenal juridique sénégalais comporte de nombreuses dispositions attentatoires à la liberté de la presse et la liberté d’expression comme la diffusion de fausses nouvelles, la diffamation, le secret défense, la fermeture administrative d’un organe de presse, etc.
Cette situation pose encore aujourd’hui la nécessité de la dépénalisation ou déprisonnalisation des délits de presse.
L’emprisonnement du journaliste Cheikh Yérim Seck serait un acte d’un autre âge dans une société démocratique.
Le CDEPS exige la libération immédiate de Cheikh Yérim Seck pour qu’il puisse comparaître libre devant un tribunal en cas de jugement.
Le CDEPS, Dakar – 16 juin 2020.

À l’heure du premier bilan de la crise du Covid-19 au Sénégal, la vérité est simple et visible, la pandémie est restée sous contrôle.
Même si chaque nouveau mort nous endeuille, notre pays peut s’enorgueillir d’avoir su éviter les ravages du coronavirus malgré les prévisions alarmistes de l’OMS et nul n’aurait parié que nous en sortirions de cette belle manière, à commencer par les fonctionnaires du Ministère Français des Affaires Etrangères à en croire leur document nommé « l’effet Pangolin ».
Signe encourageant s’il en est, la situation de l’évolution de la pandémie du nouveau coronavirus au Sénégal a révélé ces derniers jours un nombre record de patients guéris qui s’élève à plus de 500 entre vendredi dernier et ce lundi 8 juin 2020. Pour la première fois, 537 sorties d’hôpital ont été recensées en quatre jours, d’où un rebond du nombre de personnes ayant surmonté la maladie. Le Sénégal compte aujourd’hui 2 699 cas de rémission annoncés sur les 4 427 cas avérés d’infection au nouveau coronavirus, depuis l’apparition de l’épidémie dans notre pays (source dakaractu). Ce qui place notre pays premier en Afrique de l’Ouest en terme de rémissions, selon les statistiques régulièrement mises à jour.
Ne crions pas victoire trop vite cependant, ce n’est qu’un stade intermédiaire, mais le continent africain semble encore préservé de ce fléau dévastateur. Est-ce en raison du climat comme on l’a dit, de la jeunesse de la population, de l’exposition à toutes sortes de virus depuis notre naissance, de la consommation de tonnes de chloroquine jusque là ingurgitées…?
Non, pour le Sénégal en tout cas, il me semble que c’est grâce à une stratégie préventive, via des mesures plus ou moins restrictives pour freiner la propagation du virus et prise en charge rapidement les malades, que le nombre de décès liés au Covid-19 reste peu élevé, même si 51 victimes à ce jour, restent un triste bilan pour le pays et pour les familles.
Dieu merci, nous n’avons connu ici, ni la détresse des soignants, ni la pénurie de masques, pourtant cette situation de crise était unique et personne n’a été formé à ce genre d’exercice pour l’anticiper. Mais nous avons appris très vite des autres pays et des moyens qu’ils ont déployés dans la précipitation pour sauver des vies. La télévision et les medias ont joué un rôle majeur dans la sauvegarde de vies humaines en Afrique. Bien évidemment lorsque l’on vous annonce qu’un ouragan arrive dans quelques jours, vous tentez de barricader portes et fenêtres pour vous protéger. Ce que les pays africains ont fait et le Sénégal en premier.

Pour notre avenir et notre santé, notre Président Macky Sall a choisi très tôt la prudence et la détermination, notamment en fermant les écoles pour protéger enfants et enseignants. Ces jours-ci, j’ai entendu quelques hurluberlus demander une année blanche au Sénégal. On serait bien le seul pays au monde à décréter une année blanche à cause du Covid-19. Tous les pays aménagent et inventent un moyen fast track de mettre les jeunes à niveau. Hélas chez nous, tout est politique, même lorsqu’à l’évidence il est facilement rattrapable ce temps perdu, il faut que certains viennent polémiquer, la bouche pleine de mots, décider du sort de nos jeunes.

Laissons seulement les gens dont c’est le métier décider de la bonne date pour la reprise, en prenant le temps de mettre en place les protocoles sanitaires appropriés. Année blanche c’est démodé dans ce monde digital, mais bon faudrait un plomb pour leur expliquer à ceux-là ! Le Sénégal ne reviendra pas en arrière, notre pays émerge !

Nous avons été au front contre le coronavirus. L’État a accompagné de manière déterminée les plus démunis, notamment par l’aide alimentaire. Le président Macky Sall a mis en place un plan global dénommé fonds Forces Covid-19, qui est doté d’une enveloppe de 1 000 milliards de francs CFA. Les ressources permettent de soutenir les entreprises, les ménages et la diaspora.
Aujourd’hui pour relancer le tourisme et la vie économique du pays, le gouvernement sénégalais a annoncé un allègement du couvre-feu nocturne et une reprise des transports entre les villes. L’heure est donc bien à la reprise économique au Sénégal. Il le faut.
Bien sur, chacun voudrait aller plus vite et voir bouger les choses, c’est humain. Mais que voulez-vous, on pourra bien prononcer la levée des restrictions de transports sur l’étendue du territoire national, permettre les réunions dans les endroits publics ou privés, ouvrir les frontières, les restaurants, les salles de sport, les casinos… Comme dirait l’autre, celui qui n’est jamais content ne se contentera jamais. Pourtant nous autres Sénégalais, pouvons être fiers au delà de nos divergences. Fiers de nous et fiers de notre Etat. Car croyez moi ou pas, mais pour la plupart d’entre nous, Sénégalais de la diaspora, nous avons vu et vécu l’horreur.

Oumou Wane
Présidente africa7